Situation économique de Hong Kong et Macao

Hong Kong
  • Portée par un environnement mondial et régional favorable et par une demande intérieure dynamique, Hong Kong a bénéficié d’une situation économique très favorable en 2017 (hausse du PIB de 3,8%), une performance supérieure à la moyenne des 10 années antérieures (2,9%). La croissance a marqué le pas en 2018 à +3%, en lien  avec les tensions commerciales sino-américaines qui ont affecté la confiance des entreprises et des particuliers et le ralentissement de la croissance en Chine. Hong Kong affichait par ailleurs toujours un PIB par tête parmi les plus élevés au monde (48 000 USD), une situation de plein emploi (taux de chômage à 2,8%), et les excédents budgétaires accumulés s’élevaient à 137 Mds USD, 40,8% du PIB et 2 ans de dépenses publiques. Hong Kong est entré en récession en 2019 avec une contraction du PIB de -1,2% contre +2 à +3% prévus dans le budget. La RAS est entrée en récession technique aux 3ème (-2,9%) et 4ème trimestres (-2,9%). L’économie a été particulièrement fragilisée sous l’impact cumulé des tensions commerciales sino-américaines, du ralentissement de la croissance chinoise et des manifestations du 2nd semestre. Hong Kong a enregistré en 2019-2020 son premier déficit budgétaire depuis 15 ans, de  4,8 Mds USD (contre la prévision d’un excédent de 2,14 Mds USD).
  • La récession s'est agravée en 2020, avec une contraction du PIB de -6,1% sous l'effet de la crise sanitaire Covid-19 sur cette économie extrêmement ouverte : des mesures strictes de distanciation sociales ont été décidées dès le mois de février et les frontières sont été fermées à partir de mars aux non-résidents (mesure toujours en vigeur en 2022) avec une quarantaine pour les autres voyageurs. En janvier 2021, le chômage a atteint 7% (trimestre glissant) contre 2,8% en 2018, son plus haut niveau depuis 17 ans (avec des pics de 11,3% dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie, 11% dans la construction et 4,6% dans le secteur financier). Le taux de pauvreté a atteint 21,4% contre 20,4% en 2019, dans un contexte caractérisé par un niveau élevé d’inégalités et l’absence de filet social. Les ventes de détail ont chuté en 2020 de -24,3% en valeur : bijouterie et horlogerie (-54%), habillement et chaussures (-41,3%), alimentaire, boissons et tabac (-12,7%). Le secteur du tourisme qui emploie directement 260 000 personnes est à l'arrêt, le nombre de visiteurs s’étant contracté de 93,6%, après une année 2019 déjà affectée par les manifestations. Les exportations de biens se sont contractées (-1,5%) ainsi que les importations (-3,3%), la RAS ayant toutefois bénéficié au 2nd semestre de la reprise en Chine. Le gouvernement a mis en œuvre un budget de soutien à l’économie (subventionnement des salaires, aides sectorielles, prêts garantis aux entreprises, allocations aux ménages) à hauteur de 11% du PIB, creusant le déficit budgétaire à un niveau record de 33,5 Mds contre une prévision de 18 Mds USD dans le budget 2020.
  • Le PIB a marqué un rebond de +6,4% en 2021 mais il demeure inférieur de près de 2% à son niveau de 2018. Le marché de l’emploi s’est amélioré au cours de l’année 2021, le taux de chômage atteignant 3,9% au dernier trimestre 2021, contre 6,8% au 1er trimestre. Hong Kong, toujours une plateforme importante de réexportation vers et depuis la Chine, a bénéficié du dynamisme du commerce extérieur chinois en 2021 dans le contexte d’une demande mondiale accrue en produits manufacturés. Les exportations hongkongaises ont cru de 26,3% à 637,5 Mds USD (dépassant de 19,3% leur niveau de 2018 et de 24,4% celui de 2019 et les importations de 24,3% à 681,5 Mds USD. Les échanges de  services ont en revanche été pénalisés par la fermeture des frontières aux touristes et les mesures de distance sociale (+0,8% pour les exportations de services et +1,9% pour les importations, soit respectivement inférieures de 40,6% et 20,8% à leur niveau de 2019). Les dépenses des visiteurs, en chute de 21,2% % en 2019 puis de 89,7% en 2020 ont continué de reculer en 2021, de 55% au cours des trois premiers trimestres de l’année 2021. L'investissement public local, mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF) a progressé de 10,1% et la consommation privée de 5,7% stimulée par les bons d’achats d’une valeur de 5 000 HKD distribués aux ménages et par les dépenses locales des hongkongais empêchés de voyager. La consommation privée (66,5% du PIB hongkongais en 2020) n’a pas rattrapé son niveau 2019 (-6%) et de 2018 (-16,9%). Les ventes de détail ont progressé de 8,1% en 2021 mais sont inférieures de 27,2% à leur niveau de 2018 et de 18,1% par rapport à 2019.
  • Le PIB hongkongais a reculé de 4% (g.a) au cours du 1er trimestre 2022, soit une baisse plus forte qu’anticipée (consensus Bloomberg : -1,3%), suite au renforcement des mesures de distanciation sociale (télétravail, fermeture des bars, des salles de sport et de spectacle, ainsi que des restaurants à compter de 18 heures)  en réponse à la vague Omicron. Les principaux postes contribuant à l’économie de Hong Kong se sont contractés au 1er trimestre : les dépenses de consommation privée (65% du PIB en 2021) ont reculé de -5,4% (g.a), après une hausse de +5,3% en 2021 ; les ventes de détail se sont contractées de -7,6% en g.a, dont -23,6% pour les vêtements et chaussures, -20,6% pour les montres/ joaillerie. L’investissement privé (FBCF, 17,5 % du PIB) sa chuté de -8,3% (+9,8% en 2021) en raison des difficultés du secteur de la construction dues aux contraintes sanitaires. Les importations et exportations de services ont reculé de -2,8%, les quarantaines imposées aux voyageurs entravant toujours le secteur du tourisme et des transports. Les exportations ont reculé de - 4,5% et les importations de -5,9%.Les conditions du marché de l’emploi se sont dégradées au cours du T1-2022, le chômage atteignant son niveau le plus élevé depuis 9 mois à 5%

