Le commerce extérieur du Kazakhstan en 2020

Les exportations kazakhstanaises sont toujours largement dominées par les produits des industries extractives et plus particulièrement le pétrole brut, qui a néanmoins souffert de la faiblesse des cours en 2020 (42 USD le baril en moyenne). La composition des importations évolue peu, celles-ci restant majoritairement constituées de biens d’équipement et de biens intermédiaires. Concernant les partenaires clés, l’Union européenne maintient sa position de principal client tandis que la Russie demeure le premier fournisseur du pays. La Chine s’affirme comme le 2ème partenaire du Kazakhstan, (1er client et 2ème fournisseur).

I. Un net ralentissement des échanges commerciaux face aux faibles prix du baril

Export

Excédent

Sur l’ensemble de l’année 2020, le commerce extérieur du Kazakhstan représentait, pour les biens, 85 Mds USD dont 46,9 Mds USD d’exportations et 38,1 Mds USD d’importations. Dans un contexte de prix moyen du baril de pétrole en forte baisse en 2020, proche des niveaux constatés en 2014, les échanges commerciaux du Kazakhstan sont donc naturellement en baisse. Les exportations diminuent de -18,7% (-5,4% en 2019), tandis que les importations diminuent de -0,78% (+18,2% en 2019). Avec 8,8 Mds USD soit 5,4% du PIB, l’excédent commercial se réduit très fortement par rapport à 2019, pour la deuxième année de suite, où il avait atteint 19,3 Mds USD et représentait alors 10,6% du PIB.

II. Des exportations dominées par les matières premières et des importations par les biens d’équipement.

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Peu diversifiées, les exportations kazakhstanaises sont constituées à 58,2% de produits énergétiques et surtout de pétrole brut qui représente à lui seul environ 50,5% des exportations du pays. Au total en 2020, le Kazakhstan aurait extrait 85,7 Mt de pétrole et condensat de gaz (-4,8% par rapport à 2019). Près de 80% de cette production est destinée à l’exportation, soit 68,5 Mt pour un montant de 23,7 Mds USD, en baisse de -29,4% en valeur par rapport à 2019. Selon le rapport BP de 2020, le Kazakhstan était le 13ème producteur mondial de pétrole en 2019 (2,0% du total de la production mondiale en 2019 et 1,7% des réserves mondiales prouvées). On notera que la baisse de la production est principalement due à des mesures prises dans le cadre de l’OPEC+.

Selon la même source, le Kazakhstan produit également 0,6% du gaz naturel et 1,2% du charbon au niveau mondial en 2019. Le Ministère kazakhstanais de l’Énergie a annoncé une diminution de la production totale de de gaz, qui aurait atteint 55,2 milliards de mètres cubes en 2020 (-2,1% par rapport à 2019), dont 27,9 Mds m3 commercialisable (-15,7%). Les exportations se sont élevées à près de 10,7 Mds m3 soit 2,5 Mds USD en 2020 (-34,8% en volume, -28,7% en valeur). Cette baisse ponctuelle due à la crise n’efface pas la tendance à la hausse des dernières années, qui s’explique principalement par une forte hausse des livraisons vers la Chine. En 2018, KazMunayGas (KMG, compagnie pétro-gazière nationale) et son partenaire chinois CNPC sont convenus de porter le volume de gaz kazakhstanais exporté vers la Chine à 10 Mds de m3 par an. En 2019, ce volume était de 7,5 Mds m3 par an, en hausse de 400% par rapport à 2017.

En ce qui concerne le charbon, la production a atteint 109,2 millions de tonnes (-1,7% en volume) en 2020. 53,9% de cette production a alimenté le complexe énergétique national tandis que 26,8% a été exporté (le reliquat constituant la consommation des ménages et des entreprises).

Enfin, le Kazakhstan demeurait en 2020 le premier producteur mondial d’uranium avec près de 40% de la production mondiale (6% pour le seul gisement de Tortkuduk et Muyunkum), une production destinée à l’exportation. Le volume a atteint 19 477 tonnes en 2020 (en baisse de -14,6%, à cause des restrictions dues à la pandémie mais avec un prix du spot en forte hausse). L’uranium est surtout exporté vers la Chine (plus de 50% du total) et dans une moindre mesure vers le Canada, la Russie et la France.

