Relations bilatérales

Le commerce bilatéral France-Madagascar en 2017

Au cours de la dernière décennie, les échanges commerciaux France-Madagascar ont progressé de 70% pour approcher le milliard d’euros en 2017 (974 M€), tandis que notre déficit commercial a plus que triplé depuis 2015 (-267 M€ en 2017 soit notre 37e déficit). Madagascar est notre 76e client et le 9e en Afrique Subsaharienne (354 M€ d’exportations). La Grande île est par ailleurs notre 64e fournisseur et le 4e en Afrique Subsaharienne (620 M€ d’importations). Pour Madagascar, la France demeure son 1er client historique et l’un de ses premiers fournisseurs (4e position en 2017 selon les douanes malgaches).

Le commerce bilatéral est en nette progression en 2017 mais notre déficit commercial se creuse

Les échanges commerciaux entre la France et Madagascar ont progressé de 70% sur la dernière décennie (2008-2017), au cours d’une période marquée par la crise politique de 2009, qui avait brièvement fait reculer le commerce bilatéral. Si ce dernier a augmenté modérément de 2008 et 2016, passant en huit ans de 572 M€ à 796 M€ (+39%), la hausse est en revanche sensible en 2017 puisque le volume de nos échanges a progressé de 22% en un an pour approcher le milliard d’euros (974 M€).

Durant la dernière décennie, le solde commercial s’est nettement dégradé pour la France, passant d’une situation de quasi-équilibre (-28 M€ en 2008) à un déficit commercial prononcé (-267 M€ en 2017), qui a plus que triplé en deux ans (-76 M€ en 2015). En 2017, nos importations ont crû bien plus rapidement que nos exportations (+31% contre +10%), générant un creusement très net de notre déficit commercial (+74%). Le taux de couverture (exportations/importations) atteint désormais 57%.

Nos exportations sont en hausse de 10% tandis que la structure de nos ventes se maintient

En 2017, nos exportations vers la Grande île ont augmenté de 10% pour atteindre un montant de 354 M€, dans un contexte plus favorable pour l’économie malgache (+4,1% de croissance du PIB selon le FMI). La structure de nos exportations n’a guère évolué en 2017, puisque cinq grandes catégories continuent de représenter près de 80% de nos ventes. Il s’agit du « textile, habillement, cuir et chaussures » (96 M€, 27% du total exporté),  des « équipements mécaniques, électriques et électroniques » (80 M€, 23%), des produits des industries agrolimentaires (46 M€, 13%), des produits pharmaceutiques (29 M€, 8%) ainsi que des « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (24 M€, 7%).

S’agissant des tendances, les deux premières catégories citées ont affiché une croissance modérée en 2017 (+6% et +3% respectivement). En revanche, les trois suivantes ont connu une croissance substantielle. C’est ainsi le cas de nos exportations de produits agroalimentaires, en hausse de 32% soit 11 M€ d’euros d’exportations supplémentaires en 2017. Dans cette catégorie figurent notamment nos ventes d’aliments destinés aux fermes d’élevage de crevettes (produits à la Réunion), qui sont particulièrement dynamiques (+36%). Par ailleurs, nos exportations de produits pharmaceutiques (+22%) et de « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (+23%) connaissent également un essor certain.

Nos importations affichent une forte hausse de 31%, alimentée par la percée des produits de rente

L’an passé, nos importations de produits malgaches ont atteint un montant record de 620 M€, en forte hausse de 31% par rapport à 2016. Plus encore que nos exportations, nos achats de produits malgaches se concentrent sur quelques catégories – trois en l’occurrence – qui représentent à elles seules plus de 90% du total importé par la France. En 2017, les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » sont devenus notre premier poste d’importation (258 M€, 42% du total importé), détrônant le « textile, habillement, cuir et chaussures » (169 M€, 27%), tandis que les produits des industries agrolimentaires se classent en 3e position (141 M€, 23%).

En termes de tendances, le fait notable de 2017 est sans conteste l’envolée de nos achats de produits du secteur primaire (+73%), qui fait suite à la forte progression de 2016 (+53%). Ainsi, la demande française pour ces produits a presque triplé – en valeur - en seulement deux ans. Cet ensemble nommé « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » inclut notamment tous les produits de rente exportés par Madagascar : vanille, girofle, cacao, café vert et poivre. La flambée des prix de la vanille - dont Madagascar est le 1er exportateur mondial - explique ainsi pour une bonne part la forte progression de cette catégorie. A titre illustratif, nos importations du sous-ensemble « plantes à épices, aromatiques, médicinales et pharmaceutiques » - dans lequel figure la vanille - ont pratiquement doublé en 2017 (+94%) pour atteindre 215 M€.

Parmi les autres grandes catégories, nos importations de produits agroalimentaires affichent aussi une croissance substantielle en 2017 (+25%), en particulier nos achats de préparation et conserves à base de fruits et légumes (26 M€, +38%). En revanche, nos achats de « textile, habillement, cuir et chaussures » - désormais notre 2e poste d’importation – n’ont pas progressé en 2017 (-0,4%).

Certains territoires français sont particulièrement impliqués dans le commerce bilatéral

En 2017, Auvergne-Rhône-Alpes est devenue la première région française exportatrice vers Madagascar (85 M€, 24% du total exporté), juste devant l’Ile-de-France (80 M€, 23%) et la Normandie (54 M€, 15%). Les principales régions importatrices sont l’Ile-de-France (29% du total importé), les Hauts-de-France (17%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (14%) et Nouvelle-Aquitaine (10%).

S’agissant de l’Outre-Mer, les exportations de la Réunion vers Madagascar ont atteint 21,3 M€ en 2017 (soit 6% des exportations réalisées par la France) en légère baisse de 5% par rapport à l’année précédente. En 2016, ces dernières avaient bondi de 66%. Il s’agit essentiellement de produits d’alimentation animale (aliments destinés aux fermes d’élevage de crevettes à Madagascar). Quant à Mayotte, ses exportations vers Madagascar restent encore très modestes avec un montant de 169 K€ en 2017 (-52%).

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