Indicateurs et conjoncture

L’économie libyenne est centrée sur la production d’hydrocarbures. Les recettes tirées du pétrole représentent entre 60% et 70% du PIB et plus de 90% des revenus de l’Etat. Depuis la révolution de 2011, la situation sécuritaire perturbe fortement l'activité du secteur, entraînant de fortes variations de la production. Cependant, depuis 2017, la production pétrolière moyenne a connu une hausse significative, autour de 1 million de barils/jour.

L’économie libyenne, qui s’est contractée de 22% par an en moyenne (en valeur) entre 2013 et 2016, a rebondi à partir en 2017 grâce à la reprise de la production pétrolière et la hausse du prix du brut sur les marchés internationaux (les revenus pétroliers ont triplé entre 2016 et 2017), avec un bon de croissance du PIB autour de 30%. Néanmoins, l’impact négatif de l’effet-prix du cours du brut par rapport au niveau des années pré-révolution a limité l’ampleur du rebond.

Le secteur privé reste embryonnaire (entre 5% et 15% de l’économie selon les estimations), souffrant de la prépondérence du secteur public héritée de l'ère Khadafi et d’un climat des affaires peu favorable. Près des trois quarts de la population active sont employés par le secteur public, ce qui pèse à la fois sur le potentiel de croissance et l’équilibre des comptes publics. Cette situation rend difficile la création d’emplois alors que le chômage atteint environ 30% de la population active, touchant particulièrement les jeunes et les femmes.

Jusqu’en 2016, l’Etat libyen a fait face à la baisse de ses recettes (divisées par 3 par rapport à 2008) et à la hausse des dépenses publiques, notamment des subventions aux produits de base et des salaires sujets à l’inflation. Ces deux postes de dépenses sont les principaux vecteurs de distribution de la rente pétrolière. La baisse de l’investissement public s’est traduite par la dégradation des infrastructures et de la fourniture des services publics (santé et énergie, en particulier). Depuis 2017, les recettes issues du pétrole se sont accrues tandis que les dépenses se sont stabilisées.

Le solde de la balance courante, fortement négatif entre 2013 et 2016 du fait de la dégradation du solde de la balance commerciale, est redevenu légèrement positif en 2017 (2%) sous le double effet d’un redémarrage des exportations (+80%, après une baisse annuelle moyenne de 15% depuis 2013) et d’une stabilisation des importations liée aux restrictions de change imposées par la Banque Centrale.

Le financement des déficits jumeaux a dégradé le niveau des réserves (de plus de 120 Mds USD en 2012 à environ 65 Mds USD fin 2016). La hausse des recettes pétrolières en 2017 a notamment servi à renflouer ces réserves et 2017 a ainsi été la première année depuis la révolution que celles-ci ne se sont pas érodées. Les déficits ont également été financés par des emprunts contractés auprès de la BCL, ce qui a conduit à une augmentation de la dette publique brute qui s’est stabilisée autour de 30% du PIB en 2017, alors qu’elle était quasiment nulle en 2010.

Sept ans après les premières révoltes en Libye et la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la gouvernance économique du pays demeure encore difficile. En particulier,  les divisions politiques et territoriales posent un vrai problème de pilotage des politiques publiques (en particulier économiques) et d’efficacité dans la fourniture des services publics, ainsi que pour l’exécution du budget et les réformes à mener.

Le pays connait de surcroît une forte crise de change. Les restrictions de change imposées aux opérateurs, bien que détendues depuis, ont entraîné une envolée du cours du dinar libyen sur le marché noir. En juillet 2018, ce taux oscille entre 6 et 7 LYD pour 1 USD, contre 1,3 LYD pour 1 USD au taux de change officiel.

Le pays fait enfin face à un niveau d’inflation élevé (plus de 20% par an en moyenne sur les trois dernières années), en lien avec les difficultés d’approvisionnement et les pénuries observées pour de nombreux produits.

En dépit de ces difficultés, plusieurs avancées significatives ont pu être observées dernièrement. Tout d’abord, la Libye dispose depuis 2017 d’un cadre budgétaire relativement cohérent, bien que l’exécution du budget 2017 ait été perturbée par un niveau de recettes pétrolières plus faible que prévu et par des difficultés dans les transferts effectifs de fonds. Un nouveau budget a été agréé en 2018 : les dépenses prévues s’élèvent à 31 Mds USD et les recettes à près de 20 Mds USD (grâce à l’embellie du secteur pétrolier depuis fin 2017). Ce budget est bâti sur un prix du baril à 67 USD et table sur un déficit de 11 Mds USD qui serait partiellement financé par un emprunt à la BCL.

 

 

Données générales Libye

·         Superficie: 1 759 540 km² 

·         Population: 6,3 millions d'habitants selon la Banque mondiale (2016) 

·         Président du Conseil Présidentiel du Gouvernement d’entente nationale (GEN) et Premier Ministre : M. Fayez el Sarraj (depuis le 12 mars 2016)

·         Ministre des Finances : M. Oussama Hamad (depuis novembre 2016)

·         Président de la Chambre des Représentants de Tobrouk : M. Aguila Saleh (depuis le 5 août 2014)
·         Président du Haut Conseil d'Etat : Khaled Mechri (depuis le 8 avril 2018)

·         PIB : 33,3 Mds USD (2017, source FMI)   

·         PIB / habitant : 4 859 USD (2017, source FMI) 

Données conjoncturelles Tunisie

·         Monnaie : dinar libyen (LYD)  

Au 25 juillet 2018 :

Taux officiel :

1 USD / 1,37 LYD

1 EUR / 1,6 LYD

Taux du marché noir :

1 USD / 6,7 LYD

1 EUR / 7,75 LYD

 

 Exportations commerciales libyennes totales en 2017 : 14,5 Mds USD (source Banque mondiale)

 Importations commerciales libyennes totales en 2017 : 9,6 Mds USD (source Banque mondiale)

Variation de l’indice des prix à la consommation (inflation) : +28% en 2017

Dette publique : 32,1% du PIB (fin 2017) 

Solde du compte courant : 0,8 Mds LYD soit 2,2% du PIB (fin 2017, source FMI)

 

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