IDE et présence française en Macédoine en 2017

Le stock d’IDE en Macédoine du Nord est estimé à 4,7 Mds EUR fin 2017, soit 46,9 % du PIB. Ce stock a plus que doublé depuis 2006 grâce notamment à la politique d’attractivité menée par les autorités de ce pays. Il est resté pratiquement au même  niveau en 2017 malgré la relative instabilité politique qui a pesé sur le climat des affaires. La majorité des investissements en Macédoine du Nord provient des pays membres de l’Union Européenne, dont l’Autriche, la Grèce, les Pays-Bas et la Slovénie. La présence française est modeste, avec 0,9 % du stock total des IDE, faisant de la France le 22ème investisseur dans ce pays.

1/ Le stock d’IDE en Macédoine du Nord en très légère hausse en 2017

Selon la Banque centrale macédonienne (NBRM), le stock d’IDE en Macédoine du Nord s’établit à la fin de 2017, à 4,7 Mds EUR, soit 46,9 % du PIB. Il suit une tendance haussière ces dernières années. Sa croissance ralentit en 2017 (+0,9 %) après une hausse de 5,8 % en 2016. Fin 2017, les principaux investisseurs en termes de stock d’IDE sont l’Autriche avec 13,6 % du stock total, le Royaume-Uni avec 11,3 %, la Grèce avec 10,1 % et les Pays-Bas avec 8 %.

Les principaux secteurs récipiendaires du stock d’IDE fin 2017 étaient l’industrie manufacturière (1ère avec 36,6 % du stock total), les activités financières et d’assurance (2ème avec 20,5 %) et le commerce et réparation d’automobiles (3ème avec 14 % du stock total). Les plus grands investisseurs étrangers étaient Johnson Matthey (Grande Bretagne), EVN (Autriche), Okta AD (Grèce), Deutsche Telecom (Allemagne), Kromberg & Schubert (Allemagne), Dräxlmaier Group (Allemagne), Van Hool (Belgique), Société Générale (France), Johnson Controls (USA) et KEMET Corporation (USA).

Les flux d’IDE ont atteint 181,7 M EUR en 2017, soit 1,8 % du PIB contre 338,4 M EUR un an plus tôt, les principaux investisseurs en termes de flux ayant été l’Allemagne (26,2 % des flux), l’Autriche (16,2 %) et la Grèce (14,9 %).

2/ Quelques  investissements indirects français assurent la présence française

Selon la NBRM, le stock d’IDE français s’éléverait à 43 M EUR fin 2017, soit 0,9 % du stock total, faisant de la France le 22ème investisseur en Macédoine du Nord. Selon la Banque de France, le stock français s’élève à 47,6 M EUR en 2017, contre 47,8 M EUR. Les flux français sont de -0,2 M EUR en 2017 (contre 7,3 M EUR un an plus tôt).

Lactalis dispose d’une unité de fabrication de fromages (IdealŠipka) via le groupe croate Dukat. Le Groupe ADP est l’actionnaire dominant[1] du gestionnaire aéroportuaire turc TAV, qui opère les aéroports de Skopje et Ohrid. Publicis est par ailleurs présent depuis plusieurs années. De plus, un certain nombre de sociétés françaises basées en Macédoine ont une compétence régionale, telles que Freyssinet, APAVE et EGIS. A signaler également l’ouverture d’un point de vente en mars 2012 par Mr Bricolage (investisseur bulgare) ainsi que l’ouverture d’un hôtel IBIS et d’un hôtel IBIS Styles par le groupe ACCOR.

3/ Eléments d’attractivité: Les investisseurs internationaux bénéficient d’un traitement privilégié, les rémunérations sont très basses

Petite économie ouverte, la Macédoine du Nord mène une politique active d’attraction des investissements étrangers[2]. Le pays est membre de l’OMC (2003) et de l’Accord de libre-échange centre-européen (CEFTA). La Constitution macédonienne garantit un traitement égalitaire des investisseurs étrangers et nationaux. Les autorités ont créé des zones franches de développement industriel et technologique[3]. Les entreprises étrangères qui y sont implantées sont devenues le moteur essentiel des échanges extérieurs du pays, ces filiales étant à l’origine de 50 % des exports en 2017 contre 16 % en 2011. Les IDE permettent aussi de moderniser l’appareil de production du pays via le développement du secteur manufacturier, une diversification et une montée en gamme des exportations.

Fin 2017, le salaire net mensuel moyen était de 388 EUR, d’après les données officielles, mais variait beaucoup en fonction des postes et des régions. Les métiers des secteurs « Information et communication » et « Activités financières et d’assurance » se caractérisent par des salaires plus élevés. La rémunération nette moyenne des programmeurs dépasse 1000 EUR par mois.

D’après les conclusions des services du FMI dans le cadre du rapport article IV 2018, « les réformes visant à renforcer la gouvernance, la règle de droit et le système judiciaire sont déterminantes pour améliorer le climat d’investissement ».


 

[1] ADP détient 46,12% des parts du groupe turc, et préside son Conseil d’administration.

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