Le commerce bilatéral entre la France et l'Irak en 2019

En 2019, les exportations françaises ont significativement progressé, de 44 %, pour s’établir à 427 M€, soit le plus haut niveau constaté depuis 2013. Elles ont même semblé faire preuve d’une certaine résilience au contexte troublé en Irak : depuis le début des turbulences en octobre, elles ont été légèrement plus dynamiques qu’auparavant. Pour autant, elles restent peu diversifiées et apparaissent modestes alors que l’Irak importe la quasi-totalité de ses besoins. De leurs côtés, les importations françaises depuis l’Irak, en quasi-totalité du pétrole, se sont établies à 904 M€ en 2019 et elles ont quasiment doublé en un an, dans le sillage des sanctions américaines contre l’Iran de la mi-2018. Il en ressort un creusement du déficit commercial français, passé de 184 à 477 M€ entre 2018 et 2019.

1. Une hausse significative des exportations françaises qui atteignent leur plus haut niveau depuis 2013

1.1 Une hausse de 44 % à 427 M€ et une certaine résilience aux troubles

En 2019, les exportations françaises ont significativement progressé, de 44 %, pour s’établir à 427 M€, soit le plus haut niveau constaté depuis 2013 :

  • Les exportations de produits métallurgiques et métalliques ont été multipliées par plus de 6 en 2019, à 107 M€, contribuant à plus des deux tiers de la hausse des exportations totales en 2019. Ce résultat reflète une demande accrue en tubes et tuyaux de cuvelage français par les compagnies pétrolières : les entreprises françaises ont su tirer profit de la priorité irakienne donnée aux investissements publics dans ce secteur.
  • Les exportations de produits agroalimentaires progressent de plus de 71 % en 2019, à 77 M€. Comme lors des années précédentes, elles sont essentiellement tirées par la demande de lait infantile français.
  • Les exportations de produits chimiques, parfums et cosmétiques affichent une hausse de 37 % en 2019, à 50 M€. La demande d’herbicides et d’engrais, notamment en provenance des régions agricoles du nord de l’Irak, a largement soutenu les exportations françaises. Par ailleurs, les parfums et cosmétiques français sont de plus en plus prisés en Irak : les entreprises françaises, qui dominent le marché mondial, sont toujours plus sollicitées par des sociétés irakiennes, désireuses de distribuer leurs produits localement.
  • Les exportations d’équipements mécaniques et électriques enregistrent une hausse de 13 % à 80 M€. La demande pour ce type d’équipements s’explique par les efforts de reconstruction du pays.
  • De tous les grands postes, seuls les produits pharmaceutiques ont enregistré un reflux en 2019 : -23 % à 81 M€. Cette contreperformance s’explique par un report d’une partie de la demande irakienne vers des pays producteurs à bas coût. En particulier, l’agence publique Kimadia recourt de plus en plus à des vaccins contre la grippe produits en Inde.

Les exportations françaises en Irak ont même semblé faire preuve d’une certaine résilience au contexte troublé en Irak : depuis le début des turbulences en octobre, elles ont été légèrement plus dynamiques qu’auparavant. Les manifestations en Irak, qui ont débuté le 1er octobre, se sont traduites par le blocage partiel de plusieurs infrastructures et, en particulier, le port d’Um Qasr, ce qui a affecté le trafic de containers (-8 % en 2019). Malgré cela, les exportations françaises en Irak ont été supérieures en moyenne mensuelle après le 1er octobre.

1.2 Les exportations françaises restent cependant peu diversifiées et, malgré leur hausse, apparaissent modestes au regard des besoins de l’Irak

Les cinq postes précédents concentrent plus de 90 % des exportations françaises. Par ailleurs, les statistiques du commerce extérieur irakien ne sont pas connues pour 2019 mais, en 2018, la part de marché de la France était particulièrement faible : à 0,7 %, elle faisait de la France le 21e fournisseur de l’Irak. Le rebond des ventes françaises en 2019 devrait toutefois améliorer ce classement.

Composition des exportations françaises vers l'Irak

Source : Douanes françaises

2. Les importations françaises sont toujours essentiellement constituées d’hydrocarbures

Les importations, composées à 99,9 % d’hydrocarbures, se sont établies à 904 M€ en 2019 ; elles ont quasiment doublé en un an, dans le sillage des sanctions américaines sur l’Iran de la mi-2018. En mai 2018, les Etats-Unis annoncent leur retrait de l’accord sur le nucléaire iranien et rétablissent les sanctions contre l'Iran. Dans ce contexte, la France a fait évoluer ses sources d’approvisionnement en hydrocarbures, au bénéfice de l’Irak notamment : ses importations irakiennes de pétrole sont passées de 127 M€ en 2017 à 480 M€ en 2018. Les sanctions américaines jouent ensuite à plein en 2019 : les importations d’hydrocarbures en provenance d’Irak ont crû de 88 % à 903 M€ en 2019, dépassant les niveaux atteints avant 2015, année coïncidant avec la signature de l’accord sur le nucléaire iranien et le début des troubles en Irak.

Composition des importations françaises d'Irak

Source : Douanes françaises

 3. Un solde commercial de nouveau en notre défaveur depuis 2018

Malgré la hausse des exportations françaises, le solde commercial est resté en territoire négatif en 2019 : il s’établit à -477 M€ contre -184 M€ en 2018.

Echanges commerciaux France-Irak

Source : Douanes françaises

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