Indicateurs et conjoncture

Présentation générale

Pays de plus de 16 millions d’habitants, le Cambodge a connu, depuis plus de vingt ans, une croissance de rattrapage soutenue (plus de 7 % en moyenne depuis 2000). Si la population reste à plus de 75% rurale, une urbanisation rapide est en cours et l’agriculture représente aujourd’hui moins du quart du PIB. Porté par les services (tourisme et finance), le textile et la construction alors que la part de l'agriculture recule, le PIB a progressé de 7,1 % en 2019 selon la Banque Mondiale, pour atteindre 26,9 Mds USD.

Membre de l’ASEAN depuis 1999, de l’OMC depuis 2004 et de la Communauté Economique ASEAN (AEC) depuis le 1er janvier 2016, le Cambodge a profité du dynamisme de la région, qui s’est traduit par un afflux d’investissements internationaux, essentiellement asiatiques (Chine, Japon, Corée,...). Son commerce extérieur reste, cependant, asymétrique, l’essentiel des importations du Cambodge provenant d’Asie alors que près des deux tiers de ses exportations sont destinées aux marchés développés d’Europe et d’Amérique du Nord. Pays pré-émergent (la Banque mondiale a reclassé le Cambodge dans la catégorie des pays à revenus intermédiaires en juillet 2016), le pays reste cependant vulnérable aux aléas internationaux du fait de sa forte intégration dans les chaînes de valeurs mondiales, de la faible diversification de sa production et de sa dépendance aux importations et aux IDE.

Le Cambodge bénéficie d’un important soutien des bailleurs multilatéraux et bilatéraux (plus d’un milliard de dollars en dons et prêts concessionnels chaque année), ainsi que d’avantages commerciaux (accès préférentiel aux marchés européen et américain) liés à son statut de PMA (Pays les Moins Avancés, classification CNUCED).  Suite à une décision de l’Union Européenne, les préférences tarifaires « Tout sauf les armes » (TSA) seront partiellement suspendues à partir du mois d’août 2020, entraînant un ralentissement des exportations vers le marché européen, en particulier pour les produits textiles.

Avec +19,6 % en 2019, la croissance des échanges entre la France et le Cambodge s’est fortement accélérée (+4,2 % en 2018, +8,5 % en 2017). Cette tendance s’explique avant tout par la très bonne performance de nos exportations, qui ont plus que doublé cette année (+117%, après une diminution de 8,6 % en 2018), tous nos principaux postes d’exportations ayant connu une forte augmentation. Sur une base nettement plus importante, nos importations ont continué de progresser (+10,1 % en 2019, après 5,8 % en 2018) et restent concentrées sur les produits textiles et agro-alimentaires.  S’agissant des IDE, la France est présente dans la plupart des secteurs de l’économie cambodgienne, du fait d’un nombre limité mais croissant de filiales de grands groupes mais, surtout, de l’existence d’un tissu dynamique d’entreprises locales créées par des entrepreneurs français (plus de 400 entreprises).

 

Impact économique du Covid-19 et mesures de soutien du gouvernement cambodgien

Si le Cambodge a jusqu’à présent évité une crise sanitaire due au COVID-19, il est en revanche durement touché par la crise économique, qui a mis un frein brutal à sa dynamique de croissance. La crise s’est propagée à travers trois principaux canaux de transmission, moteurs de la croissance cambodgienne : le secteur touristique, les exportations (notamment dans l’industrie textile) et la construction (à travers la baisse significative des IDE). Ensemble, ces trois secteurs représentent près des trois quarts du PIB cambodgien. En conséquence, les estimations s’accordent désormais sur une récession en 2020 : de 1% selon le scénario de base de la Banque Mondiale, jusqu’à 5,5% selon la Banque Asiatique de Développement. La Banque Mondiale estime que 20% des emplois seraient menacés et que le taux de pauvreté pourrait augmenter de 3 à 11 points.

La crise affecte directement les recettes de l’Etat, entraînant une augmentation du déficit, de la dette publique et du besoin de financement extérieur. La stabilité du secteur financier est également menacée, dans la mesure où le secteur privé se finance en grande partie par des prêts bancaires et où le taux d’endettement des ménages (sous forme notamment de microcrédits) est particulièrement élevé.

En 2021, la croissance devrait rebondir à un rythme proche de celui de 2019 (autour de 6% selon la Banque Mondiale), soutenu par la reprise de la demande mondiale. Cependant, si les mesures de restrictions et de confinement se poursuivaient, entraînant une récession durable dans le secteur du tourisme, une stagnation de la demande mondiale et un ralentissement des IDE, la croissance pourrait connaître une reprise plus lente.

Le gouvernement cambodgien est intervenu dès février pour atténuer les effets économiques de l’épidémie de Covid-19. Au total, et à mesure que la crise a prise de l’ampleur, le gouvernement a annoncé 4 séries de mesures inédites pour soutenir le secteur privé et la population touchée par la pandémie.

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