Économie israélienne

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Le commerce extérieur d'Israël en 2018

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L’économie israélienne est aujourd’hui la plus développée, la plus puissante et la plus dynamique de la région. Le PIB d’Israël équivaut en effet au PIB cumulé de l’Égypte, du Liban, de la Jordanie, de la Palestine et de la Syrie.

Seul pays membre de l’OCDE de la région avec un PIB par tête de l’ordre de 42 000 USD en 2019, Israël peut se prévaloir d’excellents fondamentaux économiques depuis le début de la décennie. Sur les trois derniers exercices, la croissance du PIB a toujours été comprise entre 3 et 4% et se traduit par une situation de quasi plein emploi. Le taux de chômage a été progressivement ramené de 10,5% en 2000 à 4% en 2018.

La performance économique et financière de l’année 2018 a été conforme aux prévisions. La croissance en volume du PIB s’est élevée à 3,3% et le taux d’inflation était de 0,8%.  L’excédent des comptes extérieurs s’est d’autre part établi à un niveau tel que le montant des avoirs extérieurs de la Banque s’élevait à 115 Mds US$, soit 31,3% du PIB, fi décembre 2018.

Le seul bémol qu’il faille apporter à la performance économique et financière de l’année 2018 est venue de l’évolution du déficit public qui est passé de de 1,9% du PIB en 2017 à 3,3% en 2018, le contexte pré-électoral n’étant pas étranger à cette situation. Dans le même temps, le montant de la dette publique progressait sensiblement pour atteindre 61,2% du PIB contre 60,5% en 2017.

Sauf choc exogène (qu’il ne faut pas exclure a priori, notamment à cause de l’environnement régional), l’année 2019 a toute chance de ressembler aux années précédentes. La seule véritable incertitude porte sur la gestion du déficit public compte tenu de l’instabilité politique suite à l’échec du Premier Ministre à former un nouveau gouvernement et de l’organisation de nouvelles élections.

 

Si ces bonnes performances reposent pour partie sur la spécialisation efficace d’Israël dans l’innovation technologique[1], l’émergence du pays comme puissance gazière devrait également contribuer à soutenir la croissance à moyen terme. L’entrée en production du champ de gaz de Léviathan fin 2019, puis de ceux de Karish et de Tanin les années suivantes, confortera la position dominante du pays sur le marché du gaz en Méditerranée Orientale. Le niveau des réserves prouvées à ce stade permet en effet de couvrir ses besoins pour plusieurs décennies et d’en exporter une part non négligeable comme en attestent les contrats passés avec la Jordanie et l’Égypte, ainsi que le projet de construction d’un pipeline vers la Grèce via Chypre (EastMed). Enfin, le vaste programme de modernisation des infrastructures, notamment dans les transports et la filière énergétique, devrait également avoir un effet d’entraînement durable sur le niveau de l’activité.

Pour autant, Israël est confronté à un certain nombre de défis en raison de la structure duale de son économie (dynamisme de la tech vs retards constatés dans certains secteurs « traditionnels »). Parmi ces défis figurent notamment l’amélioration de la productivité horaire du travail (35 USD en Israël contre 60 en France et 47 en moyenne dans l’OCDE) ainsi que la réduction des pesanteurs bureaucratiques et le déficit de concurrence dans de nombreux secteurs d’activité. L’OCDE comme la Banque d’Israël soulignent également le besoin d’un investissement accru dans l’éducation et la nécessaire réduction des inégalités. Le déficit constaté en termes d’infrastructures de transports en commun constitue par ailleurs un frein au développement économique du pays. En privilégiant le transport individuel au transport de masse, les autorités israéliennes ont créé une situation non soutenable qui se traduit par un engorgement du réseau routier et une incapacité à améliorer l’empreinte environnementale du transport.


[1] Israël consacre l’équivalent de 4,3% de son PIB à la R&D civile (contre 2,2% pour la France). Le pays figurait au 5e rang de l’édition 2019 du classement de Bloomberg sur l’innovation devant les Etats-Unis, le Japon et la France.

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