Commerce extérieur

Le Luxembourg affiche un taux d’ouverture de 169%[1], ce qui en fait l’économie la plus ouverte au monde. Le volume d’échange des services (181 Md€ en 2019) est plus de cinq fois supérieur à celui des biens (33,6 Md€). Le Grand-duché a vu ses volumes d’échange ainsi que son excédent commercial reculer sous l’effet de la crise sanitaire, malgré des services financiers demeurant dynamiques. Si le Luxembourg échange des biens principalement avec les pays frontaliers, ses partenaires commerciaux pour les services sont plus diversifiés. La structure des échanges commerciaux du Luxembourg apparaît concentrée : la sidérurgie et les articles manufacturés représentent 34,3% des échanges de biens, tandis que les services financiers représentent 50,5% du commerce des services, même si les services non financiers occupent une part croissante de ce dernier.

Le Luxembourg, qui compense son déficit commercial par un fort excédent dans les services, enregistre une contraction de son excédent courant en 2020, du fait de la crise.

  • Malgré un solde des transactions courantes structurellement excédentaire, porté par les échanges de services, le Luxembourg affiche un déficit commercial (échanges de biens) en augmentation depuis 2016.

Selon Statec, l’institut de statistiques luxembourgeois, l’excédent du compte des transactions courantes du Grand-duché est en constante augmentation depuis 2012. Il atteint, en 2019, +2,9 Md€, soit 5,59% du PIB, stable par rapport à 2018 (+2,86 Md€, 5,62% du PIB).

Les exportations de biens luxembourgeoises (hors négoce international) sont de 13,3 Md€ en 2019 stables depuis 2017. Les importations s’élèvent à 20,4 Md€ en 2019 (19,9 Md€ en 2018). Le déficit commercial du Luxembourg s’établit ainsi à -7,1 Md€ (-6,6 Md€ en 2018), en augmentation constante depuis 2016. Le volume des échanges de services est plus de cinq fois supérieur à celui des échanges de biens (181 Md€ pour les services contre 33,6 Md€ pour les biens[2] en 2019). Il est en hausse de 9,3% par rapport à 2018. Le Luxembourg enregistre un excédent structurel dans les services, qui s’établit à 21,4 Md€ en 2019.

  • La crise sanitaire a affecté aussi bien les volumes d’échange que le solde des transactions courantes.

Selon Statec, le compte des transactions courantes du Grand-duché affiche au premier semestre 2020 un excédent de 706 M€ (2,8% du PIB), en recul de 1,4 Md€ par rapport au premier semestre 2019. D’une part, la hausse des cotisations sociales (notamment des indemnités de chômage partiel) versées aux travailleurs transfrontaliers durant le confinement a dégradé le solde de la balance des revenus (-1,2 Md€ par rapport à 2019), qui s’élève à -11,4 Md€. D’autre part, la baisse des exportations de biens a grevé le solde commercial de 320 M€, pour s’établir à 1,36 Md€[3].

Le volume total du commerce extérieur luxembourgeois de biens (dont négoce international), qui s’élève au premier semestre 2020 à 20,5 Md€, diminue de 17% par rapport au premier semestre 2019. En revanche, le volume du commerce extérieur de services, égal à 85,1 Md€ de janvier à juin 2020, est relativement stable (baisse annuelle de 3%). De fait, la chute des échanges de services non financiers (-11,4%), est compensée par la progression des services financiers (+5,3%), moins affectés par le contexte macroéconomique.

A l’inverse des échanges de services, les échanges de biens du Luxembourg sont principalement tournés vers ses partenaires frontaliers, malgré une part croissante des échanges hors Union européenne.

  • La Belgique, l’Allemagne et la France sont les trois principaux partenaires commerciaux du Luxembourg pour les échanges de biens, avec une part dans le volume total d’échanges de 65,5%.
En 2019, la Belgique dépasse pour la première fois l’Allemagne et devient le premier partenaire commercial du Luxembourg. Sa part dans les échanges de biens atteint 26,4% (26,2% en 2018), alors que celle de l’Allemagne est de 25,9% (27% en 2018). La France, avec 13,3% (13,2% en 2018), est le troisième partenaire du Luxembourg, devant les Pays-Bas (5,8% en 2019, 5,7% en 2018) et l’Italie (3,2% en 2019 et 2018).

