SRI LANKA
Le commerce extérieur de Sri Lanka en 2025
n 2025, les échanges de biens du Sri Lanka se sont élevés à 35,1 Mds USD, dépassant le niveau atteint avant la crise financière de 2022. Le Sri Lanka continue de dégager un déficit commercial structurel, qui s’est fortement accru entre 2024 et 2025 pour atteindre 7,9 Mds USD sous l’effet de la levée complète des restrictions aux importations, notamment sur les véhicules, et de la stabilisation de la demande intérieure. Les premiers fournisseurs du Sri Lanka restent la Chine et l’Inde, tandis que ses premiers clients sont les Etats-Unis, l’UE, l’Inde et le Royaume-Uni. En 2026, le déficit pourrait rester élevé compte tenu de la reprise durable des importations de véhicules et équipements, des incertitudes géopolitiques et des tensions commerciales qui pèsent sur les prix de l’énergie, les chaînes logistiques et la demande extérieure. L’économie sri lankaise demeure dépendante des importations pour ses approvisionnements essentiels, en particulier les hydrocarbures et certains produits agricoles. La hausse du tourisme et des services de transport a permis en 2025 de porter l’excédent de la balance des services à 3,7 Mds USD, ce qui compense près de la moitié du déficit commercial. Ce poste devrait se détériorer en 2026 sous l’effet de la baisse des arrivées de touristes.
Des importations en forte hausse après la levée des restrictions et la reprise des achats de véhicules
Les importations de marchandises ont progressé de 14% en 2025 par rapport à 2024, passant de 18,8 à 21,5 Mds USD. Cette hausse s’explique d’abord par la levée complète des restrictions imposées à partir de 2020 pour réduire les tensions sur les réserves de change, en particulier la reprise des importations de véhicules à partir de février 2025, mais aussi par la stabilisation de l’activité et par une roupie sri lankaise qui s’est légèrement appréciée en moyenne annuelle face au dollar (-0,4% du taux LKR/USD entre 2024 et 2025).
La hausse a été particulièrement marquée pour les biens de consommation (+59,2%), qui représentent désormais 25,7% des importations, avec un effet très net de la reprise des achats de véhicules personnels (1,6 Md USD, soit 7,5% des importations). Les biens d’équipement progressent également (+18,6%) et représentent 19% des importations, grâce aux machines et équipements (+6,4%), aux matériaux de construction (+9,7%) et surtout aux équipements de transport (+259%). Les biens intermédiaires restent le premier poste (55,2% des importations) mais sont quasi stables (-0,5%), les importations d’hydrocarbures reculant encore (-7,2%) malgré un poids toujours élevé (18,8% du total), tandis que les textiles et articles textiles diminuent de 3,4% (12,8% du total).
La Chine demeure en 2025 le 1er fournisseur du Sri Lanka devant l’Inde, avec respectivement 24% et 20,4% des importations. Ces deux pays sont suivis par les Emirats arabes unis (7,2%), le Japon (5,2%) et Singapour (4,9%). Les pays de l’UE représentent environ 5,5% des importations sri lankaises et la France reste un fournisseur mineur, au 22e rang, avec 0,7% des importations.
Des exportations en progression mais toujours fortement concentrées
Les exportations sri lankaises ont progressé de 6,3% en 2025, passant de 12,8 à 13,6 Mds USD, mais ne couvrent encore que 63% des importations. Le textile-habillement demeure le premier poste avec 39,1% du total et progresse de 5,0%. Les produits agricoles et agroalimentaires représentent 29,2% des exportations, avec notamment le thé (11,1% du total), les produits de la noix de coco (4,2%) et les épices (3,3%). Parmi les autres exportations significatives figurent les produits pétroliers (7,1%), les produits à base de caoutchouc (6,7%) et les pierres précieuses, diamants et articles de joaillerie (2,9%).
