Situation économique de la Hongrie

La bonne dynamique de l’économie hongroise se maintient et contribue au retour de la convergence sur les économies européennes. Le ralentissement de la croissance économique est désormais anticipé permettant temporairement d’écarter les risques de surchauffe de l’économie et d’une inflation non maitrisée.

1. La croissance économique reste vigoureuse

La croissance du PIB hongrois a atteint 4,8% des variations saisonnières et des jours ouvrables en 2018 selon l’Eurostat, soit un résultat supérieur à celui de l’année 2017 (4,1%). La Hongrie profite depuis deux ans d’une conjoncture économique favorable à plusieurs niveaux : accélération de la croissance dans l’Union européenne, principal débouché commercial à hauteur de 78%, absorption rapide des fonds européens et revenus salariaux en forte croissance. La demande interne est le principal moteur (contribution à hauteur de 5,5%), dont consommation privée (+4,9% en 2018) et investissement (+17,5% en 2018, absorption plus rapide des fonds européens). Le commerce extérieur a, pour sa part, un solde excédentaire de 6.041 Mds euros en 2018 (contre 8.078 Mds euros en 2017) soit un impact négatif de - 0,7 pp sur la croissance. Le rythme de croissance de la consommation reste inférieur à celui des salaires et favorise l’épargne des ménages. Le chômage se situe à un niveau historiquement faible (3,7% en novembre 2018 contre 7,8% au premier trimestre 2015) et les salaires sont en très forte hausse (+11,6% en termes nominaux et 8,6% en termes réels sur les dix premiers mois de l’année 2018), mais l’inflation reste maîtrisée (2,9% en 2018) grâce à la politique de sagesse tarifaire des entreprises, autorisée par leur haut niveau de profitabilité.

Ainsi la convergence se poursuit : le niveau de vie a ainsi atteint en 2017 68% de la moyenne européenne (en spa). Mais l’indice de Gini, certes inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE (0,336) et à celui de la France (0,295), a légèrement augmenté entre 2005 (0,272) et 2016 (0,288).

A court terme, la croissance de l’économie hongroise devrait se poursuivre même si le rythme devrait ralentir : 3,4% en 2019, 2,6% en 2020, puis converger vers 2,2%-2,5% à l’horizon 2021-2023 (avec une baisse des fonds européens d’environ 24,5% à anticiper dès 2021). Le ralentissement anticipé pour 2019 est imputable principalement à la contribution anticipée négative du commerce extérieur hongrois. En dépit d’une pression considérable sur les salaires, l’inflation devrait rester sous contrôle à 2,8% en 2019 et 3% en 2020 (conforme à la cible de la MNB de 3% par an avec une marge de fluctuation de +/- un point de pourcentage).

 2. Les finances publiques poursuivent leur assainissement. 

Le déficit public s’établit à 2% en 2018, niveau identique à celui de 2017 selon le Ministère des finances. La Commission européenne table sur un déficit à 1,9% du PIB en 2019 et 1,8% en 2020, tandis que la dette publique devrait passer de 73,6% du PIB en 2017 à 68,6% fin 2020. Il faut souligner que les rentrées fiscales sont à l’origine de cette amélioration, le gap de TVA se comblant progressivement, de 20% en 2016 à 12% aujourd’hui. Les principales agences de notation classent la Hongrie plutôt favorablement : S&P BBB (perspective stable), Fitch BBB (perspective stable) et Moody’s Baa3 (perspective stable).

Le secteur bancaire poursuit son redressement après huit années difficiles depuis la récession de 2008-2009. Les banques disposent globalement d’une capitalisation financière renforcée (ratio CET1 supérieur à 17%) et leur rentabilité financière (ROE) avoisine 15% en 2018. Le stock de créances douteuses a diminué rapidement au cours des cinq dernières années et atteint fin 2018 5,4% du total des créances. Toutefois, au cours des neuf premiers mois de l’année 2018, le niveau de profit des banques hongroises a diminué de 12% comparé à la même période en 2017, en raison de la hausse rapide des coûts d’exploitation (+17%) dans un contexte de bas taux d’intérêt.

 3. Le marché du travail atteint ses limites

La situation devient de plus en plus tendue sur le marché du travail ; le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 3,7% en novembre 2018, soit un niveau historiquement. Pour la classe d’âge 15 à 24 ans, la plus touchée par le chômage (10,1% en octobre 2018), l’amélioration au cours des trois dernières années est très nette (19,4% au T1 2015). Le taux d’emploi ne cesse d’augmenter et s’établit désormais à 73,3% de la population de 20 à 64 ans en 2017 (81% pour les hommes et 65,7% pour les femmes). La pénurie de main d’œuvre qualifiée implique que le taux de chômage devrait continuer de baisser à 3,3% en 2019 et à 3,2% en 2020.

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