LUXEMBOURG
Situation économique et financière du Luxembourg
Avec 682 000 habitants et un produit intérieur brut (PIB) de 89 Md€ en 2025, le Luxembourg est la 21ème économie de l’Union européenne (UE) et la 1ère en PIB par habitant (100 380 €/hab.). Porte d’entrée vers l’UE pour les groupes non européens, le Grand-Duché constitue un hub financier majeur dans les secteurs bancaire et assurantiel, ainsi que l’industrie des fonds d’investissement (7 600 Md€ d’actifs sous gestion). Après trois années de quasi-stagnation, l’économie du Grand-Duché connaît une reprise modérée depuis 2025. L’institut national de prévision - le STATEC - projette une croissance graduelle du PIB de +1,0 % en 2025, +1,7 % en 2026, et +2,1 % en 2027, soutenue par la baisse des taux d’intérêt et par le dynamisme du secteur financier. État unitaire et cosmopolite avec plus de 47 % de résidents étrangers, le Luxembourg repose sur un marché du travail tendu et fortement dépendant de talents étrangers. Alors que la transformation numérique des services constitue une opportunité pour renforcer l’attractivité de sa place financière, le pays est confronté à des contraintes structurelles : la pénurie de main-d’œuvre, les tensions du marché immobilier et la stagnation de la productivité. Malgré des finances publiques solides, illustrées par un faible déficit de -0,6 % du PIB et une dette publique maîtrisée de 27,3 % du PIB en 2025, l’équilibre budgétaire pourrait se fragiliser à long terme, dans un contexte de hausse des dépenses de retraite et de défense.
21ème économie européenne, le Luxembourg est fortement tributaire des exportations de services.
- Le Grand-Duché du Luxembourg est une économie ouverte et spécialisée, reposant son activité principalement sur les services financiers, l’industrie sidérurgique et la logistique.
Malgré sa petite taille (2 586 km²), l le Luxembourg est l’un des pays les plus ouverts au monde (taux d’ouverture de 351 % en 2024) et les plus prospères en Europe (100 380 € de PIB/hab. en 2025 contre 37 390 €/hab. en moyenne pour la zone euro). De par son histoire et sa position géographique, il dispose d’une population internationale et multilingue – les langues officielles étant le luxembourgeois, le français et l’allemand – qui contribue à l’ouverture du pays vers le monde : près de 65 % des biens et services produits au Luxembourg sont exportés. Sortant progressivement d’une période de quasi-stagnation, l’activité économique du Luxembourg connaît une reprise modeste (+1,0 %) en 2025 et devrait rester dynamique avec une croissance du PIB de 1,7 % en 2026 et de 2,1 % en 2027, portée par l’écosystème des services financiers (25 % du PIB) et de l’industrie (5 % du PIB). Les échanges extérieurs suivraient une trajectoire contrastée : les exportations de services (financiers et non financiers) accéléreraient en 2026-2027, tandis que les exportations de biens reculeraient en 2026 (-1,6%) avant de rebondir en 2027 (+1,2%). Ces projections demeurent toutefois inférieures à la moyenne de croissance du PIB de +2,5 % observée entre 2011 et 2021, et tributaires de la reprise de l’investissement et de la demande externe.
- L’économie redémarre en 2025 avec une croissance encore modeste, une reprise inégale selon les secteurs mais un relâchement inflationniste et salarial.
Après trois années de quasi-stagnation, l’économie luxembourgeoise montre depuis 2025 des signes de redressement, portée notamment par les services d’information et de communication, les activités non marchandes, l’industrie et l’immobilier. Ce redémarrage demeure toutefois inégal selon les branches et n’efface pas la faiblesse observée au cours des années précédentes. Sur le marché du travail, la situation reste modérée : l’emploi n’a augmenté que de 1,2 % en 2025, avant un léger raffermissement en 2026, tandis que le chômage se maintiendrait à un niveau proche de 6 %, élevé au regard des standards historiques du pays. Les tensions inflationnistes et salariales se relâchent également. Après une inflation estimée à 2,2 % en 2025, la hausse des prix retomberait à 1,5 % en 2026, avant un léger rebond en 2027. De même, après l’accélération observée en 2025 sous l’effet du rebond des cotisations patronales et de l’indexation des salaires, la progression du coût salarial moyen ralentirait en 2026. L’ensemble dessine ainsi moins un rebond marqué qu’une normalisation progressive de l’économie luxembourgeoise.
