Indicateurs et conjoncture

 

Un pays caractérisé par une forte fragilité politique, en dépit des améliorations constatées depuis l’adoption d’une nouvelle constitution en 2001

Depuis son indépendance en 1975, l'Union des Comores a régulièrement connu des crises politiques qui trouvent leurs sources dans les velléités d’indépendan­ce des trois îles. Toutefois, à la suite des « accords de Fomboni » et de l’adoption en 2001 d’une nouvelle con­s­titution qui consacre l’autonomie des trois îles et institue une présidence tournante entre elles, le pays a retrouvé une relative stabilité politique, stabilité renforcée par l’amendement constitutionnel de 2009 qui a fixé le mandat présidentiel à cinq ans non renouvelable.

L’archipel se situe au 160ème rang sur 188 au classement des pays selon l’IDH. Cette situation s’explique notamment par la mauvaise répartition des fruits de la croissance : selon les derniers chiffres diffusés par le PNUD, relatifs à l’année 2014, le coefficient de Gini se situe à 0,643, ce qui place les Comores dans le quartile des pays les plus inégalitaires au monde.

 

Eléments structurels de l’économie

 L’économie de l’archipel est très peu diversifiée. L’agriculture représente 33 % du PIB selon les comptes nationaux mais occupe une très grande majorité de travailleurs informels. Ce secteur est vital pour l’équilibre extérieur du pays : il est à l’origine de la plupart de ses exportations (vanille, girofle et ylang-ylang). Le développement limité de l’industrie, qui pèse 12 % du PIB seulement, s’explique par la crise du secteur de l’é­ner­gie constatée jusqu’à fin 2016 : les très faibles capacités énergétiques étaient à l’ori­gi­ne de délestages fréquents, pesant sur la décision des « grands » investisseurs ; l’industrie como­rien­­ne est donc encore aujourd’hui largement dominée par les petites activités manufacturières. Enfin, les services re­­pré­sentent 55 % du PIB ; ils correspondent principalement à des activités de commerce et d’hôtellerie‑restauration.

Du fait de la prédominance d’acteurs de petite taille relevant surtout du secteur informel, la valeur ajoutée créée demeure structurellement très limitée. Dans cette configuration, le rythme de progression du PIB, de l’ordre de 2,2 % par an entre 2010 et 2016, a été trop faible au cours de cette période pour absorber la croissance démographique, de l’ordre de 2,4 %.

 

Conjoncture économique

 La croissance s’est élevée à 2,2 % en 2016 et aurait augmenté en 2017 : 3,4 % selon la BAD et 2,5 % selon la dernière mission du FMI. Le rebond de l’activité estimé en 2017 est la conséquence de l’augmentation de la fourniture énergétique, suite à l’achat en décembre 2016 de 17 groupes électrogènes d’une puissance de 24 MW. Depuis que ces derniers sont opérationnels, en février 2017, les délestages sont rares et courts, alors que le pays faisait jusqu’à alors face à une fourniture limitée à quelques heures par jour. Toutefois, d’après le FMI, l’effet positif issu de la fourniture d’électricité a été contrebalancé par une baisse de l’activité privée, conséquence de la dégradation du climat des affaires.

 

Finances publiques

Sur le plan des finances publiques, les ambitions gouvernementales se heurtent au faible niveau des ressources mobilisées. Le déficit public est en baisse en 2017, à 4,5 % du PIB contre 7,3 % en 2016. Au cours des dernières an­nées, les re­cet­tes domestiques ont stagné autour de 12 % du PIB : 12,0 % du PIB en 2016 d’après le FMI et 11,6 % du PIB en 2017 d’après la loi de finances re­cti­ficatives. Les dépenses courantes restent supérieures aux recettes domestiques : elles ont représenté 104,8 % et 120,8 % des recettes domestiques en 2015 et 2016 res­pectivement. La masse salariale des fonctionnaires constitue le poste de dépenses courantes le plus important : en augmentation continue depuis plusieurs années, elle représente à elle seule 9,0 % du PIB. Dans ce contexte, la matérialisation des ambitions du président dépend pour beaucoup des financements internationaux. Ainsi, en 2015 et 2016, les dépenses d’investissement, qui ont représenté 8,4 % et 10,7 % du PIB, ont été financées à plus de 80 % par les bailleurs. Pour 2017, en tenant compte du niveau élevé de dons dont a bénéficié l’archipel, les recettes totales auraient atteint 26,8 % du PIB, avec des dépenses estimées à 31,3 % du PIB. La diminution du déficit public est liée à des dons plus importants en 2017, provenant pour partie des pays du Golfe.

 

Balance des paiements

Le déficit courant a atteint 9,5 % du PIB en 2017, après 10,2 % en 2016. L’insulari­té et le déficit d’infrastructures limitent fortement la capacité du pays à diversifier ses exportations : la base exportatrice est faible et correspond aux produits de rente : girofle, vanille, ylang-ylang. En 2016, d’après le FMI, les exportations ont représenté 2,8 % du PIB, contre un volume d’importations de 30,4 %. Il en est ressorti un déficit commercial de 27,6 % du PIB. Du fait d’importants transferts de la dias­­­­po­ra, estimés à 18,0% du PIB en 2016, le déficit courant est très inférieur au déficit commercial. Le déficit courant en légère baisse est essentiellement financé par l’aide au développement, les IDE étant faibles (environ 1 % du PIB).

 

Endettement public

Le risque de surendettement est jugé modéré par le FMI. Grâce à l’initiative PPTE, la dette publique extérieure est passée de 40,5 % du PIB fin 2012 à 18,5 % du PIB fin 2013. Un seul prêt extérieur, concessionnel, a été contracté depuis lors pour financer une centrale à fioul lourd (33 MUSD). Les décaissements de ce prêt, indien, ainsi que les décaissements d’un ancien prêt chinois ont porté l’endettement public extérieur à 24,2 % du PIB fin 2015 puis à 25,4 % du PIB fin 2016. L’endettement domestique est nul. Le FMI juge que le risque de surendettement est modéré, en raison de l’importance des flux de la diaspora.

 

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