Le commerce bilatéral France-Libéria en 2018

Les échanges commerciaux entre la France et le Libéria ont plus que doublé entre 2017 et 2018, de 25,6 M EUR à 57 M EUR. Cette hausse s’explique par le rebond de nos importations de minerai de fer, qui ont triplé en un an (44,8 M EUR en 2018). Les exportations vers le Libéria, après une forte chute en 2017 (-60%), se sont stabilisées à 9 M EUR grâce aux ventes d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (+42%, 3,8 M EUR en 2018). Notre déficit commercial s’est ainsi creusé en 2018 vis-à-vis du Libéria pour atteindre 38,7 M EUR. Source: Douanes françaises.

Forte hausse de nos importations en 2018 tirée par les volumes d’achats de minerai de fer

Après une baisse continue depuis 2013 (-70%) suite à la chute des cours, nos achats de minerais de fer ont plus que triplé en 2018 pour atteindre 44,8 M EUR contre 13,4 M EUR l’année précédente. La stagnation du prix de marché en glissement annuel montre que cette hausse s’explique par celle des volumes importés (graphique 1). Ce rebond a entrainé une forte augmentation des importations françaises, de 17 M EUR à 47,9 M EUR en glissement annuel, qui se composaient à 94% de minerai de fer en 2018 contre 79% en 2017.
Hors minerai, les importations depuis le Libéria suivent les ventes de caoutchouc, qui font fasse depuis 2011 à une chute du prix de denrée. Deuxième plus gros poste d’importations (2,4 M EUR, 78% des importations hors minerais), les ventes d’autres cultures permanentes (*) sont ainsi passées de 2,7 M EUR à 2,4 M EUR entre 2017 et 2018 (graphique 2). Les importations de bois brut (22% du total hors minerais) ont en parallèle diminué de 8,7% en glissement annuel pour atteindre 689 223 EUR en 2018 (graphique 3).
L’évolution de nos importations sur dix ans montre la place dominante prise par le minerai de fer depuis 2012 (graphique 4). Passées de 110 000 EUR à 53,5 M EUR en deux ans, nos importations de minera de fer sont venues se substituer à celles de caoutchouc, avant de subir un effet prix négatif et de décroître. En 2017, elles ne représentaient plus que 13,4 M EUR, soit une baisse de 75% par rapport à 2013. En parallèle, nos importations de caoutchouc, qui représentaient alors la quasi-totalité des flux entrants depuis le Libéria (9,7 M EUR en 2011), ont été sensiblement impactées par l’effondrement des cours. Elles ont ainsi chuté de 68% entre 2011 et 2018.

(*) Le poste « autres cultures permanentes » recouvre le caoutchouc naturel brut, les arbres de noël coupés et les matières premières végétales utilisées principalement pour la vannerie, le rembourrage, la teinture ou le tannage. Le Libéria exporte seulement la première catégorie, on peut donc en déduire que les exportations « d’autres cultures permanentes » correspondent aux exportations de caoutchouc brut.

Stabilisation des exportations grâce aux ventes de matériels électriques

Suite à une baisse de 60% en 2017, nos exportations se sont stabilisées à 9 M EUR en 2018 grâce aux ventes d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (graphique 5). Ces dernières ont augmenté de 42% en glissement annuel pour atteindre 3,8 M EUR, ce qui a permis de contrebalancer la baisse de 26% des ventes d’autres produits industriels (1,9 M EUR en 2018) et celle de 21% de produits des industries agroalimentaires (2 M EUR).
Les exportations françaises vers le Libéria suivent une tendance baissière depuis ces dix dernières années, marquée par l’effondrement des ventes de produits pétroliers raffinés et des produits pharmaceutiques (graphique 6). Les premières sont passées de 73% de nos exportations en 2009 (32,2 M EUR) à 1,1% en 2011 (273 000 EUR) et les secondes de 42,5% à 2,6% entre 2016 et 2017 (9,3 M EUR puis 221 438 EUR respectivement). Ce double effondrement explique le poids relatif aujourd’hui plus important des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (42% du total en 2018 contre 15% en 2009), malgré une baisse de 44% de leurs ventes sur la période. De même pour les produits des industries agroalimentaires passés de 3,4% de nos exportations à 22,4% sur la période, pour une évolution des ventes de 1,5 M EUR à 2 M EUR.

Annexe

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