Indicateurs et conjoncture

Présentation générale de l'économie coréenne en 2020

 

Membre des Pays les moins avancés (PMA) en 1960, la Corée fait partie, depuis 2018, des pays peuplés de plus de 50 M d’habitants et ayant un PIB par habitant supérieur à 30 000 USD en dollars courants –avec les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et la France. Membre de l’OCDE et du G20, la Corée était en 2019 la 11ème économie mondiale et le 7ème exportateur mondial (542 Mds USD). Après avoir été en récession durant les deux premiers trimestres de 2020, l’économie coréenne est repartie à la hausse au troisième trimestre avec un PIB en augmentation de 2,1 % (en g.t). La crise économique et sanitaire liée au covid-19 a causé de profonds dommages à l’économie coréenne qui a cependant réussi, en proposant des mesures efficaces, à limiter son impact. La contraction du PIB pour 2020 devrait ainsi être limitée aux alentours de – 1,1 %, avant un rebond d’environ 3 % en 2021. 

Une puissance industrielle de rayonnement mondial

                                                                                                                           

La Corée tient sa force économique de son industrie, qui représente encore en 2019 33% du PIB selon la Banque Mondiale, soit l’une des parts la plus importante parmi les pays développés (contre 27 % pour l’Allemagne ou 29 % pour le Japon par exemple). L’appareil industriel, structuré autour de grands conglomérats (chaebols), a opéré une remontée de filières accélérée au cours des dernières décennies. D’abord pays atelier, la Corée s’est ensuite tournée vers l’industrie lourde, comme en témoigne l’importance, toujours aujourd’hui, de son industrie navale, de la construction ou du secteur automobile. L’industrie électronique, incarnée par des entreprises d’ampleur mondiale comme LG et Samsung, a par la suite pris le relais comme principal moteur de croissance de l’économie coréenne.

 

D’abord spécialisée sur les biens de consommation (écrans, puis smartphones), l’industrie électronique coréenne, au fur et à mesure des délocalisations des chaines de production des grands groupes, s’est spécialisée sur des biens intermédiaires à haute valeur ajoutée, utilisés dans l’ensemble des chaines de production mondiales : la Corée a en particulier enregistré en 2019 94 Mds USD d’exportations dans les semi-conducteurs (circuits intégrés, dans le cas coréen essentiellement les puces et cartes mémoires, sur lesquelles la Corée est, assez largement, leader mondial). Ce dynamisme est soutenu par un effort de R&D très important, qui fait de la Corée le pays le plus dépensier au monde en proportion du PIB en 2018 (4,6 %). Samsung était également, l’entreprise la plus dépensière en R&D au monde en valeur absolue (plus de 17 Mds USD en 2019).

 

Forte de cette puissance industrielle, la Corée du Sud a connu une croissance moyenne de plus de 3 % au cours des années 2010. La croissance coréenne en 2019 s’élevait à 2,0 %, en léger repli par rapport aux années précédentes (3,1% en 2017, 2,7% en 2018). Grâce à ce dynamisme économique, les fondamentaux de la Corée sont aujourd’hui très solides, avec un chômage structurellement faible, un excédent commercial très marqué (excédent de la balance des paiements courants de 3,6 % du PIB en 2019), et un endettement public contenu (38,1 % en 2019 pour le gouvernement central).

 

La Corée du Sud siège aujourd’hui au sein des principales organisations internationales. Membre de l’OCDE et du G20, le pays a rejoint le Club de Paris en 2016. La Corée poursuit son ouverture commerciale en multipliant les accords de libre-échange (ALE), qui pourraient à terme couvrir presque 90 % de ses échanges. La Corée est ainsi le 1er pays à avoir conclu un ALE avec les 3 principales puissances économiques mondiales, UE, USA et Chine. C’est aussi le 1er partenaire commercial d’envergure avec qui la Chine a signé un accord de libre-échange en 2015. L’accord de libre-échange entre la Corée et l’UE, en vigueur depuis 2011, a permis d’éliminer plus de 99 % des droits de douane et a bénéficié au commerce bilatéral entre la France et la Corée.

