Climat et Energie

Le ministère de l’environnement et de la sécurité énergétique (mase)

Le ministère de l’environnement et de la sécurité énergétique, ministero dell’ambiente e della sicurezza energetica (MASE), est chargé de la protection des ressources terrestres et hydriques, de la protection de la nature et de la mer, du développement durable du pays et de l’évaluation environnementale des grands projets dans un contexte de transition globale.

Il est dirigé par Gilberto Pichetto Fratin depuis octobre 2022. Ancien sénateur et vice-président de la région du Piémont (Turin), il est aujourd’hui député et ministre, provenant du parti Forza Italia, parti de centre-droit libéral.

Profil climat

1.       Situation climatique

L’année 2024 a été l’année la plus chaude enregistrée en Italie. D’après l’Observatoire National Ville Climat, les événements météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents. L’assureur Unipol précise que les événements climatiques extrêmes ont causé 253 Md€ de dommages sur les cinquante dernières années et estime qu’ils devraient causer 590 Md€ de dégâts dans les cinquante prochaines années. L’Italie est consciente de sa vulnérabilité particulière aux risques naturels et met en place des politiques visant à s’adapter à ce changement et à diminuer son impact sur le climat.

2.      Émissions de gaz à effet de serre

L’Italie a dépassé son objectif de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2020, atteignant une réduction de 28 % puis 30 % en 2024, mais restant inférieure à la moyenne européenne de -38 %.

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Émissions de GES en Italie par secteur depuis 1990

Les principaux secteurs d’émissions en Italie sont les transports, la production d’énergie, l’industrie et la construction. Le pays a également su tirer profit de son parc de forêts et de ses espaces naturels en augmentant sa capacité d’absorption de CO2 selon les modalités fixées par le règlement européen LULUCF [ANNEXE 2] qui permet de valoriser ces puits de carbone dans les calculs des émissions nationales de gaz à effet de serre.

emissions

Dans l’objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, l’Italie a adopté un Plan national énergie climat, le PNIEC, fin 2019 et l’a mis à jour en 2024. À l’horizon 2030, le document affiche une ambition alignée sur les objectifs européens :

  • Une part des énergies renouvelables de 39 % dans la consommation d'énergie finale brute ;
  • Dans les transports, une part de carburant décarboné ou partiellement décarboné de 22 %
  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2005, avec un objectif de 43,7%.

De plus, des politiques volontaristes sont menées pour poursuivre la hausse significative de la part des énergies renouvelables, au premier rang desquelles figurent le photovoltaïque et l’éolien.

 

Profil énergie

1. L’Italie est dépendante des importations d’énergies fossiles mais poursuit ses efforts de décarbonation, avec l’enjeu de maîtriser le coût de l’énergie.

Le mix énergétique italien repose à hauteur de 80 % sur des énergies fossiles. Cette dépendance se traduit par un niveau des prix de l’électricité supérieur de 13 % à la moyenne européenne au 2e semestre 2025. Une telle situation pèse sur la compétitivité des entreprises italiennes et sur le pouvoir d’achat des ménages.

Le rapport annuel du MASE sur la situation énergétique nationale en 2024 indique que 35 % de l’énergie utilisée en Italie provient du gaz naturel, 38 % du pétrole, 20 % de sources renouvelables, 3,4 % du charbon et 3 % d’imports d’électricité. Au total, le pays importe 74 % de l’énergie qu’il consomme. Cette dépendance rend le pays vulnérable aux événements géopolitiques internationaux et aux variations de prix. La montée en puissance des énergies renouvelables réduit partiellement cette dépendance. La guerre en Ukraine a poussé l’Italie à diversifier ses fournisseurs (Algérie et Azerbaïdjan) et à renforcer ses infrastructures : terminaux GNL, hub énergétique méditerranéen, unités flottantes de stockage et de regazéification.

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2. La production italienne d’électricité repose majoritairement sur les sources renouvelables et le gaz naturel

En 2024, les renouvelables ont représenté 52 % de la production nationale d’électricité, dépassant le gaz naturel (42 %). Le reste provient du charbon, du pétrole ou d’autres sources (6 %). L’Italie importe par ailleurs 16,3 % de sa consommation électrique, notamment auprès de la France, qui a fourni 22,3 TWh à l’Italie en 2024, et de la Suisse.

La révision de 2024 du PNIEC introduit l’objectif d’atteindre 131 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030 avec un focus sur le solaire et l’éolien.

énergie renouvelable

 

3. Centrales à charbon

Les centrales à charbon occupent une place importante dans le débat politique ; certaines d’entre elles sont visées par des enquêtes judiciaires pour pollution et atteinte à la santé publique. Le PNIEC de 2024 fixait à 2026 la sortie du charbon pour la production électrique et envisageait le gaz naturel comme source d’énergie de transition. Le contexte géopolitique, marqué par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient et le manque de sources d’énergie alternatives, a poussé le gouvernement italien à annoncer en avril 2026 le report de cette échéance à 2038 afin de se laisser la possibilité de relancer la production d’électricité à partir de charbon pour faire face aux périodes les plus critiques.  

 
4. Le progrès rapide de la production photovoltaïque depuis 2011

L'italie affiche des objectifs ambitieux en matière de photovoltaïque avec un plan national visant environ 80 GW de capacité installée d’ici 2030, soit une hausse de 57 GW par rapport à 2021. En 2023, la production d’énergie photovoltaïque a atteint les 30 TWh en Italie (20 TWh en France sur la même année). Pour soutenir cette croissance, le gouvernement a mis en place plusieurs mécanismes d’aide comme la stabilisation des contrats de vente d’électricité (PPA), le dispositif Energy Release 2.0, le programme Transizione 5.0 et les décrets FER qui favorisent les investissements privés dans les énergies renouvelables.

