Relations économiques franco-libanaises

1/ En dépit de la crise, les échanges franco-libanais se maintiennent à un niveau non-négligeable.

Malgré une baisse prononcée de nos exportations, le Liban demeure notre 31ème excédent bilatéral. Les exportations françaises de biens vers le Liban se sont élevées à 317 M€ en 2021. Elles sont principalement composées de produits pharmaceutiques (20%), produits chimiques, parfums et cosmétiques (15%), équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (14%) et produits agroalimentaires (13%). En baisse tendancielle dans le contexte de la crise libanaise (-61,5% par rapport à 2018), nos exportations semblent se redresser sur les 8 premiers mois de 2022 (+11,4%), dans le contexte de la reprise globale des importations libanaises. Traditionnellement peu élevées (48 M€ en moyenne sur 2011-2021), nos importations depuis le Liban se sont élevées à 51 M€ en 2021. Elles sont principalement composées d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (36%), de produits agroalimentaires (28%) et de produits manufacturés divers (14%). Ainsi, notre solde bilatéral restait excédentaire en 2021, à hauteur de 267 M€, un niveau certes peu élevé au regard du commerce extérieur français mais non-négligeable pour un pays de la taille du Liban.

La part de marché française s’élève à 2,5%. D’après les douanes libanaises, la France se situe au 10ème rang des fournisseurs du Liban, derrière la Turquie (11%), la Grèce (9,9%), la Chine (9,2%), les Etats-Unis (5,6%), les Emirats arabes unis (5,5%), l’Italie (4,7%), l’Allemagne (4,5%), la Russie (4,4%) et l’Egypte (2,6%). La part de marché française, dont la baisse (2,5% en 2021 contre 7,2% en 2013, soit le 4ème rang) peut certes s’expliquer en partie par l’avantage comparatif des pays voisins, a toutefois le potentiel d’atteindre un niveau supérieur.

2/ Les IDE libanais en France sont supérieurs aux IDE français au Liban.

Les IDE français au Liban semblent se maintenir en dépit de la crise. Le stock s’élevait à 707 M€ fin 2021 et la crise ne semble pas se traduire par des désinvestissements marqués (flux positifs de +38 M€ en 2020 et +188 M€ en 2021). Ces chiffres sont toutefois difficiles à interpréter pour des raisons méthodologiques (la Banque de France comptabilise les opérations financières intragroupes et les investissements dans l’immobilier).

Le stock d’IDE libanais en France s’élevait à 1,5 Md€ fin 2021 selon la méthodologie de l’investisseur ultime (6 Md€ selon la méthodologie du pays d’origine immédiate). L’année 2020 s’est traduite par des flux élevés (+1,2 Md€), contrairement à 2021 (+59 M€). La différence de montant entre les deux méthodologies pourrait suggérer que le Liban conserve un rôle de hub financier pour sa diaspora.

3/ La présence économique française s’accroît, en particulier avec les projets de CMA-CGM et TotalEnergies.

Une vingtaine d’entreprises françaises sont implantées au Liban. Deux groupes ont une empreinte importante dans l’économie libanaise : (i) CMA-CGM (futur 1er employeur du pays avec la concession des terminaux à conteneurs des ports de Beyrouth et Tripoli, un port sec dans la Bekaa et un centre de services partagés) ; (ii) TotalEnergies (leader de la distribution de carburant et détenteur des licences d’exploration de deux blocs gaziers). D’autres entreprises ont une présence historique : Saint-Gobain (usine de produits pour le BTP), Nexans (usine de câbles), Air France (partenariat historique avec la compagnie libanaise MEA, et une liaison quotidienne Beyrouth-Paris), EDF (rôle de conseil historique auprès d’Electricité du Liban), AXA (4ème assureur du pays avant la crise), Sanofi (importateur de médicaments).

La communauté d’affaires française reste dynamique. Le Comité CCEF, composé de 13 membres, se réunit sur un rythme mensuel. Deux chambres de commerce sont également actives : (i) la CCI France-Liban (ex-MEREF) basée à Beyrouth ; (ii) la chambre de commerce franco-libanaise (CCFL) basée à Paris. Par ailleurs, une French Tech Beyrouth a été labellisée en 2021. Business France a fermé son bureau en 2018 et deux prestataires ont été homologués pour conseiller les PME à l’export : la CCI France-Liban et le cabinet d’intelligence économique MASRI.

 

Annexe 1 : Evolution des exportations françaises de biens vers le Liban (M€).

Exports

Source : douanes françaises

Annexe 2 : Evolution des IDE croisés (Md€).

IDE

Source : Banque de France

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