Le commerce bilatéral entre la France et l'Irak en 2017

Nos échanges bilatéraux ont atteint 459 MEUR en 2017 contre 476 MEUR (-3,5% sur un an, après -61% en 2016). Une tendance qui s’explique principalement par la poursuite de la baisse de nos importations (-20,2%) composées essentiellement de pétrole irakien. A l’inverse, nos exportations ont connu une légère hausse (+4,7%, après un recul de 25,8% en 2016). 

L’amélioration de la situation économique et financière de l’Irak en 2017 conjuguée à l’annonce du programme de reconstruction des zones libérées de Daech, estimé à environ 90 Mds USD, pourraient ouvrir d’intéressantes perspectives à court et moyen terme pour nos entreprises. Les promesses d’engagements financiers des bailleurs multilatéraux et bilatéraux devraient également concrétiser un certain nombre de projets dès cette année, si le résultat des élections du 12 mai permet rapidement la constitution d’un gouvernement.

1. Des échanges commerciaux bilatéraux en légère baisse, due à un recul constant de nos importations, quasi-exclusivement composées de pétrole   

Notre relation commerciale bilatérale connaît une baisse significative depuis 2016. Cette évolution négative s’explique d’une part par la forte baisse des prix du baril[1] et des volumes importés de pétrole, et, d’autre part par la situation financière très délicate de l’Etat irakien, dont l’essentiel des moyens financiers étaient mobilisés dans la guerre contre Daech et la reconquête du territoire.[2]

Les échanges commerciaux entre la France et l’Irak ont atteint 459 MEUR contre 476 MEUR en 2016, soit une baisse de 3,5% sur un an[3]. Si nos importations, constituées à 99,5% de pétrole brut, ont diminué de 20,2%, passant de 159 MEUR en 2016 à 127 MEUR en 2017, nos exportations ont connu un léger rebond de +4,7% en 2017 pour s’établir à 332 MEUR (contre 317 MEUR en 2016).

Tout comme en 2016, l’Irak reste notre 7ème partenaire au Moyen-Orient, notre 7ème client et notre 7ème fournisseur après la Turquie, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, l’Iran, le Qatar et le Koweït.

Pour la deuxième année consécutive depuis 2006, le solde de notre balance commerciale avec l’Irak est excédentaire et s’établit à +205 MEUR (+157 MEUR en 2016, -411 MEUR en 2015). 

Enfin, la part de marché de la France s’établirait à 1,08% (1,06% en 2016), contre 2,4% pour l’Allemagne, 2,10% pour l’Italie, 1,35% pour la Grande-Bretagne, 3,78% pour les Etats-Unis et loin derrière la Turquie (29,07%) ou la Chine (26,27%)[4].

2. Des exportations peu diversifiés mais en progression de 4,7% 

Alors que l’Irak importe la quasi-totalité de ses besoins, nos exportations restent concentrées sur quatre postes, représentant 90% de nos ventes :

a) les préparations pharmaceutiques, qui, bien qu’en baisse de 14,2% –130 MEUR en 2016 contre 112 MEUR en 2017- reste notre premier poste d’exportations avec une part de marché de 34%.

b) les produits des industries agroalimentaires qui sont passés de 49 MEUR en 2016 à 54 MEUR en 2017 (41 MEUR en 2015).

c) les équipements électriques et ménagers qui sont passés de 20 MEUR en 2016 à 53 MEUR en 2017 (soit +165% sur un an).

d) les produits chimiques, parfums et cosmétiques qui sont passés de 30 MEUR en 2016 à 34 MEUR en 2017 (soit +11,4% sur un an).

Nos autres postes d’exportations vers l’Irak sont constitués par les machines industrielles et agricoles (29 MEUR ; -11%), les équipements informatiques (16 MEUR ; -16%) et les produits métalliques (14 MEUR ; -16%).

En 2016, dernières statistiques disponibles, environ 700 entreprises françaises ont exporté vers l’Irak,. Il s’agit essentiellement de PME (247), suivies d’ETI (258), de micro-entreprises (100) puis de grandes entreprises (93).

