Profil du commerce extérieur du Maroc

Le Maroc est une économie ouverte mais qui reste déficitaire sur le plan commercial du fait de sa dépendance énergétique et du besoin d’intrants de son industrie grandissante. Arrimé à l’Union Européenne, notamment à l’Espagne et la France, le Maroc commerce de plus en plus avec d’autres partenaires comme les Etats-Unis et la Chine. En outre, le Royaume mène une politique volontariste d’expansion économique vers l’Afrique.

1. Malgré son ouverture, le Maroc présente un solde commercial négatif, le dynamisme de ses secteurs exportateurs ne compensant pas encore suffisamment l’importation des intrants.  

 

1.1 Le Maroc, une économie résolument ouverte…

 

Le Maroc a fait le choix de l’ouverture. Les transactions commerciales du Royaume ont été multipliées par 4,5 de 1999 à 2018, passant de 17,5 Mds USD à 80,1 Mds USD (source Banque Mondiale). Le Maroc a ainsi vu progresser la valeur marchande de ses biens échangés rapportée au PIB de 54% en 2000 à 87% en 2018. Comparativement à d’autres pays émergents ou à revenus intermédiaires, l’économie marocaine est plus ouverte que le Brésil (ratio de 29%), l’Inde (43%), l’Algérie (56%), la Turquie (60%), mais moins que la Tunisie (99%) ou la Mauritanie (126%), et se situe presque à la moyenne du monde arabe (89%).

Cette ouverture s’est matérialisée par la signature de plus de 50 accords de libre-échange. L’accord de libre-échange fondateur est l’accord d’Association signé avec l’Union Européenne en 1996 et mis en œuvre en 2000. En 2018, 22,9% des importations marocaines bénéficiaient du régime préférentiel accordé par cet accord, suivies des importations réalisées dans le cadre des ALE avec les Etats-Unis (3,7%), la Turquie (3,2%) et les pays membres de l’Accord d’Agadir (1,1%).

 

1.2 … dont la balance commerciale est déficitaire,…

 

Le déficit commercial marocain s’élève à 18,6% du PIB en 2018, malgré une hausse plus rapide des exportations que des importations (respectivement +10,6% et +9,8%, soit +26,3 et +43,0 Mds MAD). Cette détérioration de la balance commerciale (de 16,6 Mds MAD, soit de 0,8 point) est notamment due à la hausse des importations de biens d’équipement et celle de la facture énergétique. Le taux de couverture s’est établi à 57,2%.

 

1.3 … les exportations du Royaume ne compensant pas suffisamment l’importation d’intrants.

 

Conséquence de l’industrialisation du pays, les importations marocaines sont composées en grande partie de produits finis d’équipement industriel, de demi-produits (intrants) et de produits énergétiques (représentant respectivement 24,5%, 20,8%, et 17,1% des importations, soit 117,7 Mds MAD, 99,8 Mds MAD et 82,2 Mds MAD). Le reste des importations marocaines est constitué en grande partie de produits finis de consommation, et de produits d’alimentation, boissons et tabac (représentant respectivement 22,5% et 9,5% des biens importés, soit 108,4 Mds MAD et 45,8 Mds MAD).

Pour autant, le Maroc peut compter sur des secteurs exportateurs dynamiques. L’automobile, représentant 26,3% des exportations (72,4 Mds MAD), est le premier secteur exportateur du Maroc, tiré par les écosystèmes de Renault à Tanger et de PSA à Kénitra. Les autres principaux postes exportateurs sont, dans l’ordre, l’agriculture et agroalimentaire, les phosphates et dérivés, le textile et cuir, et l’aéronautique (représentant respectivement 21,1%, 18,9%, 13,8% et 5,4% des exportations marocaines en 2018).

 

2. L’Union Européenne demeure le principal partenaire commercial du Maroc, mais le Royaume diversifie ses fournisseurs et débouchés.

 

2.1 L’Union Européenne reste le principal partenaire commercial du Maroc

 

L’Union Européenne est le principal partenaire commercial du Maroc (58,6% des échanges du Maroc en 2018). Ces échanges sont notamment tirés par le commerce qu’entretient le Maroc avec ses deux pays partenaires principaux, l’Espagne et la France (respectivement 18,7% et 15,5% des échanges commerciaux du Maroc, soit 141,1 et 116,9 Mds MAD).

Les Etats-Unis se hissent au rang de troisième partenaire commercial, le Maroc ayant échangé avec eux l’équivalent de 51,1 Mds MAD en 2018 (soit 6,8% de ses échanges). A noter que les échanges avec les Etats-Unis ont fortement augmenté (+29,9%), sous l’effet d’un triplement des importations de matériel aéronautique.

La Chine occupe la quatrième position, ses transactions commerciales avec le Royaume s’étant élevées à 49,8 Mds MAD en 2018 (soit 6,6% des échanges du Maroc). En comparaison des exportations marocaines qui ont diminué de 14,7%, les importations en provenance de Chine ont fortement augmenté en un an (+19,5%).

Quant à l’Afrique, après deux années de recul successif, le commerce s’intensifie légèrement en 2018 pour représenter 40,5 Mds MAD, soit 5,3% des échanges commerciaux du Maroc. Les échanges croissants avec l’Algérie et l’Egypte pallient la diminution de ceux avec l’Ethiopie.

 

2.2 Le déficit commercial marocain se réduit avec l’Union Européenne, mais s’aggrave notamment avec la Chine et les Etats-Unis

 

La ventilation du solde commercial par pays laisse apparaitre en 2018 un déficit élevé vis-à-vis de la Chine (44,7Mds MAD), suivie des Etats-Unis (25,3Mds MAD), de la Turquie (16Mds MAD) et de l’Italie (15,1Mds MAD). A l’inverse, le déficit avec l’Allemagne et l’Espagne s’est réduit et l’excédent avec la France a augmenté sous l’effet des exportations automobiles, engendrant au global une diminution de 6,7% (soit 5,6 Mds MAD) du déficit commercial que le Maroc enregistre avec l’Union Européenne.

 Vis-à-vis de la France, le Maroc enregistre en 2018 un excédent commercial de 919 M EUR en 2018 contre 792 M EUR en 2017. Le Maroc est particulièrement bénéficiaire sur les postes « matériels de transport », « textiles, habillement, cuir et chaussures » et « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et aquaculture », à hauteur respectivement de 1 018,6 M EUR, 686,1 M EUR et 534,5 M EUR en 2018. On notera que les relations commerciales entre les deux pays tendent à se rééquilibrer sur l’année 2019, le déficit français ayant diminué de 30,5% à fin octobre, conséquence de la mauvaise campagne céréalière marocaine.

 

L’Union Européenne demeure le premier partenaire du Royaume et la relation commerciale UE-Maroc pourrait s’approfondir avec la signature à l’avenir d’un Accord de Libre-Échange Complet et Approfondi (ALECA), évoqué dans la Déclaration conjointe de l’UE et du Maroc de la 14ème réunion du Conseil d'Association UE-Maroc. En parallèle, le poids de la Chine et des Etats-Unis dans le déficit commercial marocain a progressivement augmenté. En outre, la stratégie d’expansion économique et commerciale du Maroc en Afrique se traduit par des échanges globalement en progression avec le reste du continent.

 

 

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