Relations économiques bilatérales France-Hongrie

Avec des échanges commerciaux d’un montant de près de 7,8 Mds € en hausse de 2,01% en 2018 et un solde commercial qui s’améliore avec un déficit de 751 M €, la France se positionne comme le 8e partenaire commercial de la Hongrie.

1/ La France est le 8ème partenaire commercial de la Hongrie

En 2018, nos exportations vers la Hongrie ont augmenté de 2,9 % à 3,5 Mds € (+97 M €), alors que les importations de produits hongrois progressaient de 1,5% à 4,26 Mds € (+62 M €). La France se positionne désormais comme la 7ème destination des produits hongrois (4,34%) et son 10ème fournisseur (3,73%) en 2018. La Hongrie est notre 26ème marché (0,7% de nos exportations) et notre 28ème fournisseur (0,8% de nos importations). Structurellement, le poste « autres produits industriels » (44,54% de nos ventes et 31,73% de nos achats), devance les postes des équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques (34,22% de nos exportations et 38,95% de nos importations), celui des « matériels de transport » représentant 13,81% de nos livraisons et 22,21% de nos achats à la Hongrie.

Nos exportations (3,5 Mds€) sont en progression (+2,9%) du fait de la bonne dynamique des  ventes de matériel de transport (+20,8%). Comme ces dernières années, les produits industriels constituent en 2018 le poste le plus important de nos exportations (1,56 Md €), devançant les équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques (1,2 Md €) et les matériels de transport (484,3 M€).

Les ventes de produits pharmaceutiques, après deux années de baisse, se reprennent en 2018 avec une hausse de 5,0% à 404,64 M€. Ce poste constitue un des points forts de nos exportations (11,5% de nos ventes à la Hongrie en moyenne), au même titre que les produits chimiques, parfums et cosmétiques en hausse de 6,3% à 411,34 M€ en 2018.

Si les livraisons de véhicules automobiles affichent une hausse de +31,6% à 252,85 M€ et celles des pièces automobiles progressent de 43,8% à 148,39 M€, le poste des livraisons d’aéronefs repart à la baisse (52,5 M€, -42,4%) en 2018. Ce poste est très dépendant des livraisons d’appareils d’Airbus à la compagnie aérienne hongroise Wizz Air.

Enfin, les ventes du secteur agroalimentaire (produits agricoles + produits des industries agroalimentaires) sont en hausse de près de 10% en 2018 par rapport à 2017 : 239 M€ en 2018 contre 217 M€ en 2017. Le secteur agroalimentaire représente 18,4 % de l’ensemble de nos ventes à la Hongrie en 2018. Les ventes de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture marquent une nette progression, avec un montant de 100,86 M€ (+32,9 %), grâce à la hausse de 52% des ventes de céréales légumineuses et oléagineux. Cependant les exportations de nos IAA connaissent une légère baisse de -2,4 % pour atteindre 138 M€. Certains postes de l’offre française confortent leurs positions en 2018, notamment les pesticides (94 M€, + 9,5 %) et les machines agricoles (66 M€, + 32,22 %).

Nos importations progressent à un rythme moindre (+1,5%). En 2018 nos importations ont connu, comme en 2017, une hausse modérée de 1,5%. Les ventes hongroises sont concentrées sur les secteurs industriels traditionnellement performants (pharmacie, machines électriques, électroniques, informatiques) ainsi que sur le secteur automobile, secteur industriel majeur de l’économie hongroise, avec la présence des fabricants Audi, Mercedes, PSA/OPEL et Suzuki et l’ensemble de la sous-traitance qu’ils génèrent.

Ainsi, le secteur des équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques constitue en 2018, 38,9% des ventes hongroises à la France. Les matériels de transport, 2ème poste hongrois à l’exportation (22,2% des exportations hongroises vers la France), progressent (+12,4% à 945,8 M€) tandis que les ventes de produits en caoutchouc et en plastique, 3ème poste, restent inchangées (+0,5 % à 352,8 M€).

Les livraisons d’automobiles, premier poste à l’exportation, repartent fortement à la hausse en 2018 (+30,3% à 521,56 M€) tandis que les ventes de pièces automobiles progressent légèrement de 2,0% à 297,16 M€ en 2018. La poursuite des investissements par les constructeurs automobiles en Hongrie devrait redonner un nouveau souffle aux ventes de véhicules sur le marché français.

Enfin, la pharmacie, qui est un secteur traditionnellement important (5,3%), connait une baisse de 17,0% à 209,38 M€. 

2/ L’investissement français en Hongrie est important et diversifié

La France est un investisseur majeur en Hongrie. La présence française a été multipliée par 3 entre 1999 et 2016, selon les données de la Banque de France, passant de 947 M € à 2,7 Mds €. Ce montant est très sous-estimé en raison des investissements transitant par pays tiers. Selon la méthode des investissements ultimes, la France se situe en fait au 4e rang des investisseurs étrangers après l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Autriche et avant les Pays-Bas et le Luxembourg. Les investissements sont très diversifiés, ils concernent l’énergie (VEOLIA), l’industrie (Valeo, Michelin, PSA, Lafarge) ou l’agro-industrie (Bonduelle, Axéréal), le secteur financier (Groupama,  BNP Paribas), la distribution (Auchan, Décathlon), l’industrie pharmaceutique (SANOFI, Servier, CEVA), et l’environnement (Veolia, Suez, Ereco).

Les 329 entreprises françaises recensées (source INSEE) emploient plus de 40 000 salariés pour un chiffre d’affaires de près de 7,7 Mds € (le PIB est de l’ordre de 110 Mds €). Dans l’ensemble, il s’agit essentiellement d’investissements de grands groupes. Il est à noter qu’il n’y a pas en Hongrie de constructeur automobile français présent avec une unité d’assemblage, mais seulement des équipementiers travaillant pour les grands constructeurs européens, très présents sur le territoire (Audi-Volkswagen, Mercedes), ainsi que pour le japonais Suzuki. Depuis le rachat d’OPEL en Europe par le groupe PSA, l’entreprise française dispose d’une usine de moteurs en Hongrie.

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