MAROC
Profil du commerce extérieur du Maroc
Malgré des moteurs d'exportation solides et diversifiés, le déficit commercial se creuse encore en 2025. Toutefois, les échanges extérieurs du Maroc ont été marquées par un choc d’investissement en devises, qui se reflète positivement sur la balance des paiements. Les investissements directs à l'étranger, et particulièrement venant de France, se sont montrés particulièrement dynamiques.
1. Après une nette amélioration en 2023 (+7,5%) puis une dégradation en 2024 (-6,8%), le solde extérieur du Maroc sur les marchandises se dégrade de nouveau en 2025 pour atteindre 352 Md MAD (-21% du PIB). Cette évolution de -15,5% par rapport à l’année précédente tient principalement au dynamisme des importations (+8%), en contraste avec des exportations relativement peu dynamiques (+3%).
2. Malgré la bonne tenue des secteurs exportateurs du Maroc (phosphates, aéronautique et autres industries), le recul de l’automobile freine les exportations globales. L’automobile constitue le 1er poste d’exportations du Maroc depuis 2014 (151 Md MAD, 11% du PIB) (annexe 1). En 2025, les exportations du secteur diminuent de -2%, du fait du ralentissement du marché européen : la construction recule notamment de -14%. La catégorie câblage compense partiellement (+8%). On observe un excellent résultat sur les phosphates et produits dérivés (2ème poste d’exportations du pays, 100 Md MAD, soit 6% du PIB) qui réalise une évolution de +15% en 2025, grâce à la demande indienne. L’agriculture, 3ème poste d’exportations du pays (87 Md MAD soit 5% du PIB), connaît une évolution quasi-nulle. Enfin, tant dis que les exportations agricoles progressent, l’industrie agroalimentaire recule, touchée par la baisse des exportations de produits de pêche transformés et des aliments pour animaux. Les autres industries telles que l’aéronautique (+10%), la métallurgie, le plastique et le caoutchouc notamment (+15%), sont particulièrement dynamiques.
3. A contrario, les importations accélèrent (+8%) sur tous les types de biens. La vigueur de la consommation finale des ménages et des administrations publiques en 2025 (+4,1 en pp de contribution à la croissance en 2025, contre +3,2 de pp en 2024, en volume) s’est matérialisée sur les importations. Les grands projets publics augmentent la demande en biens importés (60% estimé par le FMI). Les plus grands postes d’importations – produits finis de consommations et d’équipement, 400 Md MAD pour 23% du PIB – sont particulièrement dynamiques. Les importations de voitures de tourisme (utilitaires) ont ainsi augmenté de +38% et +66%. Sur les produits bruts, la hausse des importations de sulfure apparait en miroir des exportations marocaines d’engrais (+66% d’évolution). Globalement, la réduction de la fracture énergétique a partiellement compensé la hausse des importations (-1 pp en contribution sur +8 points d’évolution).
4. La balance courante se dégrade de -1,3 points entre 2024 et 2025, passant de -1,2% à -2,5% du PIB. C’est le résultat du déficit sur les marchandises (-1,3% de PIB). La balance des services, structurellement en excédent (+157,7 Md MAD en 2025, soit 9% du PIB), est portée par le tourisme (+1,0% de PIB en 2025). Le Maroc enregistre ainsi un record de 19,8 millions d'arrivées internationales en 2025, principalement françaises (14%), espagnoles (9%) et britanniques (6%) qui compense la baisse des autres postes sur les services. Par ailleurs, la balance des revenus secondaires (principalement les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE)) est en légère diminution en 2025. Alors que les services (+0,6%) pourraient permettre de compenser le déficit des biens, les revenus secondaires dégradent la balance courante du même montant (-0,6%). D’une part, les recettes des MRE (122 Md MAD, 7% du PIB) marquent un léger ralentissement (croissance de 2,6%, contre une moyenne de 3,6% les deux dernières années). D’autre part, les revenus secondaires du public (soit les subventions internationales pour le Maroc) reculent (-1,4 Md MAD, soit -0,1 en % du PIB), l’année 2024 ayant été une année exceptionnelle en matière d’APD (4,7 Md MAD de recettes).
5. A l’inverse, le compte financier s’améliore nettement, avec un solde hors avoirs de réserves passant de 5 Md MAD à 90 Md MAD (+4,5% de PIB). Sur les entrées de capitaux, les IDE contribuent pour 0,8 points. Les IDE entrants doublent de 17 Md MAD à 31 Md MAD, soit +0,9 point de PIB, portés par les activités financières et assurances (+7 Md MAD). Côté partenaires, tous les investisseurs au Maroc augmentent leurs IDE, mais 90% de la hausse est portée par la France (à -2,2 Md en 2024, ils s’établissent à +10 Md MAD en 2025). Les flux d’IDE sortants sont également dynamiques, portés par l’extension des réseaux du secteur de la banque et des assurances (+5 Md MAD). Les IDE vers la Côte d’Ivoire sont en hausse (0,6 Md MAD à 3,2 Md MAD), en miroir d’un retrait prononcé en Italie (3,3 Md MAD en 2024 à 0,3 en 2025). Les investissements de portefeuille améliorent la balance de +1,5 point de PIB, majoritairement grâce aux titres de créances qui passent de -3,6 Md MAD à 33 Md MAD (+2,2 points de PIB). Cette dynamique est portée par l'émission obligataire du Trésor marocain qui a levé 2 Mds EUR en mars 2025.