Indicateurs et conjoncture

Présentation générale

Pays de 16,1 millions d’habitants, le Cambodge connaît, depuis plus de vingt ans, une croissance de rattrapage soutenue (plus de 7 % par an depuis 2000). La population reste à 80 % rurale mais une urbanisation rapide est à l’œuvre et l’agriculture ne représente plus que le quart du PIB. Porté par les services (finances, tourisme), le textile et la construction alors que la part de l'agriculture recule, le PIB aurait, à nouveau, progressé de 6,8 % en 2017, selon le FMI, pour atteindre 22,1 milliards de dollars. Les principales institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale, Banque asiatique de développement) s’accordent sur la poursuite de la croissance à ce rythme pour les années à venir.

Membre de l’ASEAN depuis 1999, de l’OMC depuis 2004 et de la Communauté Economique ASEAN (AEC) depuis le 1er janvier 2016, le Cambodge profite du dynamisme de la région qui se traduit, en premier lieu, par un afflux d'investissements internationaux essentiellement asiatiques (Chine, Japon, Corée, mais aussi Thaïlande ou Vietnam,...). Son commerce extérieur reste, par contre, asymétrique, l’essentiel des importations du Cambodge provenant d’Asie alors que les deux-tiers de ses exportations sont destinées aux marchés développés d’Europe et d’Amérique du Nord. Pays pré émergent (la Banque mondiale a reclassé le Cambodge dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure au 1er juillet 2016), il reste cependant vulnérable aux aléas internationaux. La diversification de son économie est le principal défi à relever à moyen terme , en vue de réduire la dépendance du pays aux importations, d’énergie et de produits alimentaires notamment.

Le Cambodge bénéficie d’un important soutien des bailleurs multilatéraux et bilatéraux (de l'ordre d’un milliard de dollars en dons et prêts concessionnels chaque année) et, par ailleurs, des avantages commerciaux (accès préférentiel aux marchés européen et américain) liés à son statut de PMA (Pays les Moins Avancés, classification CNUCED). Avec l’aide de la coopération internationale, le Royaume développe ses infrastructures et ses ressources humaines dans la perspective de sa sortie du statut de PMA, un objectif envisageable à l’horizon 2024 si les progrès accomplis depuis trois ans se confirment dans les années à venir en termes de revenus par habitant, de développement humain et de réduction de la vulnérabilité de l'économie.

Les relations économiques bilatérales entre la France et le Cambodge ont régulièrement progressé au cours des dernières années. Nos exportations ont atteint 102 millions d’euros en 2017, une progression de 48 % en trois ans qui s'accompagne d'une diversification vers les équipements et le matériel de transport, au-delà des points forts que demeurent la pharmacie et les produits agroalimentaires. Nos importations ont, elles, plus que doublé en trois ans à 920 millions d'euros, tirées par un afflux d'achats de textiles et chaussures (et, dans une moindre mesure, de produits agricoles). La France est présente dans la plupart des secteurs de l’économie cambodgienne, du fait d’un nombre limité mais croissant de filiales de grands groupes mais, surtout, de l’existence d’un tissu dynamique d’entreprises locales créées par des entrepreneurs français (plus de 400 entreprises).

Situation économique et financière

Avec une progression du PIB proche de 7,5 % par an depuis 20 ans, l’économie cambodgienne connaît un rattrapage rapide, stimulé par la politique d’ouverture des autorités qui a permis au pays de bénéficier de ses avantages comparatifs à l’échelle mondiale. La croissance est soutenue par d’importants flux d’aide internationale et d’investissements étrangers dans lesquels la Chine se taille la part du lion. Avec un PIB estimé à 22,1 Mds USD en 2017 pour une population jeune (70 % a moins de 35 ans), le Cambodge devrait connaître, en 2018, une croissance de 6,9 % selon les dernières prévisions de la Banque mondiale.

 Evolution de l'inflation au Cambodge

L’inflation s’est progressivement ralentie au Cambodge en 2017, après avoir été soutenue en 2016 par une accélération des prix essentiellement imputable à la hausse des prix de l’alimentation (qui représentent 45 % de l’indice). Le glissement annuel des prix est, ainsi, revenu à 2,2 % en fin d’année et se stabilise à ce niveau (+ 2,3 %) fin mars 2018 (dernier chiffre connu). La modération de la consommation des ménages, liée à un ralentissement de la dynamique du crédit, s’est en effet traduite dans la progression moins vive des prix de l’alimentation. La remontée des cours du pétrole contribue à nouveau à l’inflation en 2017.
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