Relations bilatérales

Le commerce bilatéral France-Madagascar en 2025

Les relations économiques entre la France et Madagascar sont étroites. En 2025, Madagascar était le premier partenaire commercial de la France dans la zone AEOI, avec 874 M EUR d'échanges, malgré un recul des flux et un déficit commercial structurel au détriment de la France. La France est le 2ᵉ client, le 6ᵉ fournisseur et le 4ᵉ investisseur étranger du pays. Sa présence économique, portée par 55 filiales françaises, est particulièrement diversifiée (énergie, agro-industrie, télécommunications, services financiers) et s'appuie sur plusieurs projets structurants dans les secteurs de l'énergie et des transports. Le climat des affaires reste toutefois dégradé, marqué notamment par des contentieux fiscaux récurrents.

1. Echanges commerciaux
  • Selon les données de douanes françaises, Madagascar demeure le 1er partenaire commercial de la France en AEOI, avec des échanges qui s’élevaient à 874 M EUR en 2025, en baisse de -11,1 % par rapport à 2024, en raison de la diminution des ventes françaises de produits textiles (-16,0 %) et de machines industrielles et agricoles (-55,1 %), ainsi que de la hausse des importations françaises de produits des industries agroalimentaires (crevettes) et de produits agricoles (vanille). La France enregistre le déficit commercial structurel le plus important de la région avec Madagascar. Ce déficit s’élevait à -173 M EUR en 2025, en hausse de +1,7 % par rapport à 2024.

    Les exportations françaises ont fortement reculé en 2025 (-13,9 %, à 350,1 M EUR). Elles reposaient sur :

    • Les produits textiles, habillement, cuir et chaussures (78,2 M EUR, 22,3 % du total des exportations), en forte baisse de -16,0 % en 2025 ;
    • Les équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques (77,2 M EUR ; 22,0 % du total), en baisse de -29,3 % en 2025, en raison d'une très forte baisse des achats de machines industrielles et agricoles (-55,1 %) ;
    • Les produits agroalimentaires (48,5 M EUR ; 13,9 % du total), en déclin important de -11,7 % en 2025, du fait de la baisse des exportations de préparations alimentaires destinés à l'alimentation d’animaux.

    En 2025, les importations françaises depuis Madagascar ont diminué à 524,1 M EUR (-9,1 % par rapport à 2024). Selon le FMI, la France devient le 2ème client de Madagascar en 2025 (15,30 % des exportations, contre 17,7 % en 2024), devancée par les Etats-Unis (15,35 %, produits textiles, vanille, ilménite, nickel et cobalt), et devant la Chine (10,5 % ; titane, chrome, zircon, pierres précieuses). Les importations reposent sur:

    • Les produits textiles, habillement, cuir et chaussures (203,4 M EUR ; 38,8 % des importations totales) sont en très légère hausse (+0,5 % en 2025);
    • Les produits agroalimentaires (128,7 M EUR ; 24,5 % du total) en baisse de -11,5 % en 2025, en raison d'une baisse des importations de crevettes (label rouge), dont la filière subit une crise liée à l'épidémie du white spot.
    • Les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (121,6 M EUR ; 23,2 %), en baisse de -16,9 % en 2025, principalement en raison d'une forte baisse des importations de vanille, dont la valeur a été divisée par 2.
2. IDE et présence française

Madagascar continue d'attirer un volume modeste d'investissements directs étrangers (IDE). Selon la CNUCED, le pays a reçu 304,5 M USD d'IDE en 2025, en hausse de +32,0 % par rapport à 2024, portant le stock d'IDE à 5,3 Md USD. Les investissements se concentrent principalement dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications, reflétant le potentiel du pays en ressources naturelles, le développement des infrastructures et la montée en puissance des services numériques. Les principaux investisseurs sont la France, le Canada et la Chine.

Selon la Banque de France, la France est le 4ᵉ investisseur étranger (et le 2ᵉ parmi les pays de l'OCDE), avec un stock d'IDE de 326,2 M USD en 2024 (6,6 % du total). Ce montant est toutefois probablement sous-estimé, une part importante des investissements transitant par Maurice, où le stock d'IDE français atteignait 1,24 Md USD fin 2024. Les investissements français sont principalement orientés vers les hydrocarbures et l'énergie, les télécommunications, l'agro-industrie, le textile, la distribution, les services financiers et la logistique.

La présence économique française est structurante, avec 55 filiales d'entreprises françaises, représentant près de 1 Md EUR de chiffre d'affaires et plus de 17 000 emplois. Parmi les principaux acteurs figurent Rubis (Galana), TotalEnergies, Orange et BRED Madagasikara, qui a finalisé l'acquisition de la filiale malgache de Société Générale en 2024. Cette présence est complétée par un réseau dense de franchises françaises (Accor, Carrefour, Weldom, Intermarché, Système U, Leader Price, etc.) ainsi que par plusieurs filiales de groupes internationaux d'origine française (Africa Global Logistics, CFAO, Concentrix).

Au-delà des investissements directs, les entrepreneurs franco-malgaches occupent une place majeure dans l'économie nationale, avec des entreprises représentant un chiffre d'affaires cumulé estimé à 2,5 Md EUR. Des groupes comme Axian, Redland ou Filatex développent par ailleurs des partenariats croissants avec des entreprises françaises, notamment dans les télécommunications, les médias et les énergies renouvelables. Enfin, l'écosystème d'affaires français est animé par une Chambre de commerce et d'industrie France-Madagascar (CCIFM) particulièrement dynamique, qui rassemble plus de 450 membres, ainsi que par les Conseillers du commerce extérieur et la communauté French Tech Madagascar, relabellisée en 2026.

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