Le commerce extérieur de Sri Lanka en 2020

Résumé : En 2020, le commerce extérieur de biens de Sri Lanka s’est élevé à 26 Mds USD, soit 32% du PIB. Son déficit, structurel, s’est fortement réduit (6,1 Mds USD) en raison de la baisse des importations (-20%) induite par l’embargo sur de nombreux produits décidé par le gouvernement et par la chute de la facture énergétique. Toujours très concentrées sur quelques produits (textile et produits agricoles), les exportations ont également enregistré une forte baisse (-16%) en raison des perturbations induites par la pandémie. Les Etats-Unis et l’Union européenne sont les premiers clients de Sri Lanka ; la Chine et l’Inde restant, de loin, les deux premiers fournisseurs du pays. Au premier semestre 2021, le déficit du commerce extérieur sri lankais est reparti à la hausse.

 

I) Des exportations de marchandises fortement impactées par la pandémie

En 2020, les exportations sri lankaises ont fortement diminué, pénalisées par les restrictions imposées pour lutter contre la pandémie, la baisse de la demande externe et les perturbations sur les chaînes de valeur mondiales. Celles-ci se sont élevées à 10 Mds USD (-16% par rapport à 2019 en g.a). Les ventes de vêtements et textiles, traditionnel premier poste d’exportation du pays, ont reculé de -21% en g.a, à 4,4 Mds USD (soit 44% des exportations totales). En outre, le pays a enregistré une diminution de ses ventes de thé à l’étranger (-8% en g.a, à 1,2 Md USD), qui restent toutefois le second poste à l’export (12% du total). Les exportations de produits en caoutchouc (3ème poste à l’export ; 7,8% des exportations) ont chuté de -9% en g.a, soit à un montant total de 786 M USD. Les exportations de noix de coco et d’épices ont atteint respectivement 345 M (+5%) et 334 M USD (+7%) en 2020. Au total, les 3 premiers postes représentent 64% des exportations sri lankaises.

La part de marché de la France dans les exportations sri lankaises a été de 1,8% (soit 184 M EUR) d’après la CBSL, contre 1,6% en 2019 (191 M USD). La France se classe au 13ème rang, loin derrière les Etats-Unis (24,9%), le Royaume-Uni (9%) et l’Inde (6%), les trois premiers clients. Elle se classe au 6ème rang des clients européens, derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne (5,7%), l’Italie (4,5%), Belgique/Luxembourg[1] (3%) et les Pays-Bas (2,9%). L’Union européenne (incluant le Royaume-Uni) est le premier client de Sri Lanka, ce dernier ayant exporté pour 3,2 Mds USD en 2020 vers cette zone (31,6% des exportations sri lankaises) contre 3,6 Mds USD en 2019 (29,8%). Pour rappel, les exportations sri-lankaises vers l’UE ont bénéficié de la poursuite de la facilité SPG+, accordée par l’Union Européenne en mai 2017. Celle-ci permet une suppression des droits de douane de l’UE sur 66% des lignes tarifaires pour les produits sri lankais exportés vers l’UE.

II) Des importations en forte baisse du fait de la pandémie et des restrictions imposées par le gouvernement

En 2020, les importations sri lankaises ont enregistré un recul significatif (-20% comparé à 2019 en g.a, à 16 Mds USD). Cela s’explique principalement par les restrictions imposées par les autorités à partir de mi-mars 2020 et par la baisse des prix du pétrole. Ces barrières ont pour principal objectif d’aider Sri Lanka à surmonter ses difficultés de balance des paiements. Les achats à l’étranger d’hydrocarbures, premier poste d’importation du pays (15,5% du total), ont baissé de -35% en g.a (à 2,5 Mds USD). Les produits textiles, second poste à l’import (14,3% du total), s’affichent à 2,3 Mds USD, soit -20% en g.a. Concernant les machines et équipements, les importations ont été de 2,2 Mds USD (-13%). Les importations de véhicules individuels, interdites sur la majorité de l’année pour protéger les réserves de change, se sont effondrées (-65% en g.a, à 283 M USD). A l’inverse, les importations de produits agroalimentaires & boissons ainsi que de produits pharmaceutiques ont augmenté de respectivement +9% (1,6 Md USD) et de +8% (596 M USD).

La part de marché de la France dans les importations sri lankaises a sensiblement baissé, passant de 1,1% en 2019 à 0,7% en 2020 (116 M USD) d’après la Banque centrale sri lankaise (CBSL). La France se classe au 26ème rang des fournisseurs (21ème rang en 2019), loin derrière les trois premiers : la Chine (22,3% de part de marché), l’Inde (19,2%) et les Emirats arabes unis (6,4%). La France ne se classe qu’au 5ème rang des fournisseurs européens, derrière l’Allemagne (2%), l’Italie (1,7%), le Royaume-Uni (1,3%) et la Suisse (0,8%). L’Union européenne[2] est le troisième fournisseur de Sri Lanka[3], ce dernier ayant importé pour 1,5 Md USD en 2020 en provenance de celle-ci (part de marché de 9,1%) contre 2 Mds USD en 2019 (p.m de 9,8%).

III) Forte contraction du déficit commercial en 2020 mais qui repart à la hausse en 2021

En 2020, résultat de la baisse des importations plus forte que celle des exportations, le déficit de la balance commerciale sri lankaise s’est fortement contracté, passant de 8 Mds d’USD en 2019 à 6,1 Mds USD en 2020. Cette contraction a partiellement compensé la chute des recettes du tourisme (à 682 M USD ; -81%) et a permis de contenir le déficit du compte courant de la balance des paiements à 1,3% du PIB.

Au cours du premier semestre 2021, malgré le maintien des restrictions sur les importations, celles-ci sont fortement reparties à la hausse (+31% ; à 10 Mds USD) en raison notamment de l’augmentation de la facture énergétique (+44%) induite par la hausse du prix du baril. Les exportations sont également en augmentation (+29%) à 5,7 Mds USD sans pour autant retrouver leur niveau de 2019 (6 Mds USD). Au total, le déficit commercial se creuse à nouveau (de 3,3 Mds USD à 4,3 Mds USD), accentuant ainsi la pression à la baisse sur le niveau des réserves et le taux de change de la Roupie.



[1] Les deux pays ont été classés par la CBSL comme un ensemble commun au niveau statistique.

[2] En incluant le Royaume-Uni

[3] Après la Chine et l’Inde

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