Relations économiques bilatérales

Relations économiques bilatérales

  

La France dispose, depuis 2011, d’un excédent commercial avec la Corée qui a atteint 1,1 Md EUR en 2019, alors que les exportations françaises augmentaient de 19,8 % et les importations en provenance de Corée de 7,3 %. Ces échanges ont fortement chuté durant les 9 premiers mois de 2020 en raison de la crise, les exportations baissant de 16,1 % et les importations de 9,5 %. La relation d’investissements croisés, traditionnellement déséquilibrée, a vu en 2019 une forte augmentation de l’investissement coréen en France, porté par l’immobilier commercial.           

Le commerce franco-coréen a atteint un nouveau record en 2019 avant une forte contraction en 2020 liée à la crise économique

 

Les exportations vers la Corée rebondissent de 20 % et atteignent un pic à 5,2 Mds EUR en 2019

Après une baisse de 13,8 % en 2018, les exportations françaises à destination de la Corée ont connu un rebond de 19,8 % en 2019, pour atteindre 5,2 Mds EUR, leur plus haut niveau depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de Libre-Echange entre l’Union Européenne et la Corée, en 2011. (Annexe 1)  Ce rebond a été majoritairement tiré par la reprise des livraisons aéronautiques : un an après avoir été réduites de moitié, celles-ci ont doublé (+ 93 % à 731 M EUR), sans toutefois retrouver leur niveau de 2017. Le secteur des transports, incluant l’aéronautique demeure le troisième secteur d’exportations.  

En hausse de 22,9 % (1,3 Md EUR, 25 % du total), le secteur des équipements mécaniques et du matériel électrique, électronique et informatique a conservé sa première position. Sa performance est notamment due au rebond des machines industrielles et agricoles de 18,7 %, à 545 M EUR, après un recul de 27 % en 2018, ainsi qu’à l’essor des exportations de composants électroniques (237 M EUR, + 61,6 %). 2e poste d’exportation, le secteur des produits chimiques, parfums et cosmétiques a devancé de justesse le secteur des matériels de transport, à 1 Md EUR (20 % du total). Derrière le trio précité à plus d’1 Md EUR chacun, et qui a pesé pour les deux tiers des exportations vers la Corée, les textiles et produits de maroquinerie ont connu une progression de 23,2 %, à 475 M EUR, bénéficiant notamment de la position de leader mondial de la Corée sur le marché du duty free. Le secteur agroalimentaire est en léger repli, à 399 M EUR (- 2 %), et ce malgré l’augmentation des ventes de produits laitiers et fromages (+ 15,2 % à 85 M EUR), portées par l’ouverture accrue du marché depuis le 1er janvier 2019, et des ventes de vins (+ 13,2 % à 78 M EUR), la France demeurant 1er fournisseur de vins en valeur, à défaut de l’être en volume.

Durant les 9 premiers mois de 2020, les exportations françaises se  sont contractées de 16,1 % à 3,3 Mds EUR. Cette chute, liée à la crise économique et sanitaire, est particulièrement marquée dans l’aéronautique (- 50 % à 275 M EUR) et dans les parfums, cosmétiques et produits d’entretien (- 23 % à 235 M EUR).

 

Les importations en provenance de Corée continuent leur progression, à 4,1 Mds EUR en 2019

Alors que la Corée a été marquée par une année 2019 difficile pour ses exportations au niveau mondial (-10,3 %), les ventes à destination de la France ont continué de progresser (+ 7,3 %), pour la 5e année consécutive, dépassant pour la première fois le palier des 4 Mds EUR (4,1 Mds EUR). Cette progression a notamment été tirée par 1) la poursuite du succès des ventes de voitures coréennes en France, et globalement du secteur du matériel de transport (+ 12 % à 1 Md EUR, 2e poste d’importation, 25 % du total), et 2) par l’augmentation significative des achats de produits pétroliers raffinés, dont les importations ont plus que doublé (+ 116 % à 497 M EUR, 3e poste d’importation). Le premier poste d’importation de produits coréens en France est toujours celui des équipements mécaniques et des matériels électriques, électroniques et informatiques, à 1,4 Mds EUR (35 % du total), et ce malgré une baisse de 3,7 %.

