Des échanges extérieurs excédentaires

L’excédent de la balance des biens et des services de l’Italie progresse en 2019 pour s’établir à 54,9 Md€ après deux années de baisse. L’excédent commercial[1] est reparti à la hausse à 48,5 M€, porté par les exportations (+2,3%) notamment de produits pharmaceutiques, de textiles et d’habillement et de produits agroalimentaires, et un repli des importations d’hydrocarbures (- 7,2% à 43,3 Md€). Le déficit de la balance énergétique se redresse : l’excédent commercial hors énergie s’accroît pour atteindre 88,5 Md€. L’Italie est le 9ème exportateur mondial, le 4ème européen. Le déficit de la balance des services (-1,8 Md€) s’améliore sous l’effet de la hausse des recettes touristiques (+1 Md€). L’Allemagne maintient sa position de 1er fournisseur et client de biens et de services de l’Italie, devant la France (2ème fournisseur).

1.- L’excédent de la balance des biens et des services italien, de 54,9 Md€, s’est accru fortement en 2019 (+30,0% soit +12,7 Md€), après deux années de recul (-24,4% en cumulé).

A l’excédent de la balance commerciale égal à 52,9 Md€ (+34,6%), s’est ajoutée l’amélioration du déficit de la balance des services à -1,8 Md€ (+34%). Selon Eurostat, les exportations de biens et services italiens représentent 565 Md€ (31,6% du PIB) et sont en progression de 1,7%. Les importations qui atteignent 510,1 Md€ (28,5% du PIB) ont baissé de 0,6%. Le taux de couverture des échanges extérieurs de biens et de services[2] ressort à 110,8% (+2,6 pt par rapport à 2018).

2.- Après une année 2018 morose, en 2019 les échanges de biens ont renoué avec la croissance (+0,8%, 898,7 Md€).

L’excédent commercial (hors avitaillement) a augmenté de 30% (+12 Md€) pour s’établir à 48,5 Md€ (contre 36,5 Md€ en 2018). La hausse s’explique par deux facteurs : d’une part, l’amélioration de la balance énergétique dont le déficit s’est réduit de 3,2 Md€ (- 39,9 Md€ après - 43,1 Md€ en 2018) ; et d’autre part, la hausse de 1,7% des exportations (hors avitaillement) à 466,7 Md€ (après 458,8 Md€). Parmi les exportations qui ont enregistré la plus forte progression, figurent les produits pharmaceutiques (+25,6% ; 32,5 Md€), les produits textiles - d’habillement (+6,2% ; 56,5 Md€) et les produits des industries agroalimentaires (+6,6% ; 37,8 Md€) qui ensemble ont contribué à une progression du solde commercial d’environ 9 Md€. L’amélioration du déficit de la balance énergétique s’explique par la baisse des importations d’énergie, à l’exception du gaz manufacturé (3,5 Md€, après 0,9 Md€ en 2018).

Le taux de couverture des échanges extérieurs de biens, en baisse depuis 2014 et qui avait atteint son plus bas niveau en 2018 à 108,7%, remonte à 111,6% en 2019. Hors énergie, le taux de couverture est de 124,3%, en hausse de 2,3 pt (après 7,6 pt de perte entre 2013 et 2018).

Selon les statistiques italiennes (Istat)[3], l’Italie conserve sa place de 9ème exportateur mondial (2,8% des exportations mondiales en 2019 ; -0,1 pt) et de 4ème européen, après l’Allemagne (1er ; 7,9%), les Pays-Bas (2ème ; 3,8%) et la France (3ème ; 3%). A contrario, l’Italie perd deux rangs en 2019, devenant 13ème importateur mondial (2,5% des importations mondiales ; -0,1 pt) ; loin derrière l’Allemagne (3ème avec une part de 6,5%), les Pays Bas (6ème avec 3,4%) et la France (7ème avec 3,4%). Sa part dans les importations mondiales reste encore inférieure de 1 pt par rapport à son niveau de 2007.

3.- Les bons résultats de 2019 de l’Italie sont sous-tendus par le dynamisme des exportations (+2,3%, 475,8 Md€) conjugué au repli des importations (-0,7%, 422,9 Md€).

Les médicaments et préparations pharmaceutiques demeurent les produits les plus porteur à l’exportation (29,5 Md€, 6,2 % des exportations) en forte croissance (+27,7%). Viennent ensuite les machines d’utilisation générale et machines diverses (49,6 Md€, 10,5%) en légère progression de 0,6%. Les machines d’utilisation spéciale[4] sont le 3ème produit exporté (21,3 Md€, 4,5%) et gagnent un rang. A contrario, les véhicules automobiles perdent une place et passent au 4ème rang (20,8 Md€, 4,4% des exportations totales) en recul de 8%. Les pièces détachées pour automobiles et moteurs diminuent également (13,9 Md€ ; 2,9 % des exportations ; -0,1 pt par rapport à 2018). Enfin, les articles d’habillement (hors cuir), 5ème produit exporté (à 19,1 Md€ - 4,0%), croissent de 8%.