Les 3 premiers clients du Luxembourg sont l’Allemagne (26,4% des exportations luxembourgeoises), la France (15,9%) et la Belgique (12,2%). Cette dernière est le premier fournisseur du Luxembourg, avec une part de marché s’élevant à 35,7%, dépassant de dix points celle de l’Allemagne (25,6%) et de plus de vingt points celle de la France (11,6%).

  • Bien que minoritaire, la part du commerce extérieur du Luxembourg avec des pays non membres de l’UE tend à augmenter à un rythme croissant.

Si le commerce extérieur du Luxembourg avec des partenaires n’appartenant pas à l’UE demeure faible, avec 15,3% du volume d’échange total, sa part tend à augmenter à un rythme croissant : elle était de 14,6% en 2018 et de 13,8% en 2010. La hausse des échanges avec la Chine et le Japon, qui ont plus que doublé entre 2010 et 2018, explique en grande partie la progression relative des échanges hors UE.

  • Les partenaires du Luxembourg pour les échanges de services apparaissent plus diversifiés.

En 2019, les trois principaux partenaires commerciaux du Luxembourg pour les services sont l’Allemagne (16,6% des échanges), le Royaume-Uni (15,2%) et la France (10,4%). La Belgique, premier partenaire pour les biens, n’est que sixième pour les services (4,6%). Le Luxembourg présente un excédent vis-à-vis de l’ensemble de ses partenaires (ses deux principaux excédents sont l’Allemagne avec +6 Md€ et la France avec +5 Md€), à l’exception des Etats-Unis, avec lesquels il enregistre un déficit de 7,8 Md€.

Les échanges luxembourgeois sont dominés par la sidérurgie et les articles manufacturés pour le commerce de biens et les services financiers pour celui des services.

  • Si le Luxembourg dispose d’un avantage comparatif dans la sidérurgie, avec la présence d’ArcelorMittal, ses importations de matériels de transport et de biens intermédiaires grèvent son solde commercial.

En 2019, les articles manufacturés en métaux communs (3,1 Md€, 23,1% des exportations), les machines et équipements (2,6 Md€, 19,7%) et les autres articles manufacturés (2Md€, 15,3%) constituent les trois premiers postes d’exportations. La sidérurgie, socle historique du développement économique du Grand-duché, explique la prédominance des articles manufacturés en métaux communs. Les matériels de transport (3,7 Md€, 27,6% des importations), les machines et équipements (3,4Md€, 25,8%) et les produits chimiques et produits connexes (2,4 Md€, 17,8%) constituent les quatre premiers postes d’importations en 2019.

Au niveau agrégé, le Luxembourg ne présente d’excédent sectoriel que pour deux postes : les articles manufacturés en métaux communs (+1,5 Md€) et les autres articles manufacturés (+562 M€). A l’inverse, les matériels de transport (-2,3 Md€), les combustibles minéraux (-2 Md€) et les matières brutes non comestibles (-1,1 Md€) correspondent aux trois principaux déficits sectoriels.

  • Les services financiers représentent la moitié des échanges de services en 2019, en baisse constante depuis 2010.

Alors qu’elle représentait 60,8% du commerce de services luxembourgeois en 2010, la part des services financiers en 2019 s’établit à 50,5%. En revanche, leur volume augmente d’année en année, passant de 48,6 Md€ en 2010 à 91,5 Md€ en 2019.

 

[1] Source : Chambre de commerce du Luxembourg ; échanges de biens et services sur deux PIB.

[2] Hors négoce international

[3] En tenant compte des échanges dus au négoce international, c’est-à-dire des biens acquis par un acteur luxembourgeois mais ne franchissant pas la frontière du Luxembourg. Le solde commercial hors négoce international est de -7,1 Md€ en 2019.

 

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