Malgré des contraintes administratives et liées aux capacités du réseau, l’Italie figure parmi les pays européens les plus dynamiques dans ce secteur. Elle encourage également le développement des installations privées grâce à des aides à la rénovation (Superbonus, Bonus ristrutturazioni, Ecobonus) et au dispositif d’autoconsommation Scambio sul posto, qui permet d’injecter l’électricité produite sur le réseau et de la récupérer ultérieurement

 

 

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5. Un retour au nucléaire envisagé par le gouvernement

Après une trentaine d’années durant lesquelles l’Italie exploitait des centrales nucléaires, l’arrêt de cette production d’énergie a été acté par référendum en 1987 (à la suite de la catastrophe de Tchernobyl en 1986), et un second référendum confirmait cette décision en 2011 (après la catastrophe de Fukushima la même année), dans un pays qui connait l’activité sismique la plus importante et la plus fréquente d’Europe. Selon l’institut national de géophysique et de volcanologie (INGV, organisme italien de référence), l’Italie connaît en effet en moyenne 15 000 séismes par an, et au moins un épisode majeur avec une magnitude supérieure à 6 tous les cinq ans.

Dans le contexte de crise énergétique, le gouvernement italien a rouvert le débat sur le nucléaire civil. Le PNIEC de 2024 envisage une production d’énergie nucléaire pouvant répondre à 11 à 22 % du mix électrique italien. L’Italie envisage de recourir à des réacteurs de petite puissance, les SMR (Small Modular Reactors), plus adaptés aux besoins et à la capacité du réseau électrique italien. L’Italie mise également sur les réacteurs de 4e génération et sur la fusion nucléaire.

 

nucléaire

Si l’Italie a stoppé l’activité de ses centrales, de nombreuses entreprises de la filière industrielle du nucléaire ont conservé une compétence avérée, avec l’appui des universités italiennes qui proposent des formations de haut niveau. L’Italie est également engagée dans le projet ITER. Enfin, elle maintient des partenariats de haut niveau avec la France dans la recherche nucléaire, notamment entre le CEA et les grands centres de recherche italiens dont l’ENEA et l’INFN.

 

6. Plan hydrogène

La Stratégie nationale hydrogène fixe pour objectif que l’hydrogène représente 2 % de l’énergie consommée d’ici 2030, puis jusqu’à 18 % de l’énergie utilisée dans l’industrie et 30 % de celle utilisée dans les transports à l’horizon 2050. Les plus grands projets concernant l’hydrogène sont les Hydrogen Valleys, un ensemble de 52 sites de production et d’exploitation d’hydrogène vert, qui a nécessité un investissement initial de 500 M€. 

Le PNIEC de 2024 présente l’hydrogène comme un vecteur stratégique de décarbonation, principalement destiné aux secteurs difficiles à électrifier, comme l’industrie lourde et certains secteurs du transport. Il fixe un objectif d’hydrogène renouvelable de 54 % dans la consommation d’hydrogène dans l’industrie d’ici 2030. Selon la tendance actuelle, l’hydrogène renouvelable représentera 4 % dans la consommation industrielle en 2030.

 Financement de la transition

1. Financements européens : le PNRR

Le plan de relance européen de 2020 « Next Generation EU » a été décliné par l’Italie en son Plan national de relance et de résilience ou PNRR. Sur les 194 Md€ d’investissements de ce plan, 69 Md€ sont prévus pour la transition écologique dont 8 Md€ pour les énergies renouvelables.

Au troisième trimestre de 2025, les dépenses effectivement réalisées dans les mesures PNRR liées aux énergies renouvelables atteignaient environ 256,8 M€, soit 4,77 % des 5,38 Md€ prévus pour 2021-2026.

2.  Financements nationaux

L’Italie a également engagé des fonds nationaux pour accompagner la transition. Parmi les plus importants, le Superbonus habitat offrait 110 % de crédit d’impôt pour la réalisation de travaux de rénovation énergétique (isolation thermique, systèmes de climatisation et de chauffage, bornes de recharge pour véhicules électriques et production d’énergies renouvelables). Son taux a diminué au fil des années et le bonus a été arrêté en 2026 en raison de son impact sur les finances publiques italiennes. Il a été remplacé en 2026 par le Bonus ristrutturazioni 50 % / 36 %, avec un taux de de crédit d’impôt plus faible : 50 % des dépenses de travaux pour une résidence principale et 36 % pour les résidences secondaires ou les biens loués. En 2027, les taux seront abaissés respectivement à 36 % et 30 %. Par ailleurs, l’Ecobonus est un crédit d’impôt analogue, mais qui cible spécifiquement les installations énergétiques des maisons, avec un taux aligné depuis 2026 sur celui du Bonus ristrutturazioni.

D’après les rapports annuels de l’Agence nationale italienne pour les nouvelles technologies, l'énergie et le développement durable, ces bonus ont eu des effets positifs tangibles, la qualité globale du parc immobilier italien s’étant grandement améliorée, avec notamment des bâtiments devenus moins énergivores. Le superbonus a permis de rénover environ 6 % du parc de bâtiments national. Néanmoins, l’impact sur les finances publiques (initialement prévu pour 35 Md€, il aurait coûté de l’ordre de 170 Md€) et l’efficacité de la dépense ont également fait l’objet de critiques.


 

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