Relations économiques bilatérales France-Italie

Les relations économiques franco-italiennes sont fortes. Avec la baisse des échanges de biens en raison de la crise Covid, l’Italie est devenue le 3ème partenaire commercial de la France, après l’Allemagne et juste après la Chine (mais la France reste le 2ème partenaire de l’Italie). La France est le 1er investisseur en Italie et le 3ème pays d’implantation des filiales italiennes. La crise actuelle et la réponse européenne (CFP, Next Génération EU, développement de chaines de valeur européennes) constituent des opportunités pour rapprocher nos industries et nos coopérations (politique industrielle, transition écologique et numérique, finance verte).

 1/ Troisième partenaire commercial après l’Allemagne et la Chine, l’Italie est notre 3ème déficit en 2020 .

En 2020, les échanges commerciaux entre la France et l’Italie se sont élevés à 71,3 Md€, près de 2 fois moins que nos échanges avec l’Allemagne (131,6 Md€) et un peu moins qu’avec la Chine (73,9 Md€). La crise Covid a interrompu la progression continue de nos exportations depuis 2014 (+3,9% en moyenne annuelle) et de nos importations depuis 2 ans (+17,8% sur 5 ans ; +2% en moyenne annuelle depuis 2018). En 2020, les échanges bilatéraux ont reculé de 12,1% (81 Md€ en 2019). Le déficit commercial a augmenté de 868 M€ (+14,7%) pour s’établir à -6,9 Md€. La hausse du déficit s’explique par la baisse plus rapide de nos exportations (-14,3% à 32,2 Md€), impactées par le recul des ventes de matériel de transport (-24,1% à 4,3 Md€) et des ventes d’énergie (-30,3% à 1,4 Md€). Nos importations ont quant à elles reculé de 10,4% à 38,9 Md€ (tous les postes sont en baisse, à l’exclusion des produits pharmaceutiques qui progressent de 55,2% à 2,4 Md€. L’Italie représente désormais le 3ème plus important déficit commercial de la France, après la Chine/Hong Kong (-34,3 Md€) et l’Allemagne (-10,7 Md€). L’Italie est notre 2ème client en 2020 (7,5% des exportations, +0,1pp) après l’Allemagne (14,2%, +0,5 pp). Elle est notre 3ème fournisseur, après l’Allemagne et la Chine/Hong Kong.

Pour l’Italie, en revanche, la France reste son 2ème partenaire commercial, derrière l’Allemagne.

 2/ Des investissements croisés en progression constante : la France est le 1er investisseur dans la Péninsule et l’Italie le 8ème investisseur en France .

Le stock d’IDE français en Italie s’élève à 85,9 Md€[1]. En 10 ans, le stock d’IDE français a presque triplé, plaçant l’Italie au 5ème rang des pays de destination de nos investissements (6,3% du stock total d’IDE français net à l’étranger), après les Etats-Unis (217 Md€), les Pays-Bas (181 Md€), la Belgique (142 Md€) et le Royaume-Uni (129 Md€). Avec la fusion EssilorLuxottica en 2018, qui a porté le flux d’IDE net de la France vers l’Italie à 26,2 Md€, la France est devenue le 1er investisseur en Italie. Comptant plus de 2 000 filiales contrôlées par des entreprises françaises[2], la France y est également le 1er employeur étranger (200 000 emplois). Elles sont situées principalement au nord-ouest du pays (60%), en Lombardie (Milan) et au Piémont (Turin). Les groupes français les plus importants sont Kering (Gucci), EDF (Edison), Lactalis (Parmalat), AXA, EssilorLuxottica, Carrefour, LVMH (Fendi, Bulgari) et BNP Paribas. La France est le 3ème pays d’implantation des filiales italiennes. Le stock d’IDE italiens en France est de 25,5 Md€[3] en 2019 et place l’Italie au 8ème rang des investisseurs étrangers en France (3,3% du stock d’IDE net en France, +1 place par rapport à 2018). En 2019, l’Italie a investi 0,7 Md€ en France en termes de flux net[4], avec 118 projets d’investissement et 2 200 emplois créés ou maintenus. En 2018, 2 151 entreprises étaient sous contrôle italien en France, et employaient 101 048 personnes, dans des secteurs de l’énergie, de l’automobile, du spatial, de l’aéronautique, de la pharmacie, des assurances. Les principaux investisseurs sont FCA (Fiat et CNH - 10 000 emplois), Generali (7 000 emplois), Prysmian (plus de 3 000 emplois), Edizione (Autogrill), CIR Group (KOS et Sogefi) et Saipem. Plus de la moitié des investissements italiens en France sont dans le secteur manufacturier.



[2] Base de données Reprint - Agence ICE - chiffres 2018.

[4] En termes de flux nets, l’Italie est le 11ème investisseur étrangers en France en 2019 - Banque de France (dernières données disponibles).

 

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