INDICATEURS ET CONJONCTURE

 

Résumé : Bonnes performances économiques qui reposent sur des fondamentaux solides. Perspectives bien orientées en dépit de défis persistants.

 

Après une contraction de 2,4% en 2020, la situation macroéconomique d’Israël est désormais rétablie. Plusieurs facteurs contribuent à accélérer une croissance de 8.2% connue en 2021 (rythme annuel 2022, 5,5% prévus). La haute technologie est devenue le principal moteur de l’économie (15% du PIB), le coût du crédit qui est resté bas pendant trois ans (à 0,1%) devrait croître cette année (il est actuellement de 0,35%) et la croissance démographique se maintiendra de l’ordre de 2% par an, ce qui alimente une dynamique de croissance.

Le marché de travail a retrouvé progressivement le plein emploi. Le taux de chômage a baissé progressivement de 15,4% en janvier 2021 à 3,9% en mars 2022. Cette performance masque toutefois d’importantes disparités communautaires, les hommes ultra-orthodoxes et les femmes musulmanes participent peu au marché du travail.

Après deux ans d’impasse politique, le parlement a adopté en novembre 2021 un nouveau budget qui permettra de réaliser quelques réformes attendues [1]. Les dépenses liées à la Santé, à l’Education et à la Défense augmentent ainsi que celles liées aux infrastructures de transports publics.

L’économie israélienne a réussi à augmenter en 2021 l’excédent de son compte courant : 22,5 milliards USD contre 14,34 milliards USD en 2019. Pour l’année pleine cela représente 5,4% du PIB sous la double influence des performances export de la haute technologie (IDE et exportations) et de l’autonomie énergétique d’Israël - à l’horizon 2030, Israël pourrait être autosuffisant avec 70% de son énergie venant du gaz off-shore et 30% du solaire.

Les investissements étrangers dans la haute technologie ont plus que doublé en un an, de 10 à 23 milliards USD. Le secteur de l’innovation totaliserait environ 51% des exportations du pays.

Conséquence de ces investissements massifs, le shekel (ILS) a poursuivi en 2021 sa tendance haussière. Depuis 2019, le Shekel s’est apprécié de plus de 20 % face au dollar US.Vis-à-vis de l’euro, l’appréciation du shekel aura été de plus de 22% sur les 24 derniers mois.

Au-delà de ce contexte solide, l’appréciation récente du Shekel a contribué à ouvrir un débat sur la soutenabilité du modèle économique israélien et sur les ajustements à apporter. Le pays est en effet confronté à un certain nombre de défis en raison de la structure duale de son économie : le dynamisme de la high-tech contraste avec les secteurs traditionnels. Parmi les défis, citons les écarts sociaux-économiques persistants [3], la productivité horaire [4], le coût de la vie [5] et les besoins colossaux en infrastructures (transports notamment).

 

 

Voir le tableau des indicateurs dans la pièce jointe.

[1] L’ouverture mesurée du secteur agricole à l’importation, le relèvement progressif de l’âge de retraite pour les femmes, l’augmentation du salaire minimum, l’acceptation des normes européennes, la mise en place d’un système de péages urbains.

[2] 0,39 (OCDE)

[3] 35 USD en Israël contre 60 en France et 47 en moyenne dans l’OCDE (chiffre avant la crise sanitaire)

[4] 4ème pays au coût de la vie le plus élevé parmi les pays de l’OCDE (source OCDE)



 

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