Présentation de l’économie irlandaise

Avec une population de 4,76 millions d’habitants et un PIB de 297 Mds€ en 2017, l’Irlande est une petite économie très dépendante de l’extérieur. Son modèle de développement se fonde sur le dynamisme de ses exportations et sur sa capacité à attirer les investissements directs étrangers (IDE), dont le stock en 2015 équivalait à environ 796 Mds €, soit trois fois son PIB. L’attractivité de l’Irlande repose en partie sur son régime fiscal, et notamment sur son taux d’impôt sur les sociétés à 12,5%. Mais la présence d’une main-d’œuvre qualifiée et anglophone, et le développement d’un avantage comparatif au niveau mondial pour certaines activités de niche sont des facteurs supplémentaires du succès de l’Irlande auprès des investisseurs internationaux. En 2017, la croissance s’est établie à 7,8%, chiffre le plus élevé de l’Union européenne pour la quatrième année consécutive.

Le modèle économique irlandais actuel s'est mis en place durant la période du « tigre celtique » qui a permis la convergence accélérée de l’Irlande avec les autres économies de la zone euro, grâce à des taux de croissance annuels compris entre 4,5% et 6,5%. Dès le début des années 2000, cependant, ce dynamisme conjugué au développement rapide du crédit a alimenté une bulle immobilière et une hausse généralisée des coûts et des salaires.  L’éclatement de la bulle immobilière fin 2007, aggravé par le déclenchement de la crise financière mondiale en septembre 2008, a plongé l’Irlande dans une profonde récession, contractant son PIB de près de 20% en deux ans. Contrainte de restructurer et de recapitaliser ses banques avec l’aide des institutions financières internationales, l’Irlande a également dû appliquer des mesures de consolidation budgétaire drastiques.

Après deux ans de récession, l’économie irlandaise a renoué avec la croissance en 2010 ; son dynamisme s’est nettement renforcé à partir de  2014. En 2015, la croissance réelle du PIB a atteint officiellement le niveau record de 25,6%. Mais ce chiffre reflète avant tout les opérations des multinationales implantées en Irlande et souligne la dépendance croissante de l'économie à un petit nombre d'entreprises (majoritairement américaines). Pour autant, l’assainissement et la reprise de l’économie sont tangibles : le taux de chômage est passé de 15,2% en janvier 2012 à 5,9% en avril 2018.

Sur le plan politique, la situation demeure instable. Depuis février 2016, le gouvernement ne dispose plus de majorité au Dáil (la chambre basse du Parlement irlandais). Sa survie repose sur un accord conclu après trois mois de blocage entre les deux premiers partis du pays, le Fine Gael (au gouvernement) et le Fianna Fáil (dans l'opposition), qui expirera fin 2018. Il appartiendra alors au Premier ministre, Leo Varadkar, de négocier un nouvel accord avec le Fianna Fáil ou bien de convoquer des élections législatives anticipées. Dans l'intervalle, cette situation pèse sur la capacité d'action du gouvernement qui, malgré le dynamisme de l’économie, doit répondre à de nombreux défis intérieurs : la « crise du logement » résultant d’un déficit de l’offre immobilière, le déficit d’infrastructures (transports, santé, éducation, énergie) et le taux toujours élevéde prêts non performants dans le bilan des banques (environ 12 % de l’encours de prêts total) .

Sur le plan extérieur, la forte exposition de l’économie irlandaise au marché britannique et la question de l’Irlande du Nord font de l’île un enjeu de taille dans les négociations sur le Brexit. Après avoir adopté une position plutôt conciliante en 2016 afin de préserver la relation politique et commerciale avec le Royaume-Uni, l’Irlande a durci le ton en 2017 en raison de l’absence de propositions britanniques concrètes pour préserver des liens économiques forts et une frontière ouverte avec l'Irlande du Nord.

Les relations économiques entre la France et l’Irlande

Les échanges économiques entre la France et l’Irlande sont riches et variés, du fait de la proximité géographique d’une part et de l’implantation en Irlande du siège européen de nombreuses multinationales d’autre part. En 2017, la valeur du commerce bilatéral de marchandises s’élevait à 9,4 Mds€, la France étant le 7e client de l’Irlande et son 3e fournisseur. L’Irlande est également un important fournisseur de services pour la France, avec, notamment, des exportations de services informatiques à hauteur de 3,2 Mds€ (voir la note sur le commerce bilatéral). Les investissements bilatéraux sont aussi conséquents, tant de l’Irlande vers la France (stock de 4,1 Mds€ en 2017) que de la France vers l’Irlande (20,8 Mds€). Près de 380 entreprises françaises disposent d’une implantation en Irlande (voir la note sur les investissements étrangers en Irlande)

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