Les relations économiques bilatérales

Petite économie ouverte, la Macédoine du Nord mène une politique active d’attraction des investissements étrangers[1]. Le pays est membre de l’OMC (2003) et de l’Accord de libre-échange centre européen (CEFTA), depuis 2006. La Constitution macédonienne garantit un traitement égalitaire des investisseurs étrangers et nationaux. Les autorités ont créé des zones franches de développement industriel et technologique[2]. Les entreprises étrangères qui y sont implantées sont devenues le moteur essentiel des échanges extérieurs du pays, ces filiales étant à l’origine de 50 % des exports en 2017 contre 16 % en 2011. Les IDE permettent aussi de moderniser l’appareil de production du pays via le développement du secteur manufacturier, une diversification et une montée en gamme des exportations. Fin 2017, le salaire net mensuel moyen était de 388 EUR et a augmenté à 398 EUR en novembre 2018, d’après les données officielles. Il varie beaucoup en fonction des postes et des régions. Les métiers des secteurs « Information et communication » et « Activités financières et d’assurance » se caractérisent par des salaires plus élevés. La rémunération nette moyenne des programmeurs dépasse 1000 EUR par mois dans la capitale. D’après le rapport au titre de l’article IV du FMI de janvier 2019, « les réformes visant à renforcer la gouvernance, réduire la corruption et assurer la règle de droit efficace sont déterminantes pour améliorer le climat d’investissement et réduire l’informalité».

1/ Les échanges bilatéraux continuent de croître

 

Les échanges commerciaux entre la France et la Macédoine du Nord s’élevaient à 140,3 M EUR en 2018 après 127 M EUR en 2017 et atteignent leur niveau le plus élevé depuis 2005. En 2018, l’excédent commercial[3] s’est établi à 18,9 M EUR, en hausse de 12,5% par rapport à 2017, en raison d’une hausse des exportations plus rapide que celle des importations.

Les exportations françaises en Macédoine du Nord représentent 79,6 M EUR, soit une augmentation de 10,5% par rapport à 2017. La France se positionne au 15ème rang des pays fournisseurs de la Macédoine du Nord, avec une part de marché de 1,6%[4]. Les exportations françaises sont principalement composées de : 1. Véhicules automobiles (27,5 M EUR) ; 2. Préparations pharmaceutiques (8,8 M EUR) ; 3. Autres fils et câbles électroniques ou électriques (6,3 M EUR). La Macédoine du Nord est notre 122ème client, et importe 0,02% de nos exportations.

Les importations françaises de Macédoine du Nord s’élèvent à 60,7 M EUR, en hausse de 9,9% par rapport à 2017. Avec une part de marché d’un peu moins d’1%, la France est le 22ème client du pays. Les importations françaises en provenance de Macédoine du Nord sont principalement composées de : 1. Equipements de communication (16,9 M EUR) ; 2. Articles textiles confectionnés (6,4 M EUR) ; 3. Autres vêtements de dessus (5 M EUR). La Macédoine du Nord est notre 104ème fournisseur, nous fournissant 0,01% de nos importations.

2/ Les investissements français demeurent modestes en Macédoine du Nord malgré une politique nationale d’attractivité dynamique

Le stock d’IDE en Macédoine du Nord est estimé à 4,7 Mds EUR fin 2017, soit 46,9 % du PIB. Ce stock a plus que doublé depuis 2006 grâce notamment à la politique d’attractivité menée par les autorités de ce pays. Il est resté pratiquement au même niveau en 2017 malgré la relative instabilité politique qui a pesé sur le climat des affaires. Fin septembre 2018, les IDE en termes de flux se sont montés à 315,6 M EUR.

La majorité des investissements en Macédoine du Nord provient des pays membres de l’Union Européenne, dont l’Autriche, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Grèce, les Pays-Bas et la Slovénie. La présence française est modeste, avec 0,9 % du stock total des IDE. Sur la période janvier-septembre 2018, le premier investisseur en termes de flux est la Turquie (10,5% sur les 315,6 M EUR). La France se situe en 9ème place avec 5,8 M EUR.

Lactalis dispose d’une unité de fabrication de fromages (IdealŠipka) via le groupe croate Dukat. Le Groupe ADP est l’actionnaire dominant[5] du gestionnaire aéroportuaire turc TAV, qui opère les aéroports de Skopje et Ohrid. Publicis est par ailleurs présent depuis plusieurs années. Le groupe de construction NGE et le cabinet d’ingénierie SAFEGE (Suez) disposent de filiales sur place. De plus, un certain nombre de sociétés françaises exercent des activités permanentes sur place sans implantation physique, telles que Freyssinet, APAVE ou EGIS.

 


 

[3] Il convient de signaler des divergences entre les données des douanes françaises et celles de la Banque centrale de Macédoine. Selon cette dernière, les flux commerciaux bilatéraux, ainsi que l’excédent commercial français, seraient beaucoup plus élevés.

[4] Le rang est calculé sur la base des dernières données disponibles de la Banque centrale macédonienne NBRM (fin septembre 2018).

[5] ADP détient 46,12% des parts du groupe turc TAV, et préside son Conseil d’administration.

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