Indicateurs, conjoncture, brèves macroéconomiques et sectorielles

   Avec un PIB de 432 Mds USD en 2017, l’Iran se situait au 29e rang des économies mondiales. Ses 81 millions d’habitants (dont environ 41% de moins de 25 ans et 73% d’urbains) en font le premier marché du Moyen-Orient par la taille. Le PIB par habitant était de 5300 USD en 2017 (20 200 USD en parité de pouvoir d’achat) et l’indice de développement humain de 0,774 (69e rang mondial).

   Alors que l’Iran est doté des quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et des premières réserves prouvées de gaz, la dépendance de son économie au secteur des hydrocarbures reste forte. Cependant, fort de sa base industrielle (automobile, ciment, sidérurgie, mines, pharmacie, etc.), l’Iran est une des économies les plus diversifiées de la région.

   Au plan macroéconomique, l’Iran a connu une contraction cumulée de son PIB réel de 8,0% sur les exercices 2012/2013 et 2013/2014 sous l’effet des sanctions renforcées mises en place à partir de 2012. Après un éphémère rebond en 2014/2015 (+3,2%), la croissance a été de nouveau négative (-1,6%) en 2015/2016. A contrario, l’année 2016/2017 a été celle du rebond. Selon les dernières estimations du FMI, la croissance du PIB en volume se serait établie à 12,5% en année pleine. Ce regain d’activité a été essentiellement imputable à la reprise plus rapide qu’attendu de la production et des exportations de pétrole brut. En glissement annuel, elles ont progressé respectivement de 23% à 3,5 M de b/j et de 84% à 2 M de b/j sur l’année 2016, et de 9% à 3,8 M de b/j et de 10% à 2,2 M de b/j en  2017. Elles avaient alors renoué avec leur niveau d’avant sanctions.

   Si la croissance est tombée à 4,3% en 2017/2018, elle a été plus équilibrée, notamment grâce à la progression plus marquée du PIB hors hydrocarbures (4,0% contre 3,3% sur l’exercice précédent), la croissance du PIB hydrocarbures ayant fortement décéléré (5,2% contre 61,6% sur l’exercice précédent) et la production pétrolière se rapprochant de son plafond théorique en l’absence d’investissements étrangers.

 

  Par ses effets attendus (et déjà constatés pour partie) sur le volume des exportations de pétrole brut de l’Iran, mais pas uniquement, le retrait des États-Unis de l’Accord de Vienne (intervenu le 8 mai 2018)  et le rétablissement des sanctions secondaires américaines (6 août et 4 novembre 2018) pourraient sensiblement fragiliser, pour ne pas dire annihiler, la reprise intervenue depuis la fin de l’année 2015. À l’aune de ce nouveau contexte, on voit en effet mal le taux de croissance atteindre les 4% prévus par le FMI en 2018/2019 (dernière estimation, article IV - mars 2018).

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