Paysage de la haute technologie en 2025 Israël

La photographie du secteur de la haute technologie en Israël révèle à la fois sa stabilité, voire sa stagnation à l'échelle domestique (faible progression de l’emploi, moindre création d’entreprises) et une position extérieure solide, notamment en matière d’exportations, d’investissements et d’exits.

Le secteur high-tech israélien présente une dynamique intérieure relativement stable. En 2024, la production s’est établie à 317 Mds ILS, soit 17 % du PIB, un niveau inchangé depuis 2023 (315 Mds ILS). L’emploi suit la même tendance : 403 000 personnes travaillaient dans le secteur au premier semestre 2025, représentant 11,5 % de la main-d’œuvre totale, contre 391 000 en 2024. La croissance annuelle de l’emploi high-tech est inférieure à 2 % depuis 2023, après avoir dépassé 5 % durant la décennie précédente. Les fonctions dédiées à la R&D ont diminué de 6,5 % sur un an.

La dynamique entrepreneuriale ralentit également : environ 500 nouvelles startups ont été créées en 2024, après 622 en 2023, contre plus de 1 000 il y a dix ans. Les fonds de capital-risque israéliens ont vu leurs levées chuter d’environ 80 % entre 2022 et 2024, avec une taille moyenne de fonds réduite à 60–65 M USD sur 2023–2025, contre environ 90 M USD entre 2017 et 2022.

Au plan international, les indicateurs restent orientés à la hausse. Les exportations high-tech ont atteint 78 Mds USD en 2024, soit une progression de 5,6 % par rapport à 2023. Au premier semestre 2025, elles représentaient 57 % des exportations israéliennes, leur niveau le plus élevé à ce jour. La structure des exportations confirme la domination des services logiciels (72 % du total), contre 28 % pour les industries high-tech, dont la trajectoire est stable depuis une décennie. L’exposition à la hausse des tarifs douaniers décidée par l'Administration Trump reste limitée, à 6,6 % des exportations high-tech. Le financement des startups est revenu à ses niveaux de 2019–2020, avec 10,6 Mds USD levés en 2024, positionnant Israël au 5ème rang mondial derrière San Francisco, New York, Londres et Boston. En 2025, près de 60 % des montants levés par les startups se concentrent dans deux domaines : la cybersécurité et les logiciels d’entreprise.

Les opérations d’exit confirment cette dynamique extérieure. En 2025, le secteur devrait enregistrer une année record, portée notamment par l’acquisition de Wiz par Google pour environ 32 Mds USD, la plus importante jamais réalisée en Israël. En 2024, plus de 100 opérations de première acquisition ont été recensées chez les entreprises technologiques privées pour un total d’environ 12 Mds USD, contre 85 opérations en 2023 pour 5,6 Mds USD. Le secteur de la deep-tech occupe une place significative dans cet ensemble : Israël compte environ 1 500 entreprises du secteur, dont 1 000 en phase de levée initiale (jusqu’à 15 M USD), 120 ayant levé plus de 100 M USD, et 39 ayant atteint le statut de licorne ou réalisé plus de 100 M USD de chiffre d’affaires annuel. Depuis 2019, les sociétés israéliennes de deep-tech ont levé 28,6 Mds USD, soit environ 35 % de l’ensemble des capitaux levés dans le high-tech, répartis entre les dispositifs médicaux (15,3 %), l’infrastructure IA (11,9 %), la pharma/biotech (10,5 %) et les semi-conducteurs (9,8 %). 

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