Commerce bilatéral France-Croatie en 2017 – troisième hausse consécutive annuelle à deux chiffres de nos échanges

En 2017, nos échanges avec la Croatie (aux 2/3 nos exportations) ont atteint 735 M EUR, pour la troisième année consécutive en hausse à deux chiffres (+22%), après la stagnation de 2014 (+0,6%) et une décennie, entre 2003 et 2013, d’érosion de notre part de marché. Nos ventes ont tiré profit de la reprise confirmée de l’économie locale (PIB en hausse de 2,9% en 2016 après +1,6% en 2015), après une récession de six années (PIB en baisse de 13,1% entre 2009 et 2014).

L’adhésion du pays à l’Union Européenne, le 1er juillet 2013, a contribué à stabiliser notre part de marché, qui continue de progresser légèrement avec l’an passé à 2,46% (contre 2,4 en 2016 et 2,3% en 2015). L’entrée de la Croatie dans l’UE a ouvert de nouvelles perspectives à nos entreprises, comme elle a permis aux entreprises croates d’exporter davantage en France. Nos échanges de biens sont principalement fondés sur l’industrie manufacturière, à forte valeur ajoutée.

Nos exportations, à 473 M EUR en 2017 (+17%), ont dépassé la barre des 440 M EUR pour la première fois depuis 2008. En dépit d’une hausse significative en 2017 de nos importations (+32%), qui s’élèvent à 262 M EUR, notre solde continue d’être largement excédentaire et a encore progressé (211 M EUR). A noter que notre solde commercial excédentaire est presque compensé par le solde d’échanges de services, principalement issus du tourisme.

 La Croatie était notre 4ème client dans la région de l’Europe du sud-Est derrière la Roumanie (3,9 Mds EUR), la Slovénie (971 M EUR), la Bulgarie (825 M EUR). Elle passe donc pour la première fois devant la Serbie (438 M EUR).

 

Les exportations françaises vers la Croatie reposent toujours sur l’industrie manufacturière et ont significativement augmenté en 2017 (+17%% après +10,6% en 2016).

Graphique n°1 – Structure des exportations françaises vers la Croatie en 2017, en % du total

Structure des exportations françaises vers la Croatie en 2017, en % du total

Source : Douanes françaises

Toutes nos ventes, bien diversifiées, étaient en hausse en 2017, à l’exception des produits métallurgiques et métalliques qui ne pèsent que pour 4% de nos exportations vers la Croatie. S’agissant du secteur pharmaceutique, il est en très faible hausse avec à peine +2%, après avoir été pratiquement en chute libre depuis 2013 : nos ventes ont été divisées par 2 passant de 47,6 à 21,7 M EUR entre 2013 et 2017 ; reflet de la mise en place d’une politique publique de maîtrise des dépenses de médicament). La catégorie « produits chimiques, parfums et cosmétiques », notre troisième poste d’exportation a connu une année record avec 84 M EUR de marchandises soit + 23,7% par rapport à 2016, elle s’explique par une forte hausse de nos ventes de parfums et produits de toilettes (+33%) alors que celles de pesticides et autres produits agrochimiques stagnent (+0,8%).

Notre premier poste de vente à la Croatie depuis 2016, les matériels de transports, s’établit à 99 M EUR (22%). Mis à part nos marques automobiles dont les ventes représentent environ 30% du marché, l’explosion du tourisme et plus particulièrement du nautisme en Croatie a permis d’amener également nos fabricants de navires de plaisance à couvrir environ 1/3 des importations de ce poste en Croatie.

Nos exportations continuent de reposer largement sur les équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques[1] (20%), et les produits agroalimentaires (15%).

En 2016, les plus fortes hausses ont concerné les exportations de produits chimiques et cosmétiques (+23,7% à 84 M EUR) et les équipements mécaniques, matériels électrique, électronique et informatique (+23% à 94,1 M EUR).

Les véhicules automobiles restent largement notre premier produit (nomenclature CPF4) à l’exportation (11,8% en 2017), juste devant les parfums et produits de toilette, traditionnellement deuxième produit français à l’exportation en Croatie (7,4%) et les bateaux de plaisance (6,9% du total de nos ventes, + 3,6% seulement par rapport à 2016).

Nettement plus loin derrière, les matières plastiques sous formes primaires sont en 5ème position avec 3,8% de nos ventes totales suivi de près par les préparations pharmaceutiques représentant 3,6%

Contrairement à 2016, nos exportations de produits des industries agroalimentaires ont significativement augmenté (+22%) et se sont consolidées à un niveau inédit (+103% depuis l’entrée dans l’UE en 2013). On note une très forte hausse de nos ventes de viandes de boucherie et produits d'abattage qui ont pratiquement doublées en 2017 (+79,5%) et représentent notre 6ème produit (nomenclature CPF4). Les aliments pour animaux de ferme continuent de progresser (+15,4%) avec 12,3 M EUR soit 2,6% du total des exportations.

En 2017, avec 473 M EUR d’achats à la France, la Croatie était notre 4ème client dans la région de l’Europe du sud-Est derrière la Roumanie (3,9 Mds EUR), la Slovénie (971 M EUR), la Bulgarie (825 M EUR). Elle passe donc pour la première fois devant la Serbie (438 M EUR). Marché de 4,2 millions d’habitants, la Croatie a acquis 0,1% des exportations françaises, contre 0,05% en 2016.

 

Soumise à une forte concurrence, notre part de marché se stabilise à nouveau et progresse même très légèrement en 2017 à 2,46% (2,4% en 2016).

