COMORES
Relations économiques bilatérales
Relations économiques bilatérales France - Comores en 2025
La France est un partenaire économique clé des Comores en raison des liens historiques et de la proximité géographique avec Mayotte. La relation économique se caractérise surtout par les échanges commerciaux bilatéraux et par les investissements sociaux et solidaires du groupe AFD. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 43,7 M EUR en 2025, en légère hausse par rapport à 2024 (+1,5 %), et sont essentiellement tirés par des exportations françaises diversifiées. La France est le 3ème fournisseur et le 5ème client des Comores. Les relations commerciales entre les deux pays sont facilitées par l’Accord de partenariat économique intérimaire, qui lie l’Union européenne et cinq pays de l’Afrique orientale et australe (dont les Comores), et l’importance de la diaspora comorienne en France. Les négociations sur l’approfondissement de cet accord, débutées en 2019, se sont conclues le 10 juin 2026. La présence des entreprises françaises est limitée notamment du fait d’un climat des affaires difficile. Les liens humains restent forts: environ 350 000 personnes d’origine comorienne vivraient en France : les transferts de fonds de la diaspora (18 % du PIB en 2025 – essentiellement en provenance de France) constituent un levier économique majeur pour le pays.
1. Échanges commerciaux
Selon les données des douanes françaises, les échanges bilatéraux entre la France et les Comores se sont élevés à 43,7 M EUR en 2025, en légère hausse par rapport à l’année précédente (+1,5 %). Ce faible montant s’explique notamment par la petite taille de l’économie du pays et de sa population (910 000 habitants). Pour la France, l’archipel des Comores se classait uniquement au 146ème rang parmi les clients de la France et au 178ème rang des fournisseurs. La France enregistre un excédent commercial structurel vis-à-vis des Comores, en hausse en 2025 (+3,9 %), à 35,1 M EUR.
En 2025, les exportations françaises vers les Comores ont augmenté à 39,4 M EUR (+2,5 % par rapport à 2024). La France représente environ 10,0 % des importations des Comores et se place ainsi comme le 3ème fournisseur du pays, derrière les Émirats arabes unis (27,0 %) et l’Inde (10,0 %) mais devant la Chine (9,7 %). Les exportations françaises reposent sur :
- Les produits manufacturés divers (28,7 % du total des exportations), en baisse de -4,9 % par rapport à 2024,
- Les matériels de transport (19,5 % du total), principalement composés de véhicules automobiles, en baisse de -1,8 % par rapport à 2024,
- Les produits des industries agroalimentaires (16,8 % du total), en baisse de -10,8 % par rapport à 2024.
- Les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (13,8 % du total), en forte hausse de +43,8 % par rapport à 2024.
- Les ventes de produits pharmaceutiques (7,3 %) sont en hausse (+4,8%).
Les importations françaises restent très faibles (4,3 M EUR en 2025) et ont diminué (-7,2 % par rapport à 2024). Les importations sont surtout composées de produits chimiques, parfums et cosmétiques (74,3 % du total, en baisse de -27,8 % par rapport à 2024), principalement des achats d’huiles essentielles (ylang-ylang et girofle). La France est le 5ème client des Comores avec 5,6 % des exportations du pays selon le FMI en 2025, derrière l’Indonésie (40,2 %), le Vietnam (13,3 %), l’Inde (9,6 %) et les Emirats arabes unis (5,6 %).
Les relations commerciales bilatérales sont encadrées par l’Accord de partenariat économique intérimaire (APEi) conclu entre l’Union européenne et cinq pays d’Afrique orientale et australe (AfOA), dont les Comores. Signé en juillet 2017 et mis en œuvre depuis février 2019 par les Comores, cet accord facilite les échanges en prévoyant la suppression complète des droits de douane et l’absence de quotas pour les exportations de ces pays vers l’UE. En retour, les pays partenaires doivent libéraliser progressivement l’accès à leur marché pour les produits provenant de l’UE. Cependant, les Comores n’ont pas encore rendu effective cette libéralisation. Concernant les négociations sur l’approfondissement de cet accord entre l’UE et les Etats de l’AfOA, débutées en 2019, celles-ci se sont conclues le 10 juin. Les négociations sont cependant toujours en cours avec le Zimbabwe.
2. IDE et présence française
Les Comores attirent un niveau d’IDE limité, bien qu’en hausse. D’après la CNUCED, les flux d’IDE ont atteint 9,2 M USD en 2025, en forte hausse (+29,6 % par rapport à 2024), portant le stock d’IDE à 166,8 M USD. Les investissements étrangers se concentrent principalement dans le tourisme, la pêche, l’agriculture et l’énergie. La France est traditionnellement l’un des premiers investisseurs formels étrangers aux Comores, aux côtés de la Tanzanie (secteur bancaire), la Turquie (transformation de produits de la mer), la Chine (petits commerces, BTP), et des Émirats arabes unis (aéroport, hôtellerie).
Malgré des relations historiques fortes et la proximité géographique avec Mayotte, la présence économique française aux Comores reste modeste, freinée par un climat des affaires peu attractif, une croissance peu dynamique, des infrastructures limitées, et un niveau de corruption élevé (selon Transparency International, les Comores ont obtenu un score de 20/100 en 2025, se plaçant à la 163ème place sur 182 pays). Plusieurs entreprises françaises sont néanmoins actives dans le pays, telles que Canal+, Biolandes (distillation d’ylang-ylang), Innovent (centrales solaires), CMA-CGM (ligne maritime), Ewa Air (filiale d’Air Austral dans l’aérien) et Air Austral, tandis qu’AGL gère le terminal portuaire de Moroni. Toutefois, cette présence tend à se réduire : plusieurs groupes de BTP (Colas, Sogea-Satom, Eiffage) ont quitté le pays. Dans la banque, BNP Paribas a cédé en 2020 sa participation dans la BIC au groupe ivoirien Atlantic Finance Group, tandis que Finafrica (groupe Duval) a vendu en 2021 ses parts dans la BDC à l’État comorien. Dans les télécoms, NJJ Capital (holding de Xavier Niel) a cédé sa participation dans Telma Comores (rebaptisée Yas Comores en novembre 2024), société détenue par le groupe malgache Axian. Toutefois, un hôtel Mövenpick et un Sofitel (groupe Accor), en construction, pourraient ouvrir à Moroni dans les prochaines années.
En revanche, les liens humains restent forts : environ 350 000 personnes d’origine comorienne vivraient en France. Les transferts de fonds de la diaspora (18 % du PIB en 2025 selon le FMI) constituent un levier économique majeur pour le pays.