En 2020, les autres principaux postes d’exportation du Kazakhstan étaient, dans cet ordre : les métaux et produits métalliques (24,2%), les produits agroalimentaires (6,7%) et les produits chimiques (5,1%). 

Le poids des hydrocarbures dans les exportations a considérablement baissé en 2020 : leur part dans le total est d’environ 58,2%. En incluant la métallurgie, les produits des industries extractives représentent plus de 80% des exportations du pays.

En 2020, la structure des importations était une nouvelle fois très proche de celle des années précédentes, se composant à 42,24% de machines industrielles et matériels de transport (44,1% en 2019), 11,2% de métaux et produits métalliques (11,7% en 2019) et 7,8% de produits agroalimentaires (9,2% en 2019), pour l’essentiel.

III. L’Union Européenne, premier débouché pour le Kazakhstan

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L’Union européenne (UE) a certes maintenu sa position de premier partenaire commercial de Nour-Soultan en 2020, mais l’écart se resserre peu à peu avec l’Asie qui devient un client de plus en plus important. Á noter qu’en 2020, la part de l’UE est biaisée par la forte baisse des prix du baril, alors que les 27 sont destinataires de plus de 65% du pétrole kazakhstanais exporté.

L’UE était à l’issue de l’année 2020 toujours le premier débouché du Kazakhstan avec 37,6% (17,7 Mds USD) des exportations kazakhstanaises (contre 42% et 24,2 Mds USD en 2019). Son poids relatif est cependant au plus bas depuis 2004, au contraire de l’Asie qui absorbe maintenant plus d’un tiers des exportations kazakhstanaises (36,1% en 2020, en hausse constante depuis 2015).

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Au sein de l’UE, les trois premiers clients du Kazakhstan sont toujours l’Italie (premier client du Kazakhstan avec 14,2% des exportations du pays, soit -0,3 points de pourcentage – pp – de moins qu’en 2019), suivie des Pays-Bas (6,7% et -0,9 pp de moins qu’en 2019) et de la France (4%, -2,3 pp de moins qu’en 2019). L’Italie achète 40,7% du pétrole brut kazakhstanais exporté, les Pays-Bas 18%, la France 10%[1].

La Grèce est également un pays importateur significatif pour le Kazakhstan avec 8% des exportations kazakhstanaises. Enfin, la Roumanie absorbe environ 7,2% des exportations kazakhstanaises.

Après 2019, les pays d’Asie ont encore renforcé leur position de 2ème marché de destination des produits kazakhstanais en 2020 (36,1% des exportations kazakhstanaises, soit +3,9 pp en plus).

En 2020, la Chine est devenue le premier pays importateur de produits kazakhstanais devant l’Italie, en augmentant sensiblement son poids dans les exportations kazakhstanaises (19,2% des exportations kazakhstanaises soit +5,6 pp de plus qu’en 2019), tandis que la Turquie est maintenant le deuxième importateur de la zone (4,5% des exportations kazakhstanaises, soit +0,5 pp de plus qu’en 2019). L’Inde et la Corée du Sud suivent, absorbant respectivement 4,2% et 2,1% des exportations kazakhstanaises.

La Communauté des Etats indépendants (CEI) maintient sa 3ème place en 2020 et continue de progresser avec 18,3% des exportations kazakhstanaises, soit +2,3 pp de plus qu’en 2019.

La part de marché des pays membres de l’Union économique eurasiatique (UEE) est également en hausse (11,8% des exportations kazakhstanaises, soit +0,9 pp de plus qu’en 2019) et reste nettement dominée par la Russie, 3ème importateur de produits kazakhstanais (10,4% des exportations kazakhstanaises, soit 0,7 pp de plus qu’en 2019). Les pays de la CEI hors UEE absorbent 6,5% des exportations kazakhstanaises (-0,3 pp).