 Evolution du PIB de Hong Kong 

 

2018

2019

2020

2021

2022

Total

+2,9%

-1,2%

-6,1%

 +6,4%

 

T1

+4,6%

+0,6%

-9,1%

+9% -4%

T2

+3,5%

+0,5%

-9%

+7,6%

 

T3

+2,9%

-2,8%

-3,4%

 +5,5%

 

T4

+1,2%

-2,9%

 -3%

 +4,8%

 

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Macao
  • Economie essentiellement tirée par l’industrie du jeu, Macao a connu une décennie de développement accéléré jusqu'en 2014. La campagne de lutte anti-corruption a donné un coup d’arrêt brutal à cette expansion, avec un effondrement des recettes des casinos et deux années successives de contraction du PIB (-21,5% en 2015 et -2,1% en 2016). L’économie de Macao a renoué avec la croissance à partir de mi-2016, une tendance qui s’est confirmée en 2017, avec une hausse du PIB de 9,1%. En 2018, la croissance a ralenti à +4,7%, en raison de l'impact de l'affaiblissement de l’activité en Chine continentale sur sa clientèle.  La progression des revenus des casinos a freiné à +14% en 2018 à 37,6 Mds USD contre +19% en 2017. Les revenus tirés du jeu représentaient, en 2018, 69% du PIB et 85,7% des recettes fiscales de Macao . Macao a reçu 35,8 millions de visiteurs en 2018 (+9,8%). Macao est entrée en récession en 2019, affectée par le ralentissement de la croissance chinoise, l’impact des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, de moindres revenus des casinos (-3,4% à 36,5 Mds USD) et le ralentissement des investissements. Le premier semestre 2019 a marqué pour la première fois depuis 2014 une croissance négative du PIB de -2,5% et l'année s'est conclue par  une contraction du PIB de -4,7%.  
  • La situation s'est fortement dégradée en 2020, sous l'effet de la crise sanitaire et le PIB macanais s’est contracté de -56,3%. Les services ont le plus participé à la chute de l’activité, entrainant une baisse de 59% du PIB (contraction des revenus des voyages et des casinos, respectivement de -73,4% et -80,4%, suivies par une chute des dépenses de consommation privée. Le taux de chômage de Macao est resté limité mais a progressé de 47% en g.a pour atteindre 2,5% fin 2020. Le nombre de visiteurs s’est effondré de -85% à 5,89 M en 2020 (contre 33 M en 2019). Le taux d'occupation des hôtels a chuté à 28,6% (-62,2%) en 2020. Les dépenses des visiteurs (hors jeux) ont reculé de -81,4% à 1,5 Md USD en 2020 (en g.a.) et les revenus bruts des jeux se sont contractés de -79,3% à 7,58 Mds USD. Afin de soutenir l'économie, le gouvernement macanais a annoncé le 13 février un plan de 3,4 Mds USD complété le 8 avril  par un nouveau paquet de 1,7 Mds USD. 
  •  2021 a vu les frontières réouvrir avec la Chine, mais avec des modifications régulières des conditions sanitaires en fonction de l'évolution épidémique en Chine : en octobre 2021, le FMI a révisé ses prévisions de croissance à +20,4%, contre 61% auparavant. Selon les prévisions de Economist Intelligence Unit, l'économie de Macao devrait croitre de  21,1% en 2022 et 22% pour Fitch, après une croissance autour de 25% en 2021. Fitch a revu à la hausse sa notation de AA négative à AA stable en avril 2021. L'activité des casinos demeure toutefois fragilisée par les contraintes liées au Covid qui ont  impacté les arrivées de touristes et de joueurs : en 2021, les arrivées de visiteurs ont augmenté de 30,7% en g.a (7 705 943 personnes) mais elles demeurent en dessous des chiffres de 2019 (-80,4%).
  • S&P a estimé le 8 février 2022 que l’activité "mass" des casinos de Macao devrait atteindre 45 à 55% du niveau pré pandémique,  à condition que les  restrictions aux voyages se dissipent en 2022 et retrouver le niveau de 2019 en 2023. Les revenus du segment VIP ne devraient toutefois, selon S&P,  pas dépasser 20% du niveau de 2019  en 2022 et 2023  en raison du durcissement du cadre réglementaire à l’égard des junkets (agents spécialisés dans le recrutement de joueurs pour les parties VIP).

 

 
 

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