Relations économiques bilatérales France-Luxembourg

En 2025, la France a consolidé sa position de 3ème partenaire commercial du Luxembourg pour les biens et les services. S’agissant du commerce de biens, le Grand-Duché est notre 43ème partenaire commercial avec 4,7 Md€ d’euros échangés (+0,3 % par rapport à 2024) et le 13ème excédent commercial bilatéral de la France. Avec 2,8 Md€ d’exportations (-5,7 %) et 1,9 Md€ d’importations (+10,7 %), la France a dégagé en 2025 un excédent de biens de 922 M€. Les produits des industries agroalimentaires, en particulier les produits laitiers et les boissons, représentent notre premier poste d’exportation vers le Luxembourg (776 M€ en 2025, 27,4 % du total) et notre premier excédent (606 M€, 2/3 du total). Sur le plan de la balance des services, centrée sur les services financiers, la France a enregistré en 2024 un excédent de 5,5 Md€. Enfin, la France est un investisseur de premier plan dans l’économie luxembourgeoise avec un stock d’IDE de 81,2 Md€ à fin 2024 et plus de 1 500 filiales françaises enregistrées. Réciproquement, le Luxembourg se classe au 1er rang des investisseurs étrangers en France avec un stock d’IDE de 187,5 Md€ en 2024 et près de 2 200 filiales.

 

Les échanges de biens sont soutenus et fortement spécialisés

  • Les échanges de biens classent la France au 3ème rang des partenaires commerciaux du Luxembourg

En 2025, le volume des échanges bilatéraux de biens s’est élevé à 4,7 Md€ (stable par rapport à 2024). Sous l’effet d’un recul des exportations (2,8 Md€ ; -5,6 %) et d’une hausse des importations (1,9 Md€ ; +10,7 %), l’excédent commercial français s’est replié à 922 M€ (-24,9 %) [i] (Annexes 3 et 4). Le volume d’échanges reste stable avec une légère augmentation ces dernières années. En 2025, le Luxembourg était pour la France son 43ème partenaire commercial, son 36ème client et 48ème fournisseur, ainsi que son 13ème excédent bilatéral (8ème en 2024). Du point de vue du Luxembourg, selon les données de l’institut national des statistiques (STATEC), la France était en 2025 le 3ème fournisseur du Grand-Duché (12 % de part de marché), derrière la Belgique (29,2 %) et l’Allemagne (25,8 %), ainsi que son 2ème client (14,5 % du total des exportations luxembourgeoises), derrière l’Allemagne (22,3 %), mais devant la Belgique (7,9 %) et l’Italie (7,6 %).

 

  • Les exportations françaises vers le Luxembourg sont principalement tirées par les produits agroalimentaires

Les exportations françaises vers le Luxembourg sont principalement tirées par les produits agroalimentaires (776,6 M€ ; soit 27,4 % du total ; +1 % par rapport à 2024)1(Annexes 4 et 7), mais également par les équipements mécaniques, le matériel électrique, électronique et informatique (370,6 M€, 13,1 %), ainsi que par les déchets industriels et ménagers (244,3 M€, 8,6 %, principalement issus d’échanges internes au groupe ArcelorMittal, présent dans les deux pays). Les exportations de matériels de transport ont fortement chuté (-52 % à 186,2 M€), du fait du repli des ventes de véhicules automobiles (Annexes 4 et 5).

 

  • Les importations françaises sont traditionnellement concentrées sur trois postes en croissance et qui reflètent la spécialisation des relations économiques avec le Luxembourg

Les importations françaises sont traditionnellement concentrées sur trois postes en croissance et qui reflètent la spécialisation des relations économiques avec le Luxembourg : les produits en caoutchouc et en plastique et les produits minéraux divers (464,1 M€, 24,3 % du total, +10 % entre 2024 et 2025), les produits métallurgiques et métalliques (450,8 M€, 23,6 % ; +17 % entre 2024 et 2025), ainsi que les matériels de transport (215,4 M€, 11,3 % ; +14 % entre 2024 et 2025) (Annexe 6). Si la France enregistre ses principaux excédents sur les produits de l’industrie agroalimentaire (+606 M€) ainsi que les déchets industriels et ménagers (+217 M€), elle présente en revanche un déficit structurel sur les produits en caoutchouc et en plastique (-264 M€) ainsi que sur les produits métallurgiques et métalliques (-273 M€) (Annexe 4).