Les Etats-Unis demeurent de loin le premier client du Sri Lanka et absorbent 22,1% de ses exportations. Les pays de l’UE représentent environ 21,5% du total grâce à l’accès facilité au marché européen par le mécanisme « SPG+ ». L’Inde (7,7%), le Royaume-Uni (6,8%), l’Allemagne (5,2%) et l’Italie (5,0%) suivent. La France reste le 10e client mondial du Sri Lanka et absorbe 2,0% de ses exportations.
Un déficit commercial structurel qui s’accentue à nouveau
Le rebond des importations, plus rapide que celui des exportations, conduit à un creusement marqué du déficit commercial, qui passe de 6,1 Mds USD en 2024 à 7,9 Mds USD en 2025 (+30,1%). Il retrouve ainsi un niveau proche de celui de 2019, tout en restant inférieur au pic de 2018 (10,3 Mds USD).
Le Sri Lanka enregistre ses principaux déficits avec la Chine (-4,9 Mds USD), l’Inde (-3,3 Mds USD), les Emirats arabes unis (-1,2 Md USD), le Japon (-0,9 Md USD) et Singapour (-0,9 Md USD). Ses principaux excédents sont réalisés avec les Etats-Unis (+2,5 Mds USD), l’UE (+1,7 Md USD) et le Royaume-Uni (+0,7 Md USD).
Les achats sri lankais à l’étranger pourraient rester soutenus en 2026 sous l’effet de la normalisation des importations de véhicules, du retour progressif de l’investissement et des besoins d’approvisionnement énergétique et agricole. Les incertitudes demeurent toutefois importantes : tensions commerciales américaines, évolution des prix internationaux de l’énergie et des produits alimentaires, perturbations logistiques liées au conflit en Iran et maintien d’une demande extérieure fragile. Ces facteurs plaident pour une poursuite de la diversification de l’économie sri lankaise et de son intégration commerciale, encore limitée malgré les accords de libre-échange conclus avec l’Inde, le Pakistan, Singapour et la Thaïlande, et la participation du pays à plusieurs accords régionaux. Le Sri Lanka a ainsi conclu des accords de libre-échange avec neuf partenaires seulement alors que le Vietnam l’a fait avec 54 économies.
Une balance des services excédentaire soutenue par le tourisme et les transports
En 2025, la balance des services a affiché un excédent de 3,7 Mds USD, en hausse de 7,9% par rapport à 2024, couvrant environ 47% du déficit commercial. Cette progression s’explique par la bonne tenue des exportations de services de transport, notamment maritimes, et de tourisme. Le Sri Lanka a accueilli 2,36 millions de visiteurs étrangers en 2025 (+15,1% par rapport à 2024), dépassant légèrement le niveau record de 2018. Les principaux pays d’origine sont l’Inde (22,5%), le Royaume-Uni (9,0%), la Russie (7,9%), l’Allemagne (6,3%), la Chine (5,6%), l’Australie (4,6%) et la France (4,6%). Ce chiffre devrait se dégrader en 2026 sous l’effet de la baisse des arrivées de touristes. Les recettes touristiques ont ainsi reculé à 954 MUSD au premier trimestre 2026, contre 1 122,3 MUSD un an plus tôt, soit une baisse de 15%, malgré un nombre d’arrivées touristiques encore relativement élevé sur janvier-avril (876 277, en baisse de 2,3% par rapport à 2025).
Les échanges économiques entre la France et le Sri Lanka restent modestes mais structurellement déficitaires pour la France. Les échanges bilatéraux de marchandises ont atteint 556 MEUR en 2025 (+3,3%), avec 85 MEUR d’exportations françaises (-14,5%) et 470 MEUR d’importations françaises en provenance du Sri Lanka (+7,4%), portant le déficit bilatéral à 385 MEUR. Les échanges de services entre le Sri Lanka et la France ont atteint 328 MEUR en 2024, dont 98 MEUR d’exportations françaises et 230 MEUR d’importations, essentiellement dans le tourisme.