Relations bilatérales

Les échanges commerciaux France-Libye sont limités et déséquilibrés du fait, d’une part, de la dégradation de la situation économique en Libye et, d’autre part, de la structure de l’économie libyenne, dominée par les exportations de pétrole brut (95% du total). En 2016, la France se classait 4ème partenaire européen et 13ème partenaire mondial de la Libye. Les exportations françaises ont enregistré une baisse de 30% entre les périodes pré et post-révolution et se situent à la fin de 2017 à un niveau historiquement bas. En effet, elles ont subi les répercussions des crises de change et de liquidité en Libye, la dégradation du climat des affaires ainsi que la baisse de la consommation des ménages. Nos exportations sont largement dépendantes de la demande libyenne en matériel de transport (aéronautique en particulier), qui représente 40% du total depuis 2012. En 2017, les exportations françaises à destination de la Libye se sont limitées à environ 160 M€, soit leur plus faible niveau depuis plus de dix ans, en baisse de 8% par rapport à 2016. Au-delà d’un certain effet de retard par rapport à l’embellie économique que connaît la Libye, ce point bas historique s’inscrit également dans un contexte général marqué par le très faible niveau des importations libyennes (limitation des lettres de crédit, faiblesse du dinar libyen), qui ont diminué d’en moyenne 10% chaque année depuis cinq ans.

Les importations en provenance de Libye, après avoir fortement baissé avec la chute de la production de pétrole, sont reparties à la hausse en 2017, suite à la reprise du secteur. Dans l’ensemble, les échanges commerciaux entre la France et la Libye ont été en moyenne divisés par deux depuis 2011, et concernent presque exclusivement le pétrole. La Libye, qui était notre 3ème fournisseur d’hydrocarbures en 2010, n’était plus que le 13ème fournisseur de la France en 2016. La reprise des importations libyennes amorcée en 2017 semble se confirmer au premier trimestre 2018, en lien avec le fort rebond de la production libyenne (environ 1 200 000 barils par jour sur le premier trimestre 2018) et l’augmentation du prix du baril de pétrole brut (désormais situé à environ 69$). Les importations sont en effet près de trois fois supérieures à leur niveau en 2016, où elles avaient atteint un niveau historiquement bas (510 M€).

Le stock d’IDE français en Libye a diminué par rapport à son niveau d’avant la révolution, ce qui se traduit aussi par une diminution de la part de la France dans le stock total d’IDE présents en Libye : de 9% avant la révolution contre moins de 4% actuellement. Les flux d’IDE français entrants dans le pays sont en grande majorité concentrés dans le secteur des industries extractives et sont composés de bénéfices des entreprises françaises présentes en Libye, réinvestis dans le pays.

Dans un contexte de concurrence par les prix plus âpre, les parts de marché françaises ont diminué : de 5,2% en moyenne entre 2005-2010 à 3,5% entre 2011-2016. Cette perte de part de marché est toutefois semblable à celle subie par l’Italie, premier fournisseur historique du pays (de 18 à 13% sur la même période), au bénéfice de la Chine, de la Turquie et des Emirats Arabes Unis.

Malgré l’interruption de plusieurs programmes de coopération, certaines initiatives se développent :

  • Expertise France met en œuvre, avec la GIZ allemande, le programme « Support to Libya for Economic Integration, Diversification and Sustainable Employment » (SLEIDSE), financé par des fonds de l’UE (8,3 M$ dont 327 000 € de contribution française), concernant la promotion de l’entrepreneuriat privé. Le programme comprend différents aspects dont la mise en place d’un incubateur de PME/PMI libyennes (Libyan Entreprise), ou encore la promotion des Chambres de commerces libyennes, afin de favoriser le développement du secteur privé.
  • La BPI est également pilote la mise en place d’un fond de garantie en Libye, qui devrait être opérationnel dans le courant de l’année 2018. Ce système, permettrait d’inciter les banques commerciales à prêter d’avantage stimulant ainsi l’accès au crédit et l’investissement. Cette initiative s’inscrit également dans le cadre du programme SLEIDSE.

 

Relations bilatérales commerciales

Exportations françaises vers la Libye en 2017 : 160 M€

Produits pharmaceutiques : 53 M€ soit 33% du total des exportations

Produits des industries agroalimentaires : 40 M€ soit 25% du total

Equipements mécaniques, électriques et électroniques : 30 M€ soit 20% du total

Importations françaises en provenance de Libye en 2017 : 700 M€

Relations bilatérales financières

Stock d’IDE français en Libye en 2017 : 130 M€ (395 M€ en 2016).

Flux d’IDE français entrants en Tunisie en 2016 : 6 M€

Sources : Banque de France et FMI

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