Économie israélienne

Seul pays membre de l’OCDE de la région avec un PIB par tête de l’ordre de 42 000 USD en 2019, Israël, qui compte 9 millions d’habitants, peut se prévaloir de fondamentaux économiques solides.

Sur les trois derniers exercices, la croissance du PIB a toujours été comprise entre 3 et 4% et son rythme est sur une tendance haussière. Israël, suite à la découverte depuis les années 2000 d’importantes réserves offshore de gaz naturel, est effectivement sur le point de devenir un des acteurs les plus importants de la production régionale de gaz. Le champ de Léviathan devrait entrer en production début 2020 et les champs de Karish et de Tanin sont en développement[1]. L’exploration de ces champs offshore de gaz et les possibilités d’exportations qui en découlent (à ce stade encore limitées) contribueront ainsi à soutenir la croissance, à améliorer la situation des comptes publics qui s’est détériorée ces derniers temps et à donner un caractère quasiment structurel à l’excédent extérieur dégagé depuis quinze ans.

L’économie est par ailleurs tirée par le secteur de la « high-tech » qui représente 8% des emplois, 13% du PIB et 45% des exportations de biens et services. Israël, qui compte près de 7 000 start-ups actives, 200 fonds de capitaux risques et 350 centres R&D de multinationales, consacre 4,3% de son PIB à la R&D civile[2], soit le pourcentage le plus élevé au monde. Ce succès incontestable est fondé sur une politique publique constante envers la technologie depuis près de 50 ans et sur un écosystème dans lequel les interactions entre les entreprises, les investisseurs, les universités, l’armée et les autorités sont presque « naturelles ». Dans une économie en situation de plein-emploi, le taux de chômage ayant été progressivement ramené de 10,5% en 2000 à moins de 4% en 2019, les difficultés de recrutement constituent le principal obstacle au développement du secteur.

Au-delà de ce contexte, l’appréciation récente et significative du NIS[3] a contribué à ouvrir un débat sur la soutenabilité du modèle économique israélien et sur les ajustements à apporter pour en gommer les imperfections. Le pays est effectivement confronté à un certain nombre de défis en raison de la structure duale de son économie : le dynamisme de la tech contraste avec le retard constaté dans les secteurs « traditionnels ». Parmi ces défis, citons, les écarts sociaux-économiques persistants[4], la productivité horaire[5], la bureaucratie ou encore le déficit d’infrastructures de transports. Enfin, il ne faut pas exclure le risque de choc exogène (du fait de l’instabilité régionale) alors que la situation politique est incertaine et pâtit d’un manque de visibilité à la sortie des dernières élections qui ont eu lieu le 17 septembre 2019.


 

[1] Le niveau des réserves prouvées permet de couvrir les besoins domestiques pour une période comprise entre 30 et 40 ans.

[2] 2,2% en France.

[3] Appréciation de 10% face à l'EUR et de 7% face au l'USD entre janvier et début décembre 2019.

[4] Selon les statistiques israéliennes, l’indice de Gini, indicateur d’inégalités de revenus, est passé de 0,351 en 2017 à 0,355 en 2018. Si le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie est d’environ 10 000 NIS par mois, il est supérieur à 22 000 NIS dans le secteur du numérique.

[5] 35 USD en Israël contre 60 en France et 47 en moyenne dans l’OCDE.

Publié le