Économie israélienne

L'économie israélienne est performante et s'illustre notamment dans le secteur des hautes technologies

  • La croissance du PIB s’est établie à 3,4% en 2017, après une croissance de 4% en 2016, portant le PIB à 348 Md$ (1260 Md NIS, selon la Banque d’Israël). Le marché de l’emploi se porte bien et, conjugué à une démographie dynamique (environ +2% par an), contribue à soutenir la consommation et la croissance. Le taux de chômage a été ramené de 5,9% de la population active en 2014 à 3,6% début 2018, soit son niveau le plus bas depuis le milieu des années 1970. Par ailleurs, le taux de participation au marché du travail des 25-64 ans, en forte progression, est passé d’un peu plus de 73% en 2004 à plus de 80% fin 2017, bien que certaines catégories de la population restent à l’écart du marché du travail (composante masculine de la population ultra-orthodoxe et composante féminine de la population arabe).
  • L’exploitation des gisements de gaz récemment découverts au large du pays, les investissements prévus en matière d’infrastructures ces prochaines années (énergie, transports) et la spécialisation efficace d’Israël dans l’innovation technologique (4,3% du PIB consacré à la R&D civile) devraient contribuer à soutenir la croissance à plus long terme. Le secteur high tech, qui représente 8,3% des emplois, environ 15% du PIB et 50% des exportations, entraîne notamment une dynamique d’investissements (5,2 Md$ de levées de fonds en 2017) et d’exportations de services (croissance de 8% par an).
  • La gestion de la dépense publique est par ailleurs globalement satisfaisante. Selon le ministère des Finances israélien, le déficit budgétaire, maîtrisé, s’est établi à 1,97% du PIB en 2017 (après 2,15% en 2016). La dette du gouvernement a baissé continuellement depuis 10 ans, passant de 92% du PIB en 2004 à 61,1% fin 2017. La cible de déficit de 2,9% prévue pour 2018 et 2019 (budget voté de manière anticipée en mars) n’est pas de nature à remettre en cause les fondamentaux solides, même si une légère augmentation du ratio dette/PIB est possible. Les agences de notation sont par ailleurs alignées sur une évaluation de la dette souveraine à « A+ » avec perspective stable.
  • La situation des comptes extérieurs est solide. Le compte courant a dégagé un excédent significatif de 12Md$ en 2016, ramenée à 10,5 Md$ en 2017, soit 3% du PIB. Les flux d’investissements directs entrants, également importants, étaient de l’ordre de 12,3 Md$ en 2016 et de 19 Md$ en 2017. Les avoirs extérieurs de la Banque centrale ont continué de progresser et s’établissent à 115 Md$, soit un tiers du PIB et plus d’un an d’importations de biens et services.  
  • Négative en 2016, l’inflation était de 0,4% en 2017. Ce niveau d’inflation rend compte d’une diminution des prix hors logement parallèle à une augmentation des prix du logement (notamment à l’achat). La Banque d’Israël a fixé une fourchette cible pour l’inflation de 1 à 3% et maintient depuis plusieurs années son taux directeur à 0,1%. Elle se montre confiante sur le fait que l’inflation rejoindra sa cible dans un futur proche.
  • Les salaires ont augmenté sur la période récente, contribuant également à renforcer leur pouvoir d’achat (le salaire moyen nominal brut atteignant désormais un niveau de 10 200 shekels, soit environ 2 500 euros). Cette augmentation procède en partie de la décision en 2017 d’augmenter le salaire minimal de 5000 shekels à 5300 shekels bruts (soit environ 1300 €). Ce niveau reste toutefois inférieur au SMIC français en termes de pouvoir d’achat, que l’OCDE estime être supérieur de 22% en France à ressources financières égales.

Quelques défis économiques à relever pour conforter la croissance sur le long terme

  • La productivité et la concurrence en Israël restent plus faibles que la moyenne des pays de l’OCDE (la productivité horaire du travail se situait en 2016 à 35$ en Israël contre 60 en France et 47 en moyenne dans l’OCDE), et l’écart sur le long terme s’est légèrement amplifié. Cette situation s’explique notamment par des investissements insuffisants dans les infrastructures, des pesanteurs bureaucratiques importantes, le manque de concurrence dans certains secteurs (distribution, construction, secteur financier, etc.).  Le développement des infrastructures de transport (notamment réseaux ferrés) est également encore insuffisant.
  • Le coût de la vie et les inégalités sont élevés. Le niveau de prix est plus élevé en Israël qu’en France, alors même que les salaires demeurent inférieurs. Le taux de pauvreté et coefficient de Gini (de 0,5 en Israël contre 0,3 en France) parmi les plus élevés de l’OCDE, représentent également des défis importants d’ordre social. Une frontière importante existe entre le secteur high tech, où les salaires sont plus de deux fois plus élevés que dans le reste de l’économie, et les secteurs plus traditionnels.
  • La participation encore relativement faible au marché du travail des populations arabes (femmes) et ultra-orthodoxe (hommes), comme leur moindre accès à une éducation supérieure, pèsent sur le potentiel de croissance du pays à long terme. Ces deux minorités devraient représenter 50% de la population à l’horizon 2060 contre un peu plus de 30% aujourd’hui. L’OCDE comme la Banque d’Israël soulignent le besoin d’un investissement accru dans l’éducation et la réduction des inégalités, d’autant que la situation économique favorable permet de dégager des marges pour ce faire.
  • Le marché de l’immobilier a connu une forte augmentation des prix pendant plusieurs années (augmentation de plus de 90% en termes nominaux depuis 2008) que le gouvernement s'est efforcé de contrôler. La hausse s’explique notamment par le niveau attractif des taux d’intérêts (taux directeur actuellement à 0,1%), une croissance démographique soutenue (près de 2% par an), une insuffisance de l’offre et enfin une forte présence d’investisseurs étrangers. Pour autant le ministère des Finances et la Banque d’Israël ont adopté une série de mesures macro-prudentielles et d'augmentation de l'offre afin de prévenir la création d’une bulle, qui semble porter ses fruits : les données récentes, fin 2017 et début 2018, laissent penser que les prix pourraient se stabiliser. 
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