Relations bilatérales entre la France et Israël

Nos liens économiques avec Israël sont en deçà de notre potentiel que ce soit sur le plan commercial ou financier. Si le montant de nos exportations a atteint un record en 2019, celui-ci est très relatif puisqu’il ne représente que 39% des exportations vers les pays du Proche Orient, alors même que le PIB d’Israël équivaut à près de 50% du PIB total de la zone. La France n'est par ailleurs que le 10ème fournisseur d’Israël derrière nos principaux concurrents européens. Nos échanges de services prennent en revanche de l’ampleur. Du côté des investissements et comme en attestent l’ouverture récente d’un Lab Renault et d’une filiale de Faurecia pour les activités de cybersécurité, nos grands groupes ont désormais, a minima, une démarche de prospection technologique. Dans l’autre sens, la présence israélienne en France demeure comparativement modeste en dépit des investissements de Delta Galil en 2018 (prise de contrôle d’Eminence) et de Harel Insurance en 2019 (acquisition d’un complexe immobilier près de la Défense pour un montant de 350 M EUR).

1. Si nos échanges de biens sont en deçà de notre potentiel, ceux de services prennent de l’ampleur

Sous l’effet d’une progression comparable de nos flux de biens, le solde de notre balance commerciale demeure excédentaire et s’établit au même niveau que l’an dernier, à 231 M EUR. Israël est le 48ème client de la France et notre 50ème fournisseur. Selon les estimations du FMI pour 2019, la France serait le 10ème fournisseur d’Israël, notre part de marché s’établissant à 2,7%, après 2,9% en 2018.

          Nos exportations ont augmenté de 6,3% en 2019 pour atteindre 1,54 Md EUR

  • Israël est notre second client, après l’Egypte, parmi les pays du Levant. Nos exportations vers Israël ont cru de 6,3% en g.a. (glissement annuel) en 2019 (1,53 Md EUR) et surpasse, de peu, le record établi en 2017 (1,52 Md EUR). Cette hausse est nettement plus soutenue que la croissance annuelle moyenne de nos exportations vers Israël sur la période 2008-2018 (2,9%) et que la croissance de l’ensemble de nos exportations vers le reste du monde en 2019 (+2,9%).
  • Cette dynamique est principalement le résultat d’une bonne tenue de nos trois principaux postes d’exportation, à savoir les « équipements mécaniques, le matériel électrique, électronique et informatique », les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » et les « matériels de transport » qui représentent respectivement 23,2%, 21,7% et 21,5% du total de nos exportations.
  • Plus précisément, les ventes d’aéronefs (8% de nos exportations) enregistrent l’augmentation la plus importante en atteignant 123 M EUR (+126% en glissement annuel). La livraison d’un Airbus A321neo à la compagnie israélienne Arkia en juin 2019 en est la principale cause. Nos exportations de véhicules automobiles, qui représentent 11,6% du total de nos exportations vers Israël, sont en hausse de 5,8% en g.a. à 178 M EUR. Nos ventes de parfums et cosmétiques (8,5% de nos exportations vers Israël, +14,6% à 130 M EUR) et celles des préparations pharmaceutiques (6,2% de nos exportations vers Israël, +9,4% à 95 M EUR) se démarquent aussi nettement. Le recul des flux de produits chimiques (3,6% des exportations vers Israël, -6,6% à 55 M EUR) est le principal poste « négatif ».

         Nos importations ont enregistré une hausse de 7,5% pour s'établir à 1,31 Md EUR

  • Avec un volume d’importations d’1,31 Md EUR en 2019, Israël constitue le premier fournisseur de la France parmi les pays du Levant.
  • Nos importations en provenance d’Israël, en hausse de 7,5% en g.a., sont principalement composées « d’équipements mécaniques, de matériel électrique, électronique et informatique » (24,6%), de « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (20%) et de « produits agricoles » (13,2%). Ce dernier poste a affiché la croissance la plus importante (+29% en g.a.).
  • Nos achats de pesticides et autres produits agrochimiques (9,6% de nos importations, +45,2% à 126 M EUR), de fruits tropicaux (6,3% de nos importations, +51,6 % à 82 M EUR) et d’agrumes (4,9% de nos importations, +14% à 63 M EUR) ont été particulièrement soutenus en 2019. Parmi les achats en baisse, notons ceux d’articles de joaillerie et bijouterie (-32,3% à 125 M EUR) qui ne représentent plus que 9,6% de nos importations, contre 15,3% en 2018.