3. Nos importations, quasi-exclusivement constituées de pétrole brut, poursuivent leur baisse en 2017.  

3.1 Le montant total de nos importations est passé de 159 MEUR en 2016 à 127 MEUR en 2017, soit une baisse de 20,2% sur un an. Nos importations avaient atteints 807 MEUR en 2015.

3.2 Hormis quelques équipement électriques et mécaniques (< 1 MEUR), plus de 99,5% des importations françaises en provenance d’Irak sont constitués de pétrole brut pour un montant de126,6 MEUR en 2017 contre 158 MEUR en 2016,  soit une baisse de 19,6%. Même si le prix moyen du baril exporté est passé 35,94 USD en 2016 à 49,8 USD en 2017 (+39% sur un an), cette tendance à la baisse confirme donc que les quantités importées cette année ont été très inférieures aux années précédentes et que l’Irak ne fait plus partie des principaux fournisseurs en hydrocarbures de la France.

4. D’intéressantes perspectives pourraient se profiler pour nos entreprises sur les prochaines années et relancer les échanges commerciaux entre les deux pays.

4.1 L’année 2017 a été celle de la transition. Tout d’abord, le contexte sécuritaire s’est sensiblement améliorer depuis un an[6], notamment depuis la fin de l’été et la situation économique et financière a évolué dans le bon sens (ce qui est une première depuis 2013)[7]. Ensuite, l’augmentation du prix moyen du baril exporté (48,7$/b en 2017 contre 35,6$/b en 2016) conjuguée aux mesures prises pour maîtriser la dépense publique ont permis de réduire le déficit public (de 13,9% du PIB en 2016 à 2,2% du PIB en 2017). Enfin, la situation des comptes extérieurs a également évolué dans le bon sens puisque le solde de la balance courante est passé d’un déficit de 15 Mds USD en 2016 à un excédent de 1 Md USD en 2017.

4.2 L’année 2018 pourrait être celle de la confirmation des bons résultats obtenus en 2017. Si le prix du baril de pétrole irakien venait à se stabiliser autour de 60$ (ce qui est le cas au T1 2018), les comptes publics de l’Etat irakien pourraient dégager un excédent alors que la dette publique pourrait baisser. Enfin, l’excédent de la balance courante pourrait s’accentuer.  

Parallèlement à ces indicateurs économiques et financiers positifs, le programme de reconstruction du pays, annoncé lors de la conférence internationale du Koweït (12 au 14 février 2018), devrait voir le lancement de grands projets d’investissements dans l’ensemble des secteurs de l’économie irakienne : infrastructures, énergies, sécurité, transport… Une dynamique vertueuse pour l’activité économique du pays, hors secteur hydrocarbures, et potentiellement créatrice d’emploi.

evolution des éc hnages bilatéraux /
produits français exportés en


[1] Le montant des exportations de pétrole (hors GRK) a été ramené de 49,05 Mds USD en 2015 à 43,14 Mds USD en 2016, soit une baisse voisine de 12% malgré une augmentation en volume de près de 10%. 

[2] Les principaux fournisseurs de l’Irak ont enregistré en 2016 une forte baisse de leurs ventes mais à des degrés divers. La chute a été moins forte pour les pays fournisseurs de produits agro-alimentaires et de biens de consommation comme la Turquie (-20% sur 2016) que pour les pays occidentaux plus spécialisés dans les biens d’équipement comme la France mais également les Etats-Unis (-45% en 2016).

[3] Alors qu’ils s’établissaient à 1,26 Md EUR en 2015, dont 807 M d’importation et 427 M d’exportation

[4] A noter l’absence des statistiques avec l’Iran, qui figure, sans aucun doute, parmi les principaux partenaires commerciaux de l’Irak

[5] pour qui le marché irakien représente la moitié de son chiffre d’affaires sur la zone Moyen-Orient

[6] Le nombre des victimes civiles de la violence politiques et confessionnelle avait été ramené de 16 407 en 2016 à 13 187 en 2017 selon le décompte effectué par Iraq Body Count.

[7] Selon le FMI, la croissance en volume du PIB hors pétrole aurait été de 4,4% en 2017 (contre 1,5% initialement prévu).

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