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Longtemps attachée à une stratégie d’autarcie relative, articulée autour de la doctrine de l’industrialisation par substitution des importations et de la prépondérance du rôle de l’Etat dans l’économie (dont le rôle encore prééminent des entreprises publiques dans de nombreux secteurs apparaît comme l’un des héritages les plus visibles), l’Inde s’est engagée, depuis une trentaine année, dans un processus d’ouverture et de libéralisation qui s’est accompagné de transformations considérables des structures de son économie. Ces transformations ont induit, en creux, un accroissement de la dualité de l’économie indienne, qui combine aujourd’hui un secteur à faible productivité où l’informalité prédomine et un secteur moderne, qui représente un nombre d’emplois comparativement faible mais génère l’essentiel de la valeur ajoutée.

L’économie indienne est engagée dans un processus de tertiarisation rapide et singulier. Elle n’a pas connu, par contraste avec les économies d’Asie orientale, de réelle « transition industrielle » : la part de l'agriculture a chuté de 45% de la valeur ajoutée au début des années 1970 (encore près de 30% en 1994) à moins de 15% de la valeur ajoutée sur l’exercice 2017/18 (elle est désormais inférieure à 40% au sein même des zones rurales) tandis que celle des services, entraînée par le développement de branches très dynamiques comme celles des TIC et de l’externalisation de services, a, inversement, progressé sur la même période de 30% à 55% de la valeur ajoutée (plus de 60% avec la construction). Au sein même du secteur secondaire (environ 30% de la valeur ajoutée), la part du secteur manufacturier apparaît relativement faible pour un grand émergent : elle était d’un peu moins de 60% sur le dernier exercice (soit 18% de la valeur ajoutée brute[1]), contre  25% pour la construction et un peu plus de 15% pour les autres industries (secteur extractif, énergie, utilités).

Si le processus d’urbanisation est indéniable, dans un pays qui compte aujourd’hui plus de 50 villes de plus d’un million d’habitants et dans lequel 400 millions d’urbains (un tiers de la population) contribuent à plus des trois cinquièmes de la valeur ajoutée, il ne suffit, de même, pas à résumer une économie où 50 à 70% de la population réside encore dans les zones rurales[2]. Le rythme des migrations apparaît, du reste, sensiblement plus modéré qu’il ne l’avait été au même stade dans un pays comme la Chine, alors  que les surfaces cultivées ont pourtant atteint leur plafond depuis déjà plusieurs décennies. Les Nations-Unies estiment ainsi que la part de la population urbaine ne devrait dépasser durablement 50% qu’à l’horizon 2050.


[1] Agrégat similaire au PIB, mais qui neutralise l’effet des taxes et subventions sur la répartition de la valeur ajoutée.

[2] Les zones périurbaines représenteraient environ un cinquième de la population totale et joueraient un rôle d’interface important dans les processus migratoires.

 

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