         Si nos échanges commerciaux ont atteint leur plus haut historique, notre excédent commercial vis-à-vis d’Israël est stable

  • Le volume des échanges avec Israël a sensiblement augmenté en 2019 (+6,8%) pour atteindre un record à 2,84 Mds EUR. Pour rappel, il n’avait progressé que de 2,1% par an en moyenne entre 2008 et 2018 et s’était même contracté en 2018 de 5,8%.
  • L’excédent commercial français vis-à-vis d’Israël, excédentaire depuis 2015, a, lui, stagné l’année passée à 231 M EUR tout en restant supérieur à la moyenne de 150 M EUR enregistrée sur la période 2015-2018. Les véhicules automobiles constituent la première source de l’excédent commercial suivi des aéronefs. Israël constitue par ailleurs le 41ème excédent commercial de la France.

          Les services prennent une part de plus en plus importante dans nos échanges

  • Conséquence d’une spécialisation dans des secteurs à forte intensité technologique, la balance israélienne de services est structurellement excédentaire depuis le début des années 2000. Israël est le 16ème exportateur mondial de services. Les données d’Eurostat pour 2018 (dernière année disponible) montrent que la part des services dans nos échanges avec Israël augmente de manière significative et représente désormais plus de 30% du total des flux. Nos exportations de services se sont élevées à 579 M EUR en 2018 et nos importations à 716 M EUR, occasionnant ainsi un déficit de 137 M EUR vis-à-vis d’Israël.

2. Investissements croisés : une situation déséquilibrée, la présence israélienne en France étant faible 

          La présence française en Israël s’est développée sur longue période

  • Depuis 2006, les investissements directs français en Israël ont été multipliés par près de quatre pour atteindre 2,7 Mds EUR en 2018, selon la Banque de France, faisant d’Israël le 40ème récipiendaire des investissements français à l’étranger (0,2% du stock d’ID français). Ils sont néanmoins sur une tendance baissière depuis le pic de 2016 (3 Mds EUR) et sont dirigés, à hauteur de 78%, vers le secteur immobilier.
  • D’après la dernière enquête OFATS de l’INSEE, 104 filiales d’entreprises françaises étaient recensées en Israël en 2015. Elles employaient 5 600 personnes et y généraient un chiffre d’affaires proche du Md EUR.
  • Initialement présentes à travers des grands groupes industriels (Veolia, Danone, L’Oréal, Schneider Electric), les entreprises françaises ont développé de nouvelles activités en lien avec les priorités stratégiques du pays (EDF sur le marché du photovoltaïque, Alstom, Thales, Egis, Systra dans les transports). Elles sont aussi attirées par l’écosystème d’innovation israélien, les projets concrets se multipliant, sous différentes formes : rachats de startups israéliennes (L’Oréal, Orange, Thales, Havas…), investissement direct ou via des fonds de capital-risque israéliens (Orange, Renault, Engie, Valéo, Airbus, Faurecia…), ouverture d’un accélérateur ou laboratoire d’open innovation (STMicroelectronics, Renault) ou partenariat avec des structures locales (Thales, Airbus, Orange, SNCF, RATP, AXA, Alstom pour les principaux). La présence française s’est également développée à travers certaines franchises (Célio, L’Occitane, Le Palais des Thés ou De Dietrich). Decathlon, implantée depuis 2017, connaît d’autre part une croissance rapide.

          La présence israélienne en France demeure comparativement faible

  • Selon les statistiques de la Banque de France, le stock d’investissement direct israélien en France a atteint 625 M EUR en 2018 principalement dirigé vers l’immobilier (à hauteur de 84%). Israël est le 34ème investisseur étranger en France, avec seulement 0,09% du stock d’IDE en France.
  • Si la grande majorité des filiales israéliennes sont de petite taille (moins de 20 employés), parmi les acteurs les plus importants sur le marché français, citons Teva, groupe pharmaceutique qui a néanmoins fortement réduit ses effectifs suite à un plan de restructuration lancé en 2018; Sasa Holdings (chimie et plasturgie); Alrov (Hôtel Lutetia); Checkpoint, Varonis et Jfrog (logiciels et services informatiques); ou encore Delta Galil, (habillement) qui a pris le contrôle, en mai 2018, du fabricant français de sous-vêtements masculins Eminence. Signalons, en novembre 2019, l’acquisition d’un complexe de bureaux proche de la Défense par deux compagnies d’assurances, Harel Insurance Investments and Financial Services et Hachshara Insurance, pour près de 350 M EUR.

 

 

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