Relations économiques bilatérales entre le Kenya et la France

Le partenariat économique bilatéral entre la France et le Kenya se renforce, porté à la fois par le dynamisme des investissements privés et des investissements solidaires et durables de la France. 5e investisseur étranger au Kenya, la France est présente à travers des entreprises actives dans des secteurs clés. Elle accompagne également le développement du pays via le groupe AFD, qui finance des projets structurants. Les échanges commerciaux, équilibrés et en progression, devraient être encore soutenus par l’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Kenya. Dans ce contexte, le Sommet Africa Forward de Nairobi en mai 2026, à forte dimension économique, témoigne du dynamisme de la relation bilatérale.

 

Investissements solidaires et durables : la France a soutenu plus de 150 projets stratégiques à travers le Kenya depuis 2015, à travers plus de 1,8 Md EUR d’investissements

La France contribue très activement depuis 30 ans au financement des investissements stratégiques kényans. Cet engagement se traduit notamment par l’action de l’Agence française de développement qui a mobilisé plus de 2 Md EUR au cours des quinze dernières années sous forme de prêts souverains, subventions, prêts non souverains, dans des secteurs clés tels que l’énergie, la mobilité durable, l’eau, le développement urbain durable, l’éducation et la santé. Le Kenya constitue aujourd’hui l’un des principaux pays d’intervention du groupe en Afrique, tant par le volume d’engagements que par la diversité des secteurs couverts.

La France se positionne ainsi comme le 2e bailleur bilatéral au Kenya, et le 1er dans l’énergie. Depuis 2015, l’AFD a soutenu près de 150 projets au Kenya, d’un total de 1,8 Md EUR. L’approche du groupe repose sur une complémentarité forte entre ses entités. En effet, l’AFD se charge du financement du secteur public et Proparco du soutien au secteur privé, avec une exposition cumulée dépassant 1 Md EUR pour le Kenya (3e exposition mondiale). Expertise France, avec une présence renforcée au Kenya depuis 2023, est en charge du déploiement d’assistance technique.  L’intervention du groupe s’articule autour de quatre axes stratégiques majeurs : Infrastructures durables et structurantes, Développement du capital humain, Protection de la biodiversité et agriculture durable, Renforcement de la gouvernance financière et des systèmes financiers. L’AFD a participé au financement de projet structurant pour le Kenya, comme par exemple :

  • Le projet d’extension de l’accès à l’eau potable à Nairobi (220 M EUR – soit près de la moitié du financement total – pour un projet global de 470 M EUR cofinancé avec la Banque mondiale, la KfW et l’Union européenne).
  • Le projet du renforcement du réseau de transmission électrique du Kenya à hauteur de 148 M EUR en co financement avec un prêt du Trésor. Ce projet permettra à 9,8 millions de personnes de bénéficier d’un meilleur approvisionnement en électricité et à KETRACO (Kenya Electricity Transmission Company) de renforcer ses capacités techniques. La France se positionne ainsi comme le 1er partenaire bilatéral du Kenya en matière d’approvisionnement énergétique.

 

L’intérêt des entreprises françaises pour le Kenya connaît une progression soutenue

En 2024, la France était le 5e investisseur étranger au Kenya et le 2e parmi les membres de l’OCDE (derrière les Pays-Bas) en détenant 7,5 % du stocks d’IDE kényan (1,1 Md USD). Cet interet Kenyan émanant des entreprises françaises est en nette progression.

Le nombre d’entreprises françaises implantées au Kenya est passé d’environ 35 en 2012 à près de 140 aujourd’hui. Cette présence, en forte expansion, couvre un large éventail de secteurs clés, notamment l’industrie, l’énergie, les infrastructures, l’agroalimentaire, la finance, l’agriculture, le numérique, l’hôtellerie et les services aux entreprises. Ces investissements se distinguent par leur qualité et leur inscription dans le temps long, contribuant à la structuration de filières stratégiques, à la diffusion de standards élevés et à la création d’emplois qualifiés. À travers leurs activités, les entreprises françaises participent également au transfert de compétences et à l’intégration du Kenya dans les chaînes de valeur régionales et internationales. Cette présence s’aligne étroitement avec les priorités de développement du Kenya, en particulier dans les domaines de la transition énergétique, de l’urbanisation durable et de l’innovation. Les entreprises françaises s’appuient sur un écosystème de soutien mobilisant les instruments publics français et européens.

