indicateurs et conjoncture - mars 2020

  • La Croatie enregistre une croissance soutenue et s’inscrit depuis 2015 dans une dynamique de rattrapage, après une période 2009-2014 de récession et de déflation où le PIB a reculé de 14%. Elle devrait retrouver en 2019 -2020 son niveau de PIB d’avant crise.
  • Le PIB a ainsi enregistré une croissance de 2,4% en 2015, de 3,5% en 2016, 2,9% en 2017, 2,6% en 2018, 3% en 2019 et estimée à 2,7% en 2020. La baisse du chômage se confirme et s’établit à 6,8% fin 2019. Toutefois, le taux  d’activité et d’emploi (71,4% et 67,6% au Q3 2019) demeurent parmi les plus faibles de l’UE.
  • Les déficits publics sont maitrisés (-0,8% en 2016, +0,6% en 2017, +0,8% en 2018 et autour de l'équilibre en 2019). Le pays est sorti de la procédure de déficit excessif (PDE) en juin 2017. 
  • La dette publique est en baisse depuis 2015,  atteint  le taux  de  71,3% du PIB fin 2019  et est estimée à 68% fin 2020 et à 64,4% fin 2021. Cette amélioration est liée à la conjoncture économique favorable, à la politique budgétaire conservatrice, et à l’efficacité de la gouvernance de la dette (la dette arrivant à échéance a été refinancée récemment à des taux bas fixes records. Les fonds européens ont offert une opportunité nouvelle de développement avec plus de 10 Mrd EUR mobilisables sur  la période 2014-2020. 
  • Les agences de notation Fitch et S&p ont revu leur appréciation à la hausse à « Investment grade », et Moody’s a rehaussé sa perspective positivement.
  • Le pays a adhéré à l’Union européenne, le 1er juillet 2013, et poursuit son parcours européen avec en particulier le depôt de  sa candidature au Mécanisme de change européen (MCE2) à l'été 2019 avec pour ambition de le rejoindre courant 2020.
  • Toutefois, de nombreuses réformes structurelles restent à engager pour permettre au pays d'améliorer :
    • Sa balance commerciale,  dont le déficit qui représente  17,8%  du PIB illustre la faiblesse de l'industrie locale,
    • Sa croissance potentielle et in fine son rythme de rattrapage qui reste encore très lent : le PIB/habitant en PPA demeure  à 61% de la moyenne de l'UE en 2019.

Peuplée de 4 millions d’habitants, dont le revenu moyen atteint 61% de la moyenne de l’Union européenne, forte d’une influente diaspora, la Croatie est, après la Slovénie voisine, l’économie la plus avancée de la région de l'Europe du Sud Est.  Sa façade maritime, son réseau d’autoroutes ainsi que la qualité des services associés (banques ; télécommunications ; ressources humaines) en font une destination touristique confirmée et une plate-forme logistique potentielle pour l’hinterland d’Europe centrale, de l’est et les Balkans.

Des indicateurs macroéconomiques positifs pour l’année 2020…

Durement touchée par la crise économique de 2008, dont elle a subi les effets jusqu’en 2014, la Croatie connaît une croissance de son PIB, pour la cinquième année consécutive, nettement positive, à 3% en 2019 (après avoir été à 2,6% en 2018). Son PIB est désormais de 55 Mds EUR en 2019, soit 10 Mds EUR de plus qu’en 2015. L’excédent courant, estimé à 1,7% du PIB en 2019, permet au pays de progressivement réduire sa dette externe.

Depuis 2016, le déficit public est constamment sous la barre des 3% (critères de Maastricht), et le solde des comptes publics a même enregistré, pour la première fois, un excédent de +0,8% en 2017, permettant au pays de sortir de la procédure européenne pour déficit excessif. La rigueur budgétaire croate et le lancement de quelques réformes par le gouvernement Plenković (réforme fiscale, rationalisation des entreprises publiques, etc.) ont permis ces évolutions.

La dette publique croate, à 71,1% du PIB en 2019 et prévue à 68,3% en 2020, devrait passer sous la barre des 60% du PIB en 2024 selon les projections du FMI. Enfin, l’inflation est bien maîtrisée, à 0,9% en 2019 (1,2% en 2020 selon le FMI), et le taux de change nominal HRK/EUR est stable. A noter également que les taux d’intérêts à long terme étaient de 2,5% en 2019, en ligne avec le critère nominal de convergence.

Le secteur bancaire - pour une large part detenu par les banques italiennes et autrichiennes -  se caractérise par la forte capitalisation des banques (ratio d’adéquation du capital de 20%). Les créances douteuses (NPL) diminuent de manière encourageante (7,56% en 2018 et 6% fin 2019), alors même que l’encours des crédits est reparti à la hausse (de 29 Mds EUR en janvier 2018 à 31 Mds EUR en décembre 2019). L'économie est fortement euroïsée (80% des dépôts libellés en EUR et 56% des prêts libellés en EUR).

 ...qui masquent des fragilités structurelles persistantes

La croissance croate reste extrêmement dépendante du tourisme et de la consommation intérieure. L’excédent courant (1,7% en 2019) repose principalement sur le tourisme qui représente 20% du PIB du pays et qui permet de compenser la faiblesse de l’appareil productif croate.

Le déficit commercial s’est creusé depuis 2015 de -6,9 Mds EUR à -9,8 Mds EUR en 2019. Représentant 17,8%  du PIB en 2019, il reflète la fragilité structurelle d’une économie alimentée par la demande intérieure et les besoins en biens du secteur touristique d’un côté, et la faiblesse de l’industrie croate de l’autre.

La dépendance du pays au tourisme limite considérablement les perspectives de hausse de la croissance potentielle, estimée autour de 2% en 2020,  qui se situe  parmi les plus basses des économies d’Europe centrale et orientale. Ce niveau demeure trop limité pour permettre une convergence rapide avec les autres pays de l’Union européenne. Le niveau de richesse du pays se situe autour de 61% en PPA/hab. de la moyenne de l’UE en 2018, soit le même niveau qu’en 2008. 

Aspects bilatéraux.

Un accord de partenariat stratégique a été signé en juillet 2010; son second plan d'action vient d'être signé par Mme Nathalie Loiseau et la ministre croate des affaires étrangères qui permettra d'encadrer les relations bilatérales jusqu'à 2021. Il existe des accords de protection des investissements et de non-double imposition en vigueur. 
 
Selon les douanes françaises sur l’année 2019 en FAB , les  exportations françaises se sont élevées à 588 M EUR (+11%) et les importations françaises à 298 M EUR (+12%), soit un excédent de 290 M EUR. Toujours selon les douanes françaises, la Croatie est notre 5ème client (588 M EUR) dans la région de l’Europe du sud-Est derrière la Roumanie (4,2 Mds EUR), la Slovénie (1,4 Md EUR), la Bulgarie (938 M EUR) et la Serbie (603 M EUR).

Les principaux investisseurs français en Croatie sont aujourd'hui : Bouygues (Bina-Istra/Concession d'autoroutes en Istrie et Aéroport de Zagreb), Lactalis ( Dukat - Agro-industrie), ADP (Aéroport de Zagreb), Axereal (Agro-industrie), Decathlon (Distribution), Akuo (Energies renouvelables), Atos, St Jean Industries. Au total, on dénombre environ 60 filiales d'entreprises françaises, qui emploient près de 6000 salariés, dont la plupart sont réunies au sein de la Chambre Franco-croate de commerce et d'industrie, qui est le correspondant de Business France pour le pays.
 
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