Au coeur de l'économie du pays, la place financière du Grand-Duché est un hub européen majeur.
- Le secteur financier est le pilier de l’économie luxembourgeoise, représentant 25 % du PIB et plus de 10 % de l’emploi.
Depuis l’internationalisation de la place financière dans les années 1960, à l’image de la première émission euro-obligataire cotée à Luxembourg en 1963, le Grand-Duché a historiquement bénéficié d’un flux croissant de capitaux, facilité par un environnement institutionnel solide (notation AAA attribuée par Moody’s, S&P Global et Fitch) et un cadre règlementaire et fiscal attractif. Il constitue le deuxième centre mondial de fonds d’investissement après les États-Unis, conservant une part de marché de 55 % et détenant plus de 7 600 Md€ d’actifs sous gestion (cf. annexe 4). Il est également le premier hub européen pour les fonds alternatifs. Caractérisé par une forte spécialisation dans les activités de fonds d’investissement (OPCVM et fonds alternatifs) et de banque privée (116 banques en 2025), l’écosystème financier luxembourgeois repose sur des infrastructures sophistiquées, qui permettent la transaction et la domiciliation de capitaux, notamment avec le dépositaire central international (ICSD) Clearstream, infrastructure post-marché essentielle pour le marché des obligations et des fonds. La Bourse de Luxembourg est un acteur majeur dans la cotation d’obligations internationales (33 % du marché global en 2024), étant la première plateforme mondiale dédiée aux obligations durables et vertes (Luxembourg Green Exchange). Enfin, abritant plus de 280 compagnies d’assurance et de réassurance, le Luxembourg a développé depuis les années 1990 une expertise solide et une offre large et sophistiquée de services, principalement transfrontaliers, dans l’assurance-vie et la réassurance.
- Le secteur financier soutient la position internationale favorable du Luxembourg, malgré des défis structurels.
Porte d’entrée des capitaux mondiaux vers l’UE, le Luxembourg affiche l’un des taux d’ouverture les plus élevés au monde (351 % en 2024). Cette ouverture s’accompagne d’un excédent de la balance courante de 11,8 Md€ en 2024, porté notamment par les exportations de services, qui atteignent 158,3 Md€ (dont près de 50 % de service financiers). En parallèle, il enregistre un position extérieure excédentaire (31 Md€), portée par un solde positif d’IDE (3 792 Md€ d’engagements). Le flux de capitaux au Luxembourg est favorisé par un cadre réglementaire attractif, soutenu par le régime du passeport européen, ainsi qu’un écosystème financier robuste. Celui-ci est cependant confronté à des défis structurels persistants (stagnation de la productivité, pénurie de main-d’œuvre) qui posent des limites à l’expansion de l’activité financière luxembourgeoise. Par conséquent, le gouvernement luxembourgeois entend faire évoluer l’attractivité de sa place financière et soutenir la montée en gamme de son rôle central de back office dans la chaîne de valeur, à l’image du secteur croissant de la fintech et de la regtech, ainsi que du développement des technologies financières (blockchain, tokenisation), soutenu par des initiatives public-privé en faveur de la transformation digitale.
La prospérité économique du Luxembourg repose sur des finances publiques solides, qui sont confrontées à des pressions structurelles croissantes à long terme.
- Le Luxembourg bénéficie de finances publiques globalement saines, malgré la progression de l’endettement.
Le gouvernement prévoit un déficit total maîtrisé à 0,4 % du PIB en 2026 (contre 0,8 % en 2025). Celui-ci risque cependant de se creuser à partir de 2027. À la suite de l’entrée en vigueur du paquet fiscal Entlaaschtungs-Pak en janvier 2025 (réduction de l’impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés), dans une logique de soutien au pouvoir d’achat et à la compétitivité fiscale des entreprises, les recettes fiscales ralentissent davantage, caractérisée par une hausse de 4 % en 2025. En parallèle, les dépenses publiques continuent leur progression annuelle de 6 % entre 2025 et 2027. Cette dynamique détériore graduellement le solde des administrations publiques (-1,0 % en 2027), ce qui devrait accroître la dette publique du Luxembourg, passant de 26,8 % en 2025 à 27,0 % en 2026. Le maintien de la dette à un niveau faible permet au Grand-Duché de préserver sa notation souveraine AAA (cf. Annexe 3).
- L’équilibre budgétaire du Luxembourg est confronté à des défis structurels majeurs.