 

Un impact économique limité de la crise du coronavirus

 

La reprise des exportations lors du troisième trimestre 2020 a permis de relancer l’économie coréenne qui a vu son PIB augmenter de 2,1 % par rapport au trimestre précédent. L’activité économique de la Corée du Sud s’était contractée de 1,3 % au premier trimestre 2020 avant de chuter de 3,3 % au second, au plus fort de la crise économique liée au covid-19.

 

La reprise de l’économie durant le troisième trimestre s’explique principalement par un fort rebond des exportations de biens : celles-ci ont cru en g.t de 18,2 % en valeur (et - 3,2 % en g.a), après avoir chuté de 16,6 % durant le T2. Cette croissance a stimulé la production du secteur manufacturier, qui a connu une hausse de 7,6 %, en g.t (contre - 8,9 % au T2). Les importations augmentent elles-aussi de 5,4 %  bien que demeurant à un niveau inférieur à celui connu précédemment (- 9,0 %, en g.a).

 

Les dépenses de consommation, tant privées que publiques sont restées quant à elles stables sur le trimestre. Si les premières avaient baissé de - 4,4 % au T1,  les secondes avaient de leur côté augmenté durant les T1 et T2. Les mesures de distanciation sociale mises en place mi-août pour lutter contre la 2ème vague de contaminations ont limité la reprise de la consommation privée pourtant amorcée durant le deuxième trimestre. 

 

Enfin, l’inflation continue de fluctuer : elle a atteint - 0,6 % en octobre en g.m (0,1 % en g.a) après s’être établie à 0,7 % en septembre. Elle devrait, selon la Banque de Corée, se maintenir  aux alentours de 0,5 % d’ici la fin de l’année. L’inflation sous-jacente, qui exclue les produits alimentaires et l’énergie, est de - 0,3 % (en g.a).

 

La Banque de Corée estime que la croissance devrait s’établir à - 1,1 % durant l’année avant d’augmenter de 3,0 % en 2021. Le FMI et l’OCDE prévoient une chute de l’économie coréenne de respectivement 1,9 % et de 1,1 % puis une croissance de 2,9 % et 3,1 % en 2021. La Corée serait le pays de l’OCDE le moins impacté par la crise, et pourrait devenir cette année la 9ème économie mondiale, soit un bond de 3 places par rapport à 2019.

 

La Banque de Corée a mené une politique volontariste pour contrer les effets de la crise économique. Elle a baissé son taux de base deux fois, pour atteindre 0,5% en mai, plus bas historique. Parallèlement la Banque a augmenté le plafond de sa facilité de prêt aux banques de 4 Mds EUR, en mars et en mai, avant d’en diminuer le taux d’intérêt à 0,25%. Pour assurer la disponibilité de liquidités en devises, elle a mis en place un accord de swap de devises de 60 Mds USD avec la FED en mars, accord renouvelé en septembre.

 

Pour lutter contre les conséquences économiques de la crise sanitaire, le gouvernement a mis en place quatre budgets supplémentaires, représentant environ 3,7 % du PIB, dont le dernier voté fin septembre, s’adresse plus particulièrement aux autoentrepreneurs et petits commerçants, impactés par les nouvelles mesures de distanciation sociale. Toutes ces mesures ont pour conséquence de creuser les comptes publics coréens, à des niveaux qui restent néanmoins tout à fait soutenables pour le pays. En 2020, le déficit devrait s’établir à 6,1 % et la dette publique à 43,9 %, et celle-ci pourrait atteindre 60 % en 2024.

