Situation économique et financière de l'Irak

Après avoir affronté trois guerres et douze ans d’embargo au cours des quatre dernières décennies, la situation sécuritaire et économique du pays connait une évolution positive depuis le début de l’année 2017. Cette dynamique est portée d’une part par la victoire contre Daech annoncée le 09 décembre 2017, et d’autre part par la bonne tenue des prix du baril du brut (moyenne de 65,8$ sur l’année 2018 contre 50$ sur l’année 2017, 62,5$ sur les 7 premiers mois de 2019).

L’Irak est aussi, avec environ 40 millions d’habitants (un recensement est attendu en 2020), l’un des plus grands marchés de la région avec une  demande en biens de consommation et de biens d’équipement en forte croissance. Enfin, le pays dispose des cinquièmes réserves mondiales prouvées de pétrole (143 Mds de barils) et 12ème réserves mondiales prouvées de gaz.

Le PIB de l’Irak est en augmentation constante ces deux dernières années (193 Mds$ en 2017, 226 Md$ en 2018) et devrait atteindre les 247 Mds$ en 2019. Une dynamique qui s’explique en grande partie par une reprise des exportations de pétrole brut (aux alentours de 3,5 Mb/j) et un prix moyen du baril en hausse.  

Après une phase de stabilisation débutée en 2015 sous l’égide du PNUD et qui se poursuivra jusqu’à fin 2019, le programme de reconstruction du pays a été « dévoilé » le 13 février 2018 lors de la conférence internationale de Koweït. Les besoins de reconstruction de l’Irak sont estimés à 88 Mds$ sur 10 ans, dont 22 Mds$ en urgence pour réhabiliter les services publics de bases (eau, électricité) et permettre le retour des populations déplacées. En outre, le plan stratégique pour la reconstruction de l’Irak sur la décennie 2018-2028 comporte cinq piliers : gouvernance, réconciliation, dimension humaine de la reconstruction, infrastructures et  relance de l’économie. A noter que lors de cette conférence, les engagements financiers de la communauté internationale ont atteint près de 30 Mds$, dont 15,5 Mds$ de prêts et 11,5 Mds$ sous forme de crédit à l’exportation. Ces montants s’ajoutent à un volant déjà important d’aide internationale porté par de grandes institutions internationales comme la Banque Mondiale et et agences bilatérales (USAID, DFID, JICA, KFW, GIZ, et prochainement l’AFD). La France de son côté, a annoncé la mise en place d’une facilité de financement de 1 Md € sur les quatre prochaines années. Un an et demi, après cette conférence de Koweit, force est de constater que très peu de projets de reconstruction ont été lancés.

Si l’Irak s’était engagé jusqu’en 2019 à mener un important programme de redressement macroéconomique, sous supervision notamment du FMI, l’amélioration de la situation conjoncturelle et la mise en place d’un nouveau gouvernement ont eu pour effet de reporter sine die ces réformes de fonds, visant notamment à poursuivre la consolidation budgétaire (hausse des revenus non pétroliers et réduction des dépenses courantes), à améliorer la gestion des finances publiques (trésorerie, engagement des dépenses, audit et paiement des arriérés), à rationaliser le secteur bancaire et à renforcer la lutte contre la corruption, le blanchiment et le financement du terrorisme.

Pièce jointe : chiffres clés de la situation financière de l'Irak (données du SER de Beyrouth - Juin 2019)

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