 

Les échanges de services occupent une place centrale et sont excédentaires pour la France

  • Les échanges bilatéraux de services ont atteint en 2025 le niveau de 24 Md€ 

Les échanges bilatéraux de services ont atteint en 2025 le niveau de 24 Md€ (+60 % depuis 2014), selon les données de la Banque de France (Annexe 2), soit un volume plus de 4,5 fois supérieur à celui des échanges de biens. En 2025, la France a maintenu son excédent (5,5 Md€) et conservé son rang de 3ème partenaire (10,1 % du total des échanges de services) derrière l’Allemagne (15,6 %) et le Royaume-Uni (13,4 %), en qualité de 4ème fournisseur du Luxembourg (8,6 %, derrière l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni) et son 3ème client (11,4 %, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni) (Annexe 1). La dynamique des échanges de services reste stable par rapport aux années précédentes.

 

  • En 2024, environ 70 % des échanges de services concernaient trois catégories

Les exportations françaises étaient majoritairement composées de services financiers (42,3 % du total, 6,5 Md€), de services aux entreprises (19 %, 2,9 Md€) et de services de transport (13,7 %, 2,1 Md€). Les importations sont également dominées par les services financiers et d’assurance (42,3 % du total, 4,1 Md€), les transports (19,6 %, 1,9 Md€) et le conseil aux entreprises (13,4 %, 1,3 Md€). Cela traduit la spécialisation du Luxembourg dans le secteur financier. La France a enregistré un excédent dans chacune de ces catégories de services financiers (hors assurance, 2,4 Md€), les services aux entreprises (1,6 Md€) et les transports (0,2 Md€).

 

Une empreinte économique française forte en nombre d'entreprises et d'emplois

  • Les investissements croisés atteignent des niveaux très élevés, bien que leur lecture doive être nuancée par le rôle de place de transit du Grand-Duché

Le Luxembourg est en effet le 1er investisseur étranger en France par pays d’origine immédiate (Annexe 8) avec un stock d’investissement direct étranger (IDE) de 187,5 Md€, devant les Pays-Bas (128,3 Md€) et la Suisse (125,0 Md€) [ii] en 2024. Ce stock est toutefois influencé par la fonction de plateforme financière et fiscale du Luxembourg où de nombreux investissements sont portés par des véhicules détenant des capitaux originaires de pays tiers. Selon la méthode de l’investisseur ultime, le Grand-Duché ne se classe ainsi plus qu’au 5ème rang des investisseurs étrangers en France, avec 67,7 Md€. Les IDE luxembourgeois en France concernent principalement l’industrie manufacturière (75,3 Md€), en particulier les industries métallurgiques (9,6 Md€) et pharmaceutiques (9,5 Md€), ainsi que les activités financières et d’assurance (19,2 Md€) et l’immobilier (16,5 Md€). À l’inverse, le Luxembourg constitue la 7ème destination des IDE français, avec un stock de 81,2 Md€ en 2024, en hausse de 21 % sur deux ans, devant l’Allemagne (68,2 Md€) et derrière l’Espagne (82,5 Md€), l’Italie (86,6 Md€) et la Belgique (126,4 Md€). Les investissements français y sont concentrés dans les activités financières et d’assurance (49,7 Md€, +17 % en g.a.) et dans l’immobilier (7,5 Md€). Cette présence s’incarne notamment dans les grands groupes bancaires et assurantiels français déjà solidement implantés au Luxembourg, à commencer par BNP Paribas via BGL BNP Paribas, l’une des principales banques du pays, qui employait 2 083 collaborateurs fin 2025.

 

  • Les groupes français occupent une place de premier plan dans la finance, la gestion d’actifs et l’assurance luxembourgeoises

En 2023, 1 598 filiales françaises étaient établies au Luxembourg, employant 26 340 personnes et réalisant 20 Md€ de chiffre d’affaires (Annexe 9), dont environ un tiers dans les services financiers. La France est ainsi le 3ème pays en nombre de banques implantées au Luxembourg, avec 12 établissements, derrière l’Allemagne et la Chine. Cette empreinte se traduit également par la présence d’acteurs français majeurs dans la gestion d’actifs et les services aux fonds : Amundi Luxembourg y est implantée comme société de gestion agréée par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF), le Crédit Agricole avec sa filiale CACEIS ou encore Société Générale Luxembourg et sa filiale SGSS.

