Le commerce bilatéral entre la France et Kazakhstan

Bilan du commerce bilatéral en 2025 : la progression de nos importations a creusé notre déficit commercial

Nos échanges bilatéraux repartent à la hausse en 2025 (+8,9 %) pour retrouver leur niveau de 2022. Cette hausse s’explique par le dynamisme de nos importations (+16,1 %, soit 4,16 Md EUR), principalement dû à la hausse des volumes d’hydrocarbures importés et, dans une moindre mesure, de celle des minerais. À l’inverse, nos exportations affichent un net recul (-11,8 %, pour atteindre 1,10 Md EUR). Cet effet de ciseaux vient creuser notre déficit commercial (3,10 Md EUR), structurel en raison du profil de nos échanges avec le Kazakhstan, qui restent dominés par les hydrocarbures naturels (87 % de nos importations, tandis que nos exportations présentent un profil diversifié).

Les échanges commerciaux entre la France et le Kazakhstan progressent en 2025, tirés par des importations en hausse

La valeur des échanges commerciaux entre la France et le Kazakhstan augmente nettement en 2025, au détriment de notre balance commerciale. Après une stabilisation des échanges bilatéraux en 2024 (+2,3 % par rapport à 2023), l’année 2025 marque un regain de dynamisme pour les échanges entre nos deux pays (+8,9 %), qui atteignent 5,26 Md EUR. Ce volume commercial dépasse même le niveau des échanges de 2022 (5,25 Md EUR), favorisé à l’époque par la hausse du coût des matières premières après le déclenchement de la guerre en Ukraine, en particulier le pétrole et l’uranium dont la Russie est un grand producteur. La valeur des échanges franco-kazakhstanais dépasse, en 2025, de 46,5 % leur niveau d’avant crise sanitaire (3,59 Md EUR en 2019).

Notre déficit commercial, structurel vis-à-vis du Kazakhstan, s’aggrave en raison d’un « effet ciseaux » défavorable. Tandis que nos exportations vers le Kazakhstan se réduisent significativement (elles passent de 1,25 Md EUR à 1,10 Md EUR, soit -11,8 %), nos importations croissent de manière inédite depuis 2022 (+16,1 %, atteignant 4,16 Md EUR). Le déficit commercial suit ainsi la même dynamique (de -2,33 Md EUR en 2024 à -3,10 Md EUR en 2025).

La baisse des exportations françaises se traduit par une diminution de nos parts de marché. En 2025, les exportations françaises vers le Kazakhstan ont représenté 2,4 % de l’ensemble des importations kazakhstanaises, soit 0,7 point de moins qu’en 2024. La France se classe toutefois sixième fournisseur du Kazakhstan, derrière la Russie (29,7 %), laquelle est talonnée par la Chine (29,2 %) ; suivent l’Allemagne (4,8 %), la Corée du Sud (3,5 %) et les Etats-Unis (3,3 %).

La France absorbe 4,2 % du total des exportations kazkhstanaises (-0,3 point). Par rapport à l’année précédente, elle perd deux places pour se classer septième client du Kazakhstan, désormais dépassée par la Turquie (5e, 4,9 %) et l’Ouzbékistan (6e, 4,5 %). Elle est toujours largement devancée par l’Italie (19,8 %), grand importateur de pétrole brut, la Chine (19,2 %), la Russie (10,3 %) et les Pays-Bas (7,6 %). La Chine demeure le premier partenaire commercial bilatéral du Kazakhstan, devant la Russie.

Le Kazakhstan absorbe toujours l’essentiel de nos échanges avec l’Asie centrale. La valeur des échanges commerciaux entre la France et les cinq pays d’Asie centrale augmente entre 2024 et 2025, atteignant un niveau inédit de 6,48 Md EUR (+14,5 %). La part du Kazakhstan dans les échanges bilatéraux entre la France et l’Asie centrale diminue, passant de 85,4 % en 2024 à 81,2 % en 2025. Cette dynamique s’explique par l’intensification des échanges avec l’Ouzbékistan (2e, 11,2 %), le Tadjikistan (3e, 3,3 %) et le Turkménistan (4e, 2,6 %). Le Kirghizstan est le 5e partenaire commercial de la France dans la région, avec 1,7 % des échanges.

