La relation économique bilatérale entre la France et le Liban

Les échanges commerciaux entre la France et le Liban ont connu en 2020 une nouvelle baisse, dans le prolongement de l’année 2019, qui s’explique à la fois par une tendance structurelle à la baisse depuis 2012-2013 mais surtout par des facteurs conjoncturels (aggravation de la crise économique et financière et impact de la crise sanitaire).  Les exportations françaises vers le Liban se sont élevées à 381 M€ (en diminution de 32% par rapport à 2019) tandis que les importations françaises en provenance du Liban diminuent encore et s’établissent à 42 M€ (contre 61 M€ en 2019 ; soit -31% sur un an). Le solde commercial reste malgré tout excédentaire en faveur de la France et atteint 339 M€ en 2020.

Les chiffres disponibles sur l'année 2021 (jusqu'à la fin du mois de mars) montrent une reprise des échanges bilatéraux, à la fois des exportations françaises vers le Liban et des importations de produits libanais en France. Il restera à voir si cette dynamique se confirme sur le reste de l'année. 

Les exportations françaises vers le Liban sont en baisse

Les exportations françaises à destination du Liban ont atteint 381 M€ en 2020. C’est une diminution de 179 M€ (-32%) par rapport à 2019 et de 367 M€ (-49%) par rapport à 2018. Sur le moyen-terme, cette baisse atteint 72% par rapport à 2012 (année la plus haute dans la relation bilatérale commerciale où les exportations avaient atteint 1,35 Md€). Cette diminution des exportations françaises s’explique par plusieurs facteurs :

  • La diminution des exportations et de l’excédent commercial français à partir de 2012 et surtout 2016 s’explique, en partie, par la décision de Total Liban de ne plus s’approvisionner depuis la raffinerie de la Mède (mais depuis la Grèce et l’Italie). Les exportations de produits pétroliers ont ainsi été ramenés de presque 590 M€ en 2012 (44% des exportations) à 12M€ (2% des exportations françaises) en 2019 et à 3,7 M€ en 2020 (moins de 1%).  Cette diminution de 586 M€ du poste « produits pétroliers » représente 60% de la diminution des exportations françaises totales entre 2012 (1,354 Md€) et 2020 (381 M€).
  • Ces dernières années, la diminution de nos exportations totales provient aussi de la baisse tendancielle et régulière de l’ensemble de nos postes d’exportations hors hydrocarbures. La tendance s’est accentuée ces deux dernières années sous l’effet de l’accentuation de la crise économique et financière (l’économie libanaise est entrée en récession dès 2018 réduisant fortement la demande intérieure) qui s’est accélérée à partir de la fin de l’été 2019. A l’exception du secteur des produits pharmaceutiques (qui est resté stable à 92 M€ en 2019 et en 2020), et du matériel de transports (augmentation de 454% pour s’établir à 71 M€), respectivement nos 1er et 2ème postes d’exportation, tous les autres principaux secteurs ont connu une diminution comprise entre 8% et 100%.
  • La structure des exportations, sous l’effet de la crise, se transforme. Si celle-ci était diversifiée jusqu’en 2019 puisqu’aucun secteur ne concentrait plus de 20% du total des exportations françaises vers le Liban, celle-ci se concentre désormais autour de catégories plus spécifiques.

Le secteur des produits pharmaceutiques représente près d’un quart (24%) de nos exportations (92,3 M€). Suivent le secteur des transports (71 M€), les produits chimiques parfums et cosmétiques (45 M€) et les produits des industries agroalimentaires (42 M€).

En termes de part de marché, l’évolution est peu sensible entre 2019 et 2020 et la France confirme être un partenaire commercial de second rang avec environ 2,5% de part de marché.

Les importations françaises en provenance du Liban sont également en baisse.

Le Liban est en situation de déficit commercial chronique pour de nombreuses raisons, notamment parce que son secteur productif reste peu développé. Ainsi, le pays exporte peu et les importations françaises en provenance du Liban ont toujours été faibles. Après avoir atteint un plus haut historique en 2019 (61 M€ contre 54 M€ en 2018), elles se sont établies à 42 M€ en 2020 (légèrement inférieures à la moyenne de 45 M€ des dix dernières années), soit en baisse de 31,1% sur un an.

La structure des importations est également relativement stable au cours des dernières années.

Deux secteurs représentent plus de 60% des exportations du Liban vers la France : les équipements mécaniques, matériel électrique (14,5 M€ soit 35% du total) et les produits des industries agroalimentaires (11 M€, 26%).

L’évolution de la situation économique et financière libanaise pourrait peser sur le volume de nos importations en provenance du Liban. Les exportations libanaises sont relativement moins exposées à la conjoncture. Elles bénéficient d’un regain de compétitivité-prix lié à la dépréciation et du soutien des autorités libanaises qui souhaitent les développer comme substitut à la demande intérieure et comme source de financement externe. Mais elles souffriront de la dégradation de l’environnement économique et du climat des affaires (en particulier l’approvisionnement des matières premières qui pénalisent l’industrie locale qui a difficilement accès aux devises étrangères pour financer ses achats).

 

L’excédent commercial a été divisé par deux en deux ans.

 

Annoncé dès 2018, l’intensification de la crise économique et financière à laquelle est venue se rajouter la crise sanitaire en 2020 à des conséquences directes sur le volume des échanges commerciaux entre la France et le Liban.

Dans ce contexte, notre excédent continue de diminuer et a été divisé par deux en deux ans. Il a ainsi été ramené de 694 M€ en 2018 à 499 M€ en 2019 et à 339 M€ en 2020.

 

Les chiffres du premier trimestre 2021 montent une hausse des échanges commerciaux bilatéraux.  

 

S’agissant de l’année 2021, les derniers chiffres disponibles (T1 2021) font état d’une hausse du niveau des échanges par rapport au T1 2020. En effet, à fin mars 2021, les exportations françaises vers le Liban ont atteint 103 M€, contre 79 M€ sur la même période en 2020, soit une hausse de 30% en g.a. Les importations depuis le Liban ont atteint 8 M€ sur les trois premiers mois de l’année 2021, contre 5 M€ sur la même période en 2020, soit une hausse de 60% en g.a. Le solde commercial est donc de 95 M€ en faveur de la France, soit une hausse de 22% par rapport à son niveau au T1 2020.  Dans le détail, les principaux postes d’exportations ont été les produits pharmaceutiques avec 29,5 M€ (28,7%), les produits pétroliers avec 13 M€ (12,6%) et les produits cosmétiques avec 7 M€ (6,7%). S’agissant des importations, le principale poste est celui des produits pharmaceutiques avec 2,6 M€, soit 32% du total des importations depuis le Liban.

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