Cadrage général

Le Liban compte une population de 6,1 millions d’habitants (dont un peu plus de 900 000 réfugiés syriens officiellement enregistrés auprès du HCR au début de l'année 2020) et enregistrait un PIB nominal de 56,7 Mds$ en 2018, d'après les revues du FMI. Le pays traverse une crise économique et financière depuis mi 2019.

Après avoir atteint environ 8% par an en moyenne de 2008 à 2011 et un peu moins de 2% en moyenne entre 2012 et 2017, la croissance en volume du PIB aurait au mieux été nulle en 2018 alors que la récession estimée pour l’année 2019 se situerait entre -5 et -9% du PIB. Les perspectives pour 2020 sont similaires aux performances de 2019. Dans le même temps, le poids relatif de la dette publique par rapport au PIB continue d’augmenter (92 Mds$ fin décembre 2019, soit plus de 160% du PIB), le montant du déficit public reste à un niveau élevé (autour de 10% du PIB en 2019, après 11,1% en 2018) ou, plus encore, celui du déficit courant (25% du PIB en 2019) reste l’un des plus élevés au monde. Le Liban demeure également tributaire de l’environnement régional, notamment de la crise syrienne dont il continu de subir les conséquences, directes et indirectes.

Sur le plan politique, suite au déclenchement du mouvement de  contestation sociale et  politique 17 octobre, le Premier Ministre Saad Hariri a présenté sa démission le 29 octobre 2019. Hassan Diab lui succède à la fin de l’année 2019 et forme un gouvernement de 20 ministres au profil de « techniciens ». Il obtient le vote de confiance du Parlement le 11 février 2020.

Cette nouvelle équipe fait face à une situation économique et financière très dégradée. Outre l’accélération de la récession depuis la fin de l’année 2019, le pays fait face à la raréfaction des devises qui alimente les tensions sur le marché parallèle des changes, ce qui entraine une poussée de l’inflation (supérieure à 10% en ce début d’année 2020) mais surtout ce qui pénalise le financement des importations. Le secteur privé se retrouve particulièrement affecté puisque ce sont près de 220 000 emplois (sur les 800 000 existants) qui ont été détruits ou suspendus depuis le mois d’octobre dernier. Enfin, le système bancaire reste fragilisé et les opérations de retrait de liquidité en devises étrangères sont très strictes et limitées alors que les transferts à l’étranger demeurent quasiment impossibles.

Dans ce contexte, les Autorités ont présenté début février leur déclaration ministérielle, première étape de leur plan d’action pour répondre aux défis de la situation actuelle à très court (100 jours) et moyen terme (1 à 3 ans) à travers la mise en œuvre de réformes et mesures structurelles. Des actions très attendues par la société civile, les milieux d’affaires mais aussi la Communauté Internationale très mobilisée. Le Groupe International de Soutien (GIS) pour le Liban a plusieurs fois indiqué être prêt à apporter toute son aide et expertise technique pour accompagner le Liban dans son programme de redressement, notamment sur les questions prioritaires  aujourd’hui posées de restructuration de la dette, de valeur de la livre ou encore de mise en place d’un contrôle formel des changes. Des réformes et mesures tangibles et visibles sont également attendus notamment dans le secteur stratégique de l’électricité.  Le Gouvernement s’est entouré d’experts  juridiques et financiers pour étudier la  question de la restructuration de la dette du pays.

Dans ce cadre, la conférence CEDRE (organisée au début du mois d’avril 2018), reste une feuille de route valable et d’actualité. Considérée comme un « contrat de confiance » entre le Gouvernement libanais (qui s’est engagé à mettre en place les réformes nécessaires pour redresser une situation économique et financière qui est plus que délicate) et la communauté internationale (qui est prête à mobiliser 11 Mds$ pour moderniser les infrastructures), la CEDRE tarde à être mise en œuvre faute d’avancées concrètes dans les domaines des réformes.     

Le volume des échanges bilatéraux a atteint 621 M€ en 2019 (contre 802 M€ en 2018). Les exportations françaises vers le Liban ont été ramenées de 748 M€ en 2018 à 560 M€ en 2019 alors que les importations françaises à partir du Liban ont atteint 61 M€ en 2019 (contre 54M€ en 2018). La France est le huitième fournisseur du Liban (3,8% de parts de marché) et son quatorzième client. Une centaine d’entreprises françaises sont établies au Liban dans des secteurs variés, tels que l’agro-alimentaire, les télécommunications et les services financiers. Plus de 4 700 entreprises françaises ont exporté au Liban en 2018.

Principaux indicateurs en 2019

Superficie

10 452 km²

Population

6,1 millions (dont 1,2 millions de réfugiés)

Nature du régime

République parlementaire

Chef de l'Etat

M. Michel Aoun (depuis le 31 octobre 2016;reconduit le 1er février 2019)

Président du Conseil des Ministres

M. Hassan Diab (depuis  le 11 février 2020)

Président du Parlement

M. Nabih Berry (depuis 1992)

PIB nominal

56,7 Mds$ (2018)

Croissance en volume du PIB

-5 à -9%

Inflation moyenne

+3%

Composition du PIB par secteur (2017):

- Agriculture:

- Industrie:

-Services

 

4%

17%

79%

Solde budgétaire (en % du PIB)

-9%

Dette publique (en % du PIB)

160%

Solde de la balance commerciale (en % du PIB)

-28%

Solde de la balance courante (en % du PIB)

-25%

Avoirs bruts en devises de la Banque Centrale

36 Mds$

 

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