Conjoncture économique

Japon – le PIB de retour à un niveau pré-pandémique

 

La reprise de l’activité économique domestique se poursuit : le PIB a augmenté de 0,5% en glissement trimestriel au T2, soit le 3ème trimestre consécutif de croissance. Le niveau du PIB atteint un niveau trimestriel pré-pandémique pour la première fois, presque un an après la zone Euro et les Etats-Unis. Post T2, la consommation continue d’augmenter en glissement annuel (ventes de détail +2,4% en juillet), en accélération en g.m. par rapport à juin (+1,4 pt). La production industrielle repart à la hausse en juillet, à rebours des prévisions du marché : la hausse record en juin (+9,2%) a été suivie par une hausse modeste de 1% en g.m en juillet grâce à la normalisation de l’approvisionnement depuis la Chine. En revanche, le PMI des services passe sous le seuil de contraction (49,2), atteignant en son plus bas niveau depuis mars en raison du ralentissement de la demande lié à la nouvelle vague domestique de COVID. Au-delà, le risque d’un ralentissement économique à l’étranger pourrait peser sur les exportations japonaises, en particulier d’automobiles.

En août, l’inflation s’élève à 3,0% en g.a., dépassant le seuil des 2% pour le 5ème mois consécutif. La hausse des prix de l’alimentation se maintient à un rythme élevé, avec une inflation core (hors produits frais et alcool) dépassant 4,1% en g.a. La BoJ, dans ses prévisions publiées le 22 juillet, prévoit une progression de l’inflation tirée par la croissance des prix de l’énergie, des aliments et des biens durables : celle-ci pourrait s’élever à 2,6% sur l’année fiscale 2022, avant de ralentir à 1,7% en 2023.

Malgré la volatilité du yen et la hausse de l’inflation, le Gouverneur de la BoJ H. Kuroda a annoncé maintenir la politique monétaire ultra accommodante lors de la réunion du 21 juillet, estimant que la nature de cette inflation - transitoire et causée par un choc d’offre – n’est pas celle visée par ses interventions. Face à la chute du yen (qui a atteint 144¥/1$, sa plus faible valeur depuis 1998) et à l'absence d'effet des interventions verbales du ministère des finances et du gouverneur Kuroda pour soutenir sa valeur, la BoJ a relevé d’un niveau sa communication en effectuant un rate check (vérification des taux de change), avant de procéder quelques jours plus tard à une intervention sur les marchés de change – la première depuis 1998. Si l’effet d’annonce a permis au yen de remonter, il est rapidement reparti à la baisse (144,6¥/$ au 28/09) ; le MOF a d’ores et déjà annoncé qu’il procéderait à de nouvelles interventions si nécessaire. En toute hypothèse, en l’absence d’une inflexion significative de la politique monétaire et sans changement des conditions macro-économiques, il est peu probable que la trajectoire du yen puisse se redresser durablement.

 

La note complète se trouve en pièce jointe ci-dessous.

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