Des défis à moyen et long-terme pour le modèle de croissance coréen

 

Malgré la remarquable résilience dont fait preuve l’économie coréenne face à la crise du coronavirus, elle va devoir faire face à plusieurs problèmes qui risquent sinon, à moyen terme, de peser sur sa croissance.   

 

D’abord, la croissance coréenne est toujours assez dépendante des performances de ses exportations. La dynamique de ces dernières est aujourd’hui fortement exposée à la conjoncture chinoise - la Chine représentant 25 % des exportations coréennes en 2019 - et aux fluctuations du cycle d’investissement sur les semi-conducteurs - 21 % de ses exportations en 2019 - dont l’inversion récente a entrainé une très forte contraction des prix, et donc de la valeur des exportations coréennes. Pour limiter cette double dépendance, le gouvernement cherche à accompagner son industrie sur de nouveaux marchés à l’export au-delà de la Chine et, du point de vue des filières, à accompagner les autres industries exportatrices traditionnelles tout en développant de nouveaux leviers de croissance.

 

En réponse à la crise sanitaire et pour développer ces nouveaux leviers de croissance, le Président Moon Jae-in a également annoncé un vaste plan de  développement de l’économie coréenne, sur 5 ans : le Korean New Deal, d’un montant de 115 Mds EUR. Ce plan repose sur 3  piliers : le Green New Deal (véhicule électrique, hydrogène, soutien à l’innovation bas-carbone…), le Digital New Deal (intelligence artificielle, 5G, économie sans contact…), et le renforcement des filets de protection sociale.

 

Pour rééquilibrer le modèle de croissance coréen, le gouvernement souhaite renforcer la composante domestique du PIB. La productivité du secteur des services ne s’élevait qu’à 45 % de celle de l’industrie en 2014, contre 90 % dans l’OCDE en moyenne. La politique gouvernementale, depuis 2017, s’articule autour du projet de « croissance tirée par les revenus » et « d’économie centrée sur l’humain ». Alors que le pays disposait d’un des niveaux de dépenses sociales les plus bas de l’OCDE, le gouvernement a voté certaines mesures marquantes, comme la hausse de 29 % du salaire minimum en 2 ans, ou le passage de la semaine de travail maximale de 68 heures à 52 heures. L’objectif est, par ce biais, d’élever la part de la consommation privée dans la croissance, et de développer le secteur des services par le temps libre dégagé.

 

Seul pays au monde à avoir enregistré une fécondité inférieure à 1 en 2019, la Corée du sud se prépare également à un choc démographique abrupt, qui constitue dès aujourd’hui un des enjeux politiques centraux pour le pays. Selon l’institut national coréen des statistiques, la population coréenne, aujourd’hui composée de 51,8 M d’habitants, plafonnerait dès 2028 à 51,9 M d’habitants, avant de décliner pour atteindre 39 millions d’habitants en 2067. La population en âge de travailler déclinera quant à elle dans les prochaines années. La Corée mène, depuis plusieurs années, une politique nataliste très marquée, mais n’a pas jusqu’ici réussi à inverser la courbe démographique.

 

 

Données générales Corée du Sud

Superficie : 99 720 km² 

Population : 51,8 millions d'habitants

Régime politique : Démocratie parlementaire 

Président de la République: M. MOON Jae-in

Premier ministre : M. CHUNG Sye-kyun

Vice-PM en charge de l'Economie et des Finances : M. HONG Nam-ki

PIB : 1 642 Mds USD (2019)   

PIB / habitant : 31 762 USD (2019) 

Données conjoncturelles Corée du Sud

Monnaie: won sud-coréen (KRW)  

Variation de l'indice des prix à la consommation (inflation) : 0,4% (2019)

Dette publique : 38,1% du PIB (2019) 

Déficit public : -2,8% du PIB (2018)

Excédent du compte courant : 3,6% du PIB (2019)

Exportations : 542 Mds USD (2019)

Importations : 503,3 Md USD (2019)

Taux de chômage : 3,8% (moyenne 2019)

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