 

  • La présence française s’étend également à la distribution, aux services et à l’emploi transfrontalier

Le commerce représente une part importante de cette présence, avec les enseignes Auchan, Galeries Lafayette et Fnac, tandis que les activités immobilières comptent pour 10,1 % des filiales françaises. Cette implantation s’inscrit dans une relation économique de proximité, alimentée par la forte intégration du marché du travail : en 2025, il y avait 126 600 travailleurs transfrontaliers français au Luxembourg, soit le premier contingent de travailleurs frontaliers au Luxembourg. La présence française dépasse ainsi le seul champ financier et repose sur une combinaison d’activités commerciales, de services et de flux de main-d’oeuvre qui donnent à la relation franco-luxembourgeoise une profondeur économique singulière à l’échelle européenne.

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Les relations économiques entre la France et le Luxembourg se caractérisent par une forte intégration et une proximité structurelle, illustrées par l’importance des échanges de services et par des excédents réguliers en faveur de la France. Celle-ci demeure l’un des principaux partenaires commerciaux du Grand-Duché, avec des échanges soutenus et spécialisés, notamment dans les services financiers et les services aux entreprises. Dans le commerce de biens, la relation reste excédentaire pour la France, portée en particulier par les exportations du secteur agroalimentaire. Les flux d’investissements croisés et la présence importante d’entreprises françaises au Luxembourg confirment la profondeur de cette relation bilatérale. Dans ce contexte, le partenariat franco-luxembourgeois apparaît comme structurant à l’échelle européenne, reflétant une intégration économique avancée entre deux économies complémentaires.

 
 
[i] Les exportations françaises de biens vers le Luxembourg concernent principalement les produits du secteur agroalimentaire, qui devancent nettement les autres secteurs. En 2025, l’agroalimentaire représentait ainsi 27,4 % des exportations, pour une valeur totale de 776 M€.L’examen de la composition des exportations agroalimentaires montre que les produits laitiers occupent une place prépondérante, avec une valeur d’environ 314 M€ (40,5 % du secteur agroalimentaire et 11,1 % du total des biens exportés). Leur valeur s’élevait à 291 M€ en 2024, soit une hausse de 8,1 % en 2025. Au sein de cette catégorie, les fromages dominent nettement : fromages de brebis ou de bufflonne (19,2 %), fromages avec une teneur en matières grasses inférieure à 40 % (15,5 %), brie (11,3 %, soit +19,9 % depuis 2024) et camembert (10,2 %). Ils sont suivis par le lait et la crème de lait non concentrée (7,5 %), le beurre naturel (4,9 %), les fromages fondus (3,7 %) et les yogourts aromatisés (3,7 %). Ces derniers ont enregistré une très forte progression entre 2024 et 2025, passant de 3,7 M€ à 11,6 M€, soit une hausse de 216,6 %.Une deuxième catégorie importante est celle des boissons, en particulier les vins de Bordeaux (39,8 %), le champagne AOP (9,1 %) et les eaux, qu’elles soient minérales, gazéifiées ou aromatisées (5,2 %). Les boissons représentent au total 20,4 % des produits agroalimentaires exportés par la France vers le Luxembourg, les vins de Bordeaux arrivant très largement en tête. Entre 2024 et 2025, ces exportations ont toutefois fortement reculé, passant de 204 M€ à 158 M€ (−22,4 %), principalement en raison de la baisse des ventes de vins de Bordeaux. Ce poste demeure en effet très volatil : la valeur des exportations de vins de Bordeaux est passée de 13 M€ en 2023 à 111 M€ en 2024, avant de retomber à 63 M€ en 2025.Sur la troisième marche du podium figurent les produits céréaliers, exportés à hauteur de 61 M€ en 2025 (+10,8 % par rapport à 2024). Les principales catégories sont les tartes, pains aux raisins, meringues, brioches, croissants et produits assimilés (13,8 %), les produits de boulangerie, pâtisserie et biscuiterie (12,7 %), les mélanges et pâtes (12,4 %), ainsi que les pizzas, quiches et produits similaires (11,2 %).Parmi les autres catégories, les exportations de viandes ont poursuivi leur progression en 2025, passant de 23 M€ en 2023 à 30 M€ en 2025, soit une hausse de 29,3 % en deux ans. À l’inverse, les exportations de céréales ont reculé, de 35 M€ en 2023 à 29 M€ en 2025 (−18 %). Les préparations alimentaires constituent également un poste important, avec une valeur d’environ 36 M€, principalement composée de préparations contenant des matières grasses (43,1 %), de préparations sans matières grasses (18,2 %) et de préparations pour sauces et condiments (11,2 %). Les exportations de préparations alimentaires ont elles aussi progressé depuis 2023, passant de 30 M€ à 36 M€ (+17,2 %).

 

[ii] Les chiffres concernant l’IDE, le secteur financier et le marché du travail n’ont pas encore été mis à jour en 2025 par Eurostat et la Banque de France.
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