Commerce extérieur

 

Après une excellente année 2017 (+15,8 %) qui avait permis d’effacer les mauvais chiffres de 2015 et 2016 (-8% et –5,9 % respectivement), les exportations coréennes ont à nouveau progressé en 2018, avec une hausse de 5,5 % (+3,9% en volume) tirée principalement par la vente de semi-conducteurs. Le solde commercial coréen demeure fortement excédentaire, à 70,5 Mds USD, mais se contracte de 26 %, essentiellement à cause de la hausse des prix de l’énergie. Cependant, les chiffres des derniers mois de 2018 et le contexte de tensions commerciales dessinent une tendance préoccupante pour 2019.

 

Les achats chinois et l’essor des semi-conducteurs ont permis à la Corée de maintenir son statut de 5e exportateur mondial

 

Les exportations coréennes ont progressé de 5,5 % en valeur en 2019, pour atteindre 605,5 Mds USD. Les ventes coréennes ont principalement bénéficié des excellentes performances des semi-conducteurs[1], un secteur sur lequel la Corée a su conserver son leadership mondial avec 127 Mds USD d’exportations, en hausse de 29,4 %. Samsung Electronics, leader mondial avec 16 % de part de marché, a enregistré une hausse de 27 % de ses revenus dans le secteur (76 Mds USD). SK Hynix a de son côté consolidé sa place de 3e mondial avec une hausse de 38 % de ses ventes (36 Mds USD). Hors semi-conducteurs, les exportations coréennes sont restées stables (+ 0,7 % seulement), soulignant la dépendance croissante du commerce extérieur coréen envers cette filière.

                                        

Soutenus par les semi-conducteurs, les équipements électriques (184 Mds, +13,2 %) demeurent ainsi le principal poste d’exportation coréen, malgré un recul de 23,2 % des ventes de smartphones (15 Mds USD) dont la production est de plus en plus délocalisée[2]. Avec une hausse de 13 % de ses exportations, l’industrie chimique et pétrochimique devient 2e poste d’exportation (94 Mds USD). En leur sein, les ventes de cosmétiques (6,5 Mds USD, +26 %) connaissent une belle progression, portées par le développement international de la « K-beauty »,  un des piliers de la vague culturelle coréenne (hallyu).

 

2e poste d’exportation en 2017, le secteur des transports a rétrogradé à la 3e place (84 Mds USD, -20,2 %). Si l’industrie automobile a réalisé une année 2018 en demi-teinte, avec une baisse de 1,2 % de ses exportations (61 Mds USD), le recul tient essentiellement aux faibles ventes de la filière navale[3] (-50,4 %, 20 Mds USD). Les nouvelles commandes de 2018 marquent un net progrès : les constructeurs coréens se sont arrogés en 2018 44 % des nouvelles commandes mondiales, devant la Chine (32 %). 

 

Parmi les autres postes, les exportations d’équipements industriels sont restées dynamiques (+12% à 80 Mds USD, 4e poste d’exportation), portées par le développement des capacités industrielles d’entreprises coréennes à l’étranger, avec par exemple l’agrandissement des capacités de production de Samsung Electronics et Kia en Inde. L’industrie métallurgique (voir annexe 8), affectée par des mesures de sauvegarde aux Etats-Unis puis en Europe, voit ses exportations augmenter en valeur (+3,1% à 51 Mds USD, 5e poste), mais reculer en volume (- 4 %).

 

La Chine (162 Mds USD, +14,1 %) a encore accru sa position de destination principale des exportations coréennes, devant l’ASEAN (100 Mds USD, +5,2 % ; 49 Mds USD pour le seul Vietnam, +1,8%). Les Etats-Unis (73 Mds USD, +6 %) et l’Union Européenne (57 Mds USD, +7 %) se maintiennent comme débouchés importants pour la Corée, devant Hong Kong (46 Mds USD +17,6 %) et le Japon (31 Mds USD, +14 %).

 

La hausse des importations est tirée par la hausse du prix des hydrocarbures.

 

Les importations coréennes ont augmenté de 12 % en 2018, pour atteindre 535,1 Mds USD. Les importations d’hydrocarbures, principal poste d’importation de la Corée du Sud, expliquent l’essentiel de la hausse, avec une progression de 30,3 % en 2018 (163 Mds USD) portée par un effet prix (-0,2 % en volume). La Corée est cette année le 5e importateur mondial de pétrole, et le 3e de GNL.

 

Hydrocarbures exceptés, les importations coréennes n’ont progressé que de 5,5 % en 2018. Les achats d’équipements électriques, 2e poste, ont augmenté de 2,3 % à 85 Mds USD. En progression de 12,1 %, à 61 Mds USD, l’industrie chimique et pétrochimique devient le 3e poste d’importation,  juste devant les équipements industriels (60 Mds  USD, -0,6 %). Les importations ont progressé dans des secteurs traditionnellement importants pour la France, comme le textile et la maroquinerie (+6,4 %, 33 Mds USD) et l’agroalimentaire (+ 10,5 %, 32 Mds USD), respectivement 5e et 6e postes. Les importations dans le secteur des transports ont connu une progression significative (+11,2 %, 22 Mds EUR), via notamment la hausse marquée des achats de véhicules étrangers (17 Mds USD, + 7,1 %).

 

La Chine (106 Mds USD, + 9,1 %) se maintient comme principal fournisseur de la Corée du Sud. Elle devance un trio composé de l’Union Européenne (62 Mds USD, +8,7 %)  l’ASEAN (60 Mds USD, +10,8 %) et les Etats-Unis (59 Mds USD, +16%), avec qui la Corée a révisé son accord de libre–échange bilatéral (KORUS)[4] en septembre 2018.  Les exportations japonaises vers la Corée ont  légèrement reculé (55 Mds USD, -1 %). Principal fournisseur de pétrole de la Corée (voir annexe 7), l’Arabie Saoudite a vu ses exportations augmenter de 34,4 % à 26 Mds USD (dont 23,2 Mds USD de pétrole).

 

Le solde commercial coréen demeure largement excédentaire, à 70,5 Mds USD (4,4% du PIB) mais se contracte de 26 % par rapport à 2017 (95 Mds USD, 5,6 % du PIB). Les réserves de change de la Corée, 8e mondiales, s’établissaient en janvier 2019 à 405,5 Mds USD, en hausse de 5,1 % sur un an, et représentent entre 9 et 10 mois d’importations.

 

 



[1] Les semi-conducteurs désignent la conception, fabrication et commercialisation des circuits intégrés, composantes de base de nombreux produits des technologies de l’information et de la communication

[2] Déjà présent en Chine, Samsung se tourne aujourd’hui vers l’Asie du Sud-Est (premier employeur national au Vietnam notamment). En juillet 2018, Samsung a ouvert à Noida, en Inde, la plus grande usine de  production de smartphones au monde. En plus de bas coûts de production, elle se positionne sur un marché très porteur, alors que la montée en Chine des producteurs nationaux (Huawei) limite les débouchés chinois du groupe.

[3] Le secteur, toujours fortement subventionné, continue sa restructuration avec la cession annoncée de Daewoo Shipbuilding à Hyundai Heavy Industries.

[4] Signé en septembre 2018 et entré en vigueur au 1er janvier 2019, il prévoit un doublement des quotas d’exportations de véhicules américains, l’acceptation des standards d’émission américains en la matière ou encore l’engagement à modifier les lois coréennes de tarification et de remboursement des produits pharmaceutiques.

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