Les importations françaises depuis le Kazakhstan se structurent toujours autour des hydrocarbures

Les importations françaises depuis le Kazakhstan (4,16 Md EUR) sont toujours dominées par les hydrocarbures (3,62 Md EUR soit 87 %, en recul d’1,2 point). Le reste des importations est constitué des métaux non ferreux (444 M EUR, 10,7 %), dont l’uranium, et de produits chimiques de base (57 M EUR, 1,4 %).

Les importations d’hydrocarbures augmentent de 14,6 % en 2025 (+462 M EUR) après deux années de baisse consécutives (-18,6 % en 2023 et -4,4 % en 2024), et ce malgré un maintien du prix du baril en dessous de 70 USD, contre un prix moyen de 87 USD en 2024 : cette hausse n’est donc pas explicable par la variation des cours. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le Kazakhstan s’est imposé comme un partenaire sûr, devenant 2e fournisseur de pétrole brut de la France en 2024 (5,31 M de tonnes, soit 12,1 % de nos importations), devant le Nigéria et l’Algérie, mais après les Etats-Unis.

Les importations de métaux non ferreux, dont fait partie l’uranium, bondissent de 39 % (passant de 319 M EUR en 2024 à 444 M EUR en 2025). Ce poste est en constante progression depuis 2021, avec une multiplication des importations par 3,7 par rapport à la période avant-COVID (119 M EUR en 2019).

Les autres importations restent marginales, malgré une volonté de diversifier les échanges. Les importations de produits chimiques, engrais et plastiques progressent de 6,8 % (passant de 53 M EUR en 2024 à 57 M EUR en 2025), tandis que les importations de denrées agricoles retournent à leur niveau de 2023, à 5 M EUR, après avoir été multipliées par 3 entre 2023 et 2024 (passant de 6 M EUR à 16 M EUR). Ce poste représente moins de 0,2 % des biens et services importés depuis le Kazakhstan en 2025.

Les exportations vers le Kazakhstan reviennent à leur niveau de 2023, marquées par le recul des exportations dans l’aéronautique

Les exportations françaises vers le Kazakhstan (1,10 Md EUR) apparaissent comme beaucoup plus diversifiées, bien que toujours majoritairement composées de matériel de transport. Les exportations de l’industrie aéronautique et spatiale, qui représentent un tiers du total, accusent une baisse de 18,7 % (passant de 456 M EUR en 2024 à 371 M EUR en 2025), sans pour autant revenir à leur niveau de 2023 (305 M EUR), après une année 2024 exceptionnelle. Ce poste explique à lui seul la moitié de la baisse des exportations en 2025. Les ventes de matériel ferroviaire roulant baissent également en valeur, passant de 55 M EUR en 2024 à 42 M EUR en 2025 (soit -24 %).

Les produits cosmétiques se placent en 2e position des biens exportés en valeur avec 93 M EUR (8,4 % du total), tandis que les produits pharmaceutiques représentent 8 % des exportations avec 88 M EUR en 2025. Ces deux postent connaissent une progression respective de 16,4 % et 4,1 % en 2025. Les exportations de savon ont connu un bond depuis 2022, étant multipliées par plus de 6 en valeur.

Les exportations d’équipements électriques divers et celles de machines d’usage général baissent de manière prononcée, avec respectivement 68 M EUR (-29,3 %) et 62 M EUR (-26,6 %) en 2025. Après avoir fortement progressé au cours des deux premières années de la guerre en Ukraine, elles sont orientées à la baisse depuis 2024, ce qui pourrait suggérer un essoufflement de certains circuits de contournement des sanctions visant la Russie. Le reste des exportations est composé de métaux, de produits alimentaires, de véhicules et d’équipements automobiles, ce dernier poste affichant une dynamique très marquée en 2025 (+12 M EUR ; soit +118,4 %).

 

La baisse de nos exportations en 2025 doit être relativisée, plusieurs secteurs d’export retrouvant simplement leur niveau de 2023, après une année 2024 exceptionnellement dynamique, en particulier dans l’aéronautique et le ferroviaire. La signature d’accords bilatéraux en 2025 pourrait ouvrir la voie à une dynamique renouvelée.

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