Durant les 9 premiers mois de 2020, les importations en provenance de Corée ont baissé de 9,5 % à 2,8 Mds EUR, en raison d’une très forte diminution des achats de produits pétroliers (- 58 % à 135 M EUR) alors que ceux de voitures restent stables (+ 1 % à 650 M EUR).

Comme chaque année depuis 2011, année de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et la Corée, la France a enregistré un excédent commercial vis-à-vis de la Corée en 2019. A 1,1 Md EUR, il a doublé par rapport à celui de 2018, à la faveur du rebond significatif des exportations et malgré la hausse continue des importations. Il s’agit du 12e excédent français, juste derrière le Brésil et devant le Mexique, et du 4e en zone Asie-Pacifique après Singapour, Hong-Kong et l’Australie.  Depuis le début de l’année 2020, l’excédent commercial français s’établit à 480 M EUR, en diminution de 41 %.

 

Un rapport d’investissement en cours de rééquilibrage

 

L’investissement français en Corée reste stable en 2019

Les investissements français en Corée ont diminué de 26 M EUR en 2019 (Banque de France). Ce reflux des investissements porte à 4,1 Mds EUR le stock d’IDE français en Corée en 2019. Il est à prévoir que les investissements français en Corée en 2021 soient en hausse en raison d’un important investissement de Total, en partenariat avec l’entreprise australienne Macquarie, dans l’éolien offshore, annoncé en septembre 2020 dans le cadre du Green New Deal coréen. Les dernières données disponibles faisaient état de 207 filiales françaises en Corée (dont la moitié dans le secteur des services), pour environ 26 000 employés (48 % dans l’industrie et notamment 31 % dans l’automobile) et un chiffre d’affaires de 14,1 Mds EUR.

La présence industrielle française est assurée par des grands groupes : dans l’automobile, en plus de nombreux équipementiers travaillant pour les entreprises locales, Renault Samsung Motors, détenu à 80 % par Renault, est l’un des 5 principaux constructeurs coréens. Dans la pétrochimie, Total est présent via une JV à 50/50 avec Hanwha. Air Liquide, SNF et Arkema disposent de plusieurs sites de production en Corée. Le secteur financier - CA CIB, BNP Paribas, SG CIB, AXA - compte pour plus de 50 % du stock d’IDE, et est présent sur un panel large d'activités.

 

L’investissement coréen en France en 2019 a été marqué par une ruée sur l’immobilier d’entreprise

Les investissements coréens en France ont augmenté de 505 M EUR en 2019. En raison de cette augmentation, le stock d’investissement s’élevait en 2019 à 1 749 M EUR. Après une année 2018 où les investissements se concentraient dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (avec le déploiement de Naver en France et l’ouverture d’un centre de recherche de Samsung Electronics), en 2019, les investissements recouvrent principalement des acquisitions immobilières dans la région parisienne. Le montant total de ces transactions, dont seulement une petite partie apparait dans les IDE (du fait de montages financiers complexes), est de 4,5 Mds EUR en 2019. Un besoin de diversification des avoirs des investisseurs coréens cherchant des marchés sûrs en temps de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et de Brexit, un taux de change intéressant et la possibilité d’obtention de prêts à taux bas expliquent cette explosion des investissements coréens dans l’immobilier français (et dans une moindre mesure européen).

Du point de vue de l’investissement productif, la société SK Global Chemical, filiale du 3ème plus gros chaebol coréen, SK, a racheté en juin 2020 l’activité de polymères d’Arkema en France, représentant 3 usines, 100 emplois et 250 M EUR de CA, pour un prix de cession de 335 M EUR.

                                                                                                                                                                                                       

 

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