Les pays d’Europe hors UE représentent quant à eux 5,6% des exportations kazakhstanaises, en hausse de +0,1 pp par rapport à 2019, avec presque exclusivement la Suisse qui absorbe 3,2% des exportations kazakhstanaises (en recul de -1,4 pp). La Suisse achète environ 5,4% du pétrole brut kazakhstanais exporté.

Enfin, la part du continent américain dans les exportations kazakhstanaises reste modeste. Elle atteint 1,8% en 2020, soit une baisse de -0,4 pp par rapport à 2019. Le principal partenaire de Nour-Soultan sur le continent américain sont les États-Unis (1,1% ; -0,5 pp).

IV. La Russie, fournisseur incontournable du Kazakhstan.

Russie

La répartition géographique des importations kazakhstanaises se distingue par l’importance de la Russie.

La CEI représentait 39,8% des importations kazakhstanaises en 2020, soit un recul de -4,7 pp en deux ans. Au sein de cette zone, les pays membres de l’UEEA dominent, avec 37,3% des importations kazakhstanaises (-1,8 pp). Ce chiffre traduit surtout en réalité une position de force de la Russie, celle-ci détenant 34,9% des parts de marché (pdm) au Kazakhstan (-1,8 pp). A noter également la présence bien ancrée de la Biélorussie au cours de ces dernières années (pdm de 1,7%, stable). De même, l’Ouzbékistan, pays en cours d’ouverture économique depuis 2016, est présent dans le top 10 des fournisseurs du Kazakhstan (pdm de 2% en 2020, stable).

Prise dans son ensemble, l’UE est dépassée par la Chine pour la seconde fois depuis 2012 et est le 3ème fournisseur du Kazakhstan en 2020, avec une pdm de 15,3% soit -0,5 pp de moins qu’en 2019. Parmi les pays de membres de l’UE fournisseurs du Kazakhstan, l’Allemagne arrive en tête avec 4,7% des importations kazakhstanaises (+1 pp) dépassant l’Italie qui recule à 2,4% de pdm (-1,3 pp) et de la France avec 2,2% (+0,4 pp).

En 2020, la part de marché de la Chine a atteignait 16,7% (-0,3 pp).

Bien que limitée, la place de l’Amérique est bien plus importante en tant que fournisseur du Kazakhstan qu’en tant que client avec 3,7% de part de marché, en baisse de -0,9 pp par rapport à 2019. Le principal fournisseur de cette zone sont les Etats-Unis avec 3% des importations kazakhstanaises en 2020, soit une part de marché en baisse de -0,5 pp par rapport à 2019. Le Canada arrive très loin derrière (0,3% de pdm).

Les pays d’Europe hors UE et l’Afrique ne représentent qu’une part infime des importations kazakhstanaises, avec des parts de marché de 2,4% et 0,6% respectivement.

L’analyse de la structure géographique de la balance commerciale met en évidence le caractère stratégique, pour le Kazakhstan, des relations commerciales aussi bien avec l’Union européenne (comme client) qu’avec la Russie (comme fournisseur). En effet, la Russie représente à elle seule près de 34,9% des importations kazakhstanaises tandis que l’Union européenne fournit au Kazakhstan l’essentiel de ses revenus commerciaux en absorbant certaines années la moitié des exportations kazakhstanaises, avec un solde des échanges très favorable au Kazakhstan qui réalise un excédent commercial dans ses échanges avec l’UE quasiment égal à son excédent commercial total.

Le poids de l’UE parmi les clients du Kazakhstan s’est cependant fortement réduit (au plus bas depuis plus d’une décennie) dans le contexte de baisse des cours du pétrole en 2020, celui-ci occupant une place primordiale dans les exportations vers l’UE. Enfin, à la fois fournisseur et client important, la Chine progresse et s’affirme comme 2ème partenaire commercial du Kazakhstan.


[1] Ces trois pays voient leurs majors pétroliers impliqués dans l’exploitation des principaux gisements kazakhstanais et sont aussi dotés de terminaux pétroliers qui en font des portes d’entrée du pétrole kazakhstanais en Europe.

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