Présentation Pays

S’inscrivant dans la moyenne de la Caraïbe (PIB/habitant de 5 047 USD en 2017), l’économie jamaïcaine commence à tirer parti d’une localisation avantageuse (proximité d’importants partenaires commerciaux, notamment les Etats-Unis, et du canal de Panama dont l’élargissement en 2016 devrait bénéficier au port de Kingston en cours d'extension par CMA-CGM qui en détient la concession). Ce pays de 2,8 millions d'habitants (auxquels s'ajoute une diaspora de plus de 2 millions d’individus) souffre d'un niveau de pauvreté et de chômage élevé mais en baisse rapide (9,8 % % début 2017 conte encore 16,3 % en avril 2013 pour le taux de chomage), d'une qualité de formation initiale et professionnelle insuffisante et d'un indice de criminalité et d'insécurité élevé. Il en résulte un climat des affaires qui freine les entrées d’IDE (5,7 % du PIB en 2016) mais qui a connu une amélioration très substantielle depuis quelques années, sous l'influence du programme d'ajustement économique encadré par le FMI, qui comprend un important volet de facilitation des affaires. Le pays est ainsi monté au 67ème rang sur 190 au classement Doing Business 2017, 6ème d'Amérique latine/Caraïbes et en particulier meilleur classement des Caraïbes, hors Porto Rico.

Largement tournée vers les Etats-Unis (près de 40% des exportations, 65 % des touristes -hors croisiéristes- et plus de 60 % des transferts de fonds des émigrés), l’économie repose principalement sur les exportations de bauxite et d’alumine, les transferts de fonds des migrants (environ 2 Md USD, 16% du PIB en 2016) et le tourisme (5% du PIB). Le secteur touristique est en hausse en 2017 avec des résultats supérieurs aux projections. Pour la première fois, le pays a accueilli 1 million de touristes avant la fin du 1er semestre. Le secteur agricole, auparavant développé, requiert des réformes structurelles (productivité, foncier) et a particulièrement souffert des ouragans au cours des années récentes avec l’arrêt de la production de bananes pour l’exportation et la chute de 50 % de la production de sucre ; le pays est désormais fortement dépendant des importations de denrées alimentaires, mais également d’hydrocarbures (le pétrole compte pour un quart de la facture des importations). Il a engagé une politique très concrète de substitution des importations de pétrole en favorisant la génération électrique à partir d'énergies renouvellables (solaire, éolien) et en accueillant deux développements importants dans la génération thermique à partir du gaz liquéfié importé.

La Jamaïque a longtemps été prise dans dans un cercle vicieux : la dette était de 147% du PIB au moment de la signature de l'accord avec le FMI en 2013 et son service a longtemps absorbé plus de 40% des recettes de l’Etat (28 % pour les seuls intérêts). Le fardeau que représente la dette publique ne permet pas de dégager les ressources budgétaires suffisantes pour le déploiement d’infrastructures et le financement de programmes sociaux, pourtant nécessaires. Grace à un effort complet et continu du gouvernement depuis 2013, avec des excédents primaires supérieurs à 7,5 % du PIB, la dette a été ramenée à 104,1 % du PIB en mars 2018 et devrait passer nettement sous la barre des 100 % du PIB en 2019. Le FMI ne manque pas de saluer lors de chacune des revues de son programme l'engagement du gouvernement pour renforcer les fondamentaux économiques et la mise en place des réformes structurelles (législation fiscale, amélioration de l’efficacité du secteur public et baisse de la masse salariale). Ce programme laisse entrevoir une amélioration de la situation économique et de l’endettement. La croissance atteindrait +1,5 % en 2018, après 1 % en 2017, et devrait augmenter à 1,8 % en 2019 selon le Fonds.

Les entreprises françaises ont bénéficié de cet environnement assaini des affaires et de l'amélioration du risque pays en prenant pied en Jamaïque. C'est le cas de CMA-CGM (concession du terminal à conteneurs de Kingston), de Vinci (adduction et assainissement des eaux), par ailleurs associé à Bouygues dans la gestion d'une autoroute, de la société Neoen (construction et gestion d'une importante centrale photovoltaïque) ou encore de Total et Rubis dans la distribution de carburants.

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