Inversement, les importations de l’Italie s’inscrivent en baisse dans la plupart des segments : -1,5% pour les véhicules automobiles (1er produit importé ; 32,8 Md€ soit 7,8% des exportations totales) ; -5,5% pour le pétrole brut (2ème produit importé ; 26 Md€ ; 6,2%) ; -4,5% pour les produits chimiques (3ème produit ; 25,6 Md€ ; 6,1%). En revanche, les importations de médicaments et préparations pharmaceutiques progressent de 6,8% (4ème produit ; à 23,6 Md€ ; 5,6% du total).

Près de 51% des exportations italiennes se font avec les partenaires UE, 14% avec l’Asie (et 13% avec les Amériques. Les pays qui contribuent le plus à la croissance des exportations sont la Chine (+21,2%), la Suisse (+19,3%), la Belgique (+16,7%) et la France (+4,3%) ; ils baissent en revanche avec les Etats-Unis (-7,7%) et les pays de l’OPEP (-3,7%).

4.- Le déficit de la balance des services (-1,8 Md€, après -2,7 Md€) s’est amélioré sous l’effet de la croissance des voyages.

En progression quasi constante depuis 2010 (à l’exception d’une baisse de 0,3% en 2013), les exportations de services (108,7 Md€ ; 6% du PIB) augmentent de 4,1%, contre 3,1% pour les importations (110,5 Md€ ; 6,2% du PIB) en 2019. Le déficit de la balance des services s’améliore de 933 M€. Le tourisme (poste « voyages ») compte pour 40,7% des recettes des services (44,3 Md€ ; 2,5% du PIB), devant les « autres services aux entreprises » (22,4%) et les transports (12,3%) ; et pour 24,5% dans les dépenses (27,1 Md€ ; 1,5% du PIB), après les « autres services aux entreprises » (24,0%) et les transports (21,0%). La balance touristique italienne enregistre un solde excédentaire continu depuis 2010, qui atteint 17,2 Md€ en 2019 (+6,2% ; soit +975 M€), équivalent à l’amélioration du déficit de la balance des services (+933 M€).

5.- L’Allemagne conserve sa position de 1er fournisseur (16,5% des importations de biens) et de 1er client (12,2% des exportations de biens), devant la France (2ème avec respectivement 8,7% et 10,5%).

L’Allemagne maintient stable sa position de 1er fournisseur de biens en 2019 (+0,0 pp de part de marché), devant la France qui voit sa part de marché légèrement augmenter (+0,1 pp, à 8,7%). Si l’Allemagne conserve la 1ère place, la Chine gagne 0,3 pt de marché (3ème fournisseur à 7,6%, après 7,3% en 2018). En cumulé, depuis 1991, l’Allemagne a perdu moins de parts de marché en Italie que la France (respectivement -4,4 pp ; et -5,5 pp) alors que la Chine progresse (+6,2 pp). L’Allemagne maintient sa position de 1er client de l’Italie (12,2% des exportations italiennes), avec une perte de part de marché (- 0,3 pp ; après 12,5% en 2018). La France maintient stable sa place de 2ème client (+0,0 pt ; avec 10,5% des exportations italiennes). Les Etats-Unis confortent leur position de 3ème client (9,6% des exportations italiennes) en augmentant leur part de marché (+0,5 pp ; après 9,1% en 2018).

Les échanges commerciaux bilatéraux de l’Italie avec ses partenaires ont atteint des montants record en 2019, hors Allemagne[5]. Les soldes s’améliorent avec l’Allemagne (-11,5 Md€ après -12 Md€), la France (13,2 Md€ après 12 Md€) et le Royaume-Uni (14,2 Md€ après 12,5 Md€), mais pas avec la Chine où le déficit commercial se creuse (-12,9 Md€ après - 11,8 Md€) et devient le 1er déficit commercial de l’Italie, devant l’Allemagne (-11,5 Md€) et les Pays-Bas (-11,2 Md€). Le déficit de l’Italie avec la Chine s’appuie sur de moindres exportations (-1,6% à 19 Md€) combinées à une hausse des importations (+2,6% à 32 Md€). Les Etats-Unis demeurent le 1er excédent commercial de l’Italie (28,6 Md€ ; 54% de l’excédent commercial total), devant la Suisse (15,1 Md€), le Royaume-Uni (14,3 Md€) et la France (13,2 Md€).



[1] L’excédent commercial est calculé hors avitaillements.

[2] Rapport entre la valeur des exportations de biens et services et celles des importations de biens et services.

[3] Source MAECI, rapport sur l’export du 14 mai 2020.

[4] Les machines dites d’utilisation spéciale comprennent les machines utilisées dans la métallurgie, l’industrie alimentaire, l’industrie textile, l’industrie du papier et du carton etc.

[5] Les échanges 2019 entre l’Italie et l’Allemagne ont diminué de 0,5% à 127,7 Md€, en raison d’une baisse des exportations (-0,2% ; 58,1 Md€) et des importations (-0,8% ; 69,6 Md€) avec ce partenaire.

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