L’écosystème économique français s’appuie sur une « Équipe France » structurée. L’écosystème entrepreneurial est soutenu par le réseau French Tech Nairobi, relancé en 2023, qui fédère les start-ups et PME technologiques françaises implantées au Kenya. Côté public, le Service économique régional couvre 15 pays et anime un club « Énergies renouvelables et ville durable », tandis que Business France, BPI France et le groupe AFD disposent d’une présence régionale. La communauté d’affaires française s’appuie enfin sur des structures solides, notamment une Chambre de commerce et d’industrie franco-kényane (CCIFK) particulièrement active, qui rassemble plus de 200 membres – dont près de la moitié sont kényans – ainsi qu’un comité des conseillers du commerce extérieur. En mai 2025, l’Union européenne a inauguré sa Chambre de Commerce (EuroCham), dont l’objectif est de promouvoir les échanges et investissements bilatéraux, en complémentarité des Chambres ou business groups bilatéraux existants, qui forment le conseil d’administration de l’Eurocham comme la Chambre de Commerce Française au Kenya.

 

Les échanges commerciaux bilatéraux sont équilibrés et devraient être portés à l’avenir par l’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Kenya

Les échanges avec le Kenya s’élèvent à plus de 300 M EUR et la balance commerciale est équilibrée. Le Kenya est le 4e partenaire de la France à l’échelle de la région AEOI en 2025. La somme totale des biens échangés s’élèvait à 335 M EUR en 2025, une augmentation de +16,1 % par rapport à 2024. Les échanges entre les deux pays se sont récemment renforcés et s’équilibrent. En effet, les échanges ont augmenté de +38,3 % entre 2025 et 2016. Le solde commercial entre les deux pays est à l’équilibre en 2025, avec toutefois un léger déficit du côté français (-0,2 M EUR), qui s’explique par une forte hausse des importations françaises depuis 2016, qui a fait converger leur niveau vers celui des exportations.

Les exportations françaises sont diversifiées et se composent principalement de produits chimiques, pharmaceutiques et technologiques. Elles enregistrent une légère hausse en 2025 (167,5 M EUR, +2,6 % par rapport à 2024). Les exportations françaises vers le Kenya représentent 1,5 % des exportations vers l’Afrique subsaharienne (ASS), un niveau stable depuis plus d’une décennie. Les exportations reposent sur :

  • Les produits chimiques, parfums et cosmétiques (25,5 % du total), en baisse de -12,8 % par rapport à 2024,
  • Les produits pharmaceutiques (15,1 % du total), en baisse de -1,5 % par rapport à 2024,
  • Les produits informatiques, électroniques et optiques (11,3 % du total), en hausse de +182,4 % par rapport à 2024

Les importations françaises depuis le Kenya sont en forte hausse depuis plusieurs années et la dynamique s’est poursuivie en 2025 (167,7 M EUR, +33,6 % par rapport à 2024). Cette hausse s’explique principalement par la forte augmentation des importations de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (63,0 % du total, en hausse de +42,4 % par rapport à 2024), de produits des industries agroalimentaires (30,2 % du total, en hausse de +18,4 %) et des textiles, habillement, cuir et chaussures (4,0 % du total, en hausse de +47,8 %). Les produits agricoles et produits des industries agroalimentaires comptent pour 93,0 % du total des importations sur l’année 2025 (154,1 M EUR). Le Kenya se positionne ainsi comme le deuxième fournisseur de produits agricoles et agroalimentaires de la France au sein de la région AEOI, derrière Madagascar.

L’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Kenya, mis en œuvre en juillet 2024, prévoit une libéralisation totale des échanges d’ici 20 ans. Cet accord devrait être un levier structurant pour renforcer la dynamique commerciale positive entre les deux pays.

Publié le