En 2017, la France reste le 11ème fournisseur de la Croatie et se positionne derrière l’Allemagne, l’Italie, la Slovénie, la Hongrie, l’Autriche, les Pays-Bas, la Pologne, la Chine, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie, et est son 9ème client. Elle était, il y a 10 ans, 6ème fournisseur et 7ème client.

Notre part de marché, qui avait atteint 5,5% des importations croates en 2000, était tombée à 2,3% en 2015 et paraît se stabiliser depuis 2013. En 2017, elle gagne 0,06pp et passe à 2,46%. L’effritement de notre part de marché entre 2000 et 2013 s’explique principalement par les facteurs suivants :

Dès avant la crise, la dynamique de nos exportations n’a pas suivi celle de l’économie croate, sauf entre 2000 à 2003 où la hausse de nos ventes avait été très vive (+41,7%) ; depuis, nos exportations apparaissent plus ou moins stables dans le temps en volume, alors que le marché croate d’importations continuait de croître (plus que doublé depuis l’an 2000, jusqu’en 2008) ; par suite, notre part de marché, comme ratio d’un numérateur stable et d’un dénominateur en hausse, s’est contractée.

Les échanges au sein de la zone d’Europe centrale de libre échange (CEFTA) ont été très dynamiques, jusqu’à ce que la Croatie en sorte de par son adhésion à l’UE le 1er juillet 2013.

La concurrence entre Etats Membres de l’UE s’est accrue, principalement après l’entrée des nouveaux Etats membres, de 2004 et 2007.

Les importations énergétiques de Russie ont doublé entre 2003 et 2012, en raison du renchérissement de la facture énergétique.

 

Les importations en provenance de Chine ont également augmenté fortement (+60 % entre 2004 et 2012).  

Graphique n°2 – Evolution des parts de marché des principaux fournisseurs de la Croatie, sur la période 2000-2017, en % du total des importations croates

 

Evolution des parts de marché des principaux fournisseurs de la Croatie, sur la période 2000-2017, en % du total des importations croates

Source : Institut national des statistiques, Service économique de Zagreb

 

A noter que, pour avoir une image réelle de la part française du marché croate, il conviendrait de tenir compte des ventes des filiales françaises établies en Croatie. Rappelons à ce titre la présence de grands groupes français, tels que le groupe laitier Lactalis, leader du marché local pour la production et la distribution de lait et de produits laitiers dérivés (225 M EUR de CA en 2016 en Croatie), qui dispose, par ailleurs, d’une envergure régionale (450 M EUR de CA consolidé).

 

 

Dominées par les produits industriels, les importations françaises en provenance de Croatie ont fortement augmenté en 2017 (+32%) par rapport à l’année précedente (+14%), une part émanant d’implantations françaises en Croatie.

En 2017, les importations françaises (262 M EUR) ont augmenté de 32%. Entre 2006 et 2010, nos importations atteignaient 150 M EUR en moyenne annuelle, puis ont progressé de 75% entre 2010 et 2016.

Nos achats à la Croatie consistent principalement en produits industriels. Ce sont en premier lieu des produits pharmaceutiques avec 29,5 M EUR soit 11,3 % du total des importations françaises en provenance de Croatie (en forte hausse avec +75%) suivi des articles chaussants à mailles 15 M EUR (+37% par rapport à 2016) puis des produits électroniques grand public 14 M EUR soit 5,3% des exportation de la Croatie vers la France. Nos achats concernent aussi des moteurs et turbines (à l'exclusion des moteurs pour avions, automobiles et motocycles) (13,8 M EUR, en hausse de +31%).

Une partie non négligeable de nos achats concerne des produits issus d’implantations françaises en Croatie. Il en est ainsi, en premier lieu, des chaussures dont une partie provient du site industriel de Koprivnica où produit la société française Arche. Parmi les pièces métalliques et autres pièces/accessoires pour véhicules automobiles (7,6 M EUR), se trouvent les composants pour moteur aluminium et liaisons au sol en provenance du site de Saint-Jean Industries à Slavonski Brod, ainsi que les productions directement achetées à la société AD Plastik basée à Split, qui collabore de manière très étroite avec Faurecia et les constructeurs automobiles français.

 

Notre solde commercial avec la Croatie est structurellement excédentaire.

Notre solde commercial avec la Croatie demeure structurellement positif, ce qui est une exception, avec la Grèce (+1,3 Md EUR) et la Roumanie : (+82 M EUR)  dans la région de l’Europe du sud-est et du centre, où notre solde est négatif : Rép. Tchèque : -2,43Mds ; Slovaquie : -1,7 Md ; Pologne : -0,97 Md ; Hongrie : -0,78 Md EUR ;  Slovénie : -0,5 Md EUR; Bulgarie -0,26 Md EUR.

Avec + 210 M EUR en 2017, l’excédent avec la Croatie reste solide, bien qu’en retrait à long terme (341 M EUR en 2003 ; 348 M EUR en 2006). Depuis 2006, notre solde est resté excédentaire au niveau moyen de 207 M EUR/an.  

Enfin, il faut noter que notre excédent commercial est presque compensé par les échanges de services, en raison du tourisme. Les arrivées de touristes français en Croatie en 2017 s’élevaient à plus de 536 000 personnes. Les revenus issus de la fréquentation touristique française rapportent annuellement jusqu’à 200 M EUR au compte courant croate, soit 185 M nets une fois retirés les 15 M EUR liés à l’activité touristique des Croates en France (sports d’hiver principalement). Au total, nos échanges de biens et services sont équilibrés.

 



[1] Poste réunissant les Produits informatiques, électroniques et optiques, les Equipements électriques et ménagers et les Machines industrielles et agricoles, machines diverses.

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