Situation économique de Hong Kong et Macao

Hong Kong :

Portée par un environnement mondial et régional favorable et par une demande intérieure dynamique, Hong Kong a bénéficié d’une situation économique très favorable depuis fin 2016 : le PIB en volume a progressé de 3,8% en 2017, une performance supérieure à la moyenne des 10 dernières années (2,9%).

La croissance a marqué le pas en 2018 à +3%, et le gouvernement vise une croissance de l’ordre de 2-3% en 2019. Cette décélération s’explique par les tensions commerciales sino-américaines qui ont affecté la confiance des entreprises et des particuliers et le ralentissement de la croissance en Chine. Sur un plan plus positif, le nombre de touristes à Hong Kong a atteint le record de 65,1 millions en 2018 (+11,4% par rapport à 2017), dont 51 millions venant de Chine  (+14,8%), soit 78,3% du nombre total de touristes. Hong Kong affiche par ailleurs toujours un PIB par tête parmi les plus élevés au monde (48 000 USD) et une situation de plein emploi (taux de chômage à 2,8%). Enfin, les excédents budgétaires accumulés s’élèvent à 137 Mds USD, équivalent à 40,8% du PIB et 2 ans de dépense publique, et la dette publique est quasi-nulle à 0,1% du PIB.

Hong Kong est entrée en récession au 3ème trimestre 2019  avec une croissance en chute de -3,2 % par rapport au trimestre précédent, faisant suite à un 2ème trimestre déjà en repli (-0,4% v.t).  Après une croissance très faible aux 1er et 2nd trimestres en g.a. (+0,6% et +0,4%), le PIB s’est contracté de -2,9% au 3ème trimestre en g.a., sous l’effet d’une baisse de la consommation privée (-3,5%) et de l’investissement (-16,3%), d’une chute des exportations et des importations de biens (-7% et -11% respectivement) et de services (-13,7% et -3,8%). Le PIB a enregistré une chute de -0,7% au cours des 9 premiers mois et la croissance devrait atteindre, selon le gouvernement, -1,3% pour l’année 2019 (contre 2 à 3% dans le budget 2019-2020). Des mesures de soutien ont été mises en place, à hauteur de 2,68 Mds USD  et devraient être complétées afin de tenter de relancer l’économie en 2020. Hong Kong anticipe pour la 1ère fois en quinze ans un déficit budgétaire en fin d’exercice du fait de la contraction des revenus (chute des ventes immobilières et des taxes correspondantes) et hausse des dépenses. Pour 2020, les prévisions des économistes de la place s’établissent entre 0 et  1,5%. Le 5 septembre, Fitch a dégradé la notation de Hong Kong de AA+ à AA avec perspective négative, tandis que Moody’s a revu sa perspective le 16 septembre de Aa2 stable à négative.

 

Macao :

Economie essentiellement tirée par l’industrie du jeu, Macao a connu jusqu’à l’été 2014 une décennie de développement accéléré. La campagne de lutte anti-corruption a donné un coup d’arrêt brutal à cette expansion, avec un effondrement des recettes des casinos et deux années de contraction du PIB (-21,5% en 2015 et -2,1% en 2016). L’économie de Macao a renoué avec la croissance à partir de mi-2016, une tendance qui s’est confirmée en 2017, avec une hausse du PIB de 9,1% au cours de l’année.

En 2018, Macao a enregistré une décélération de sa croissance à +4,7%, en raison du ralentissement de l’activité en Chine continentale et de la croissance des revenus des casinos (+14% en 2018 contre +19% en 2017) à 37,6 Mds USD. Les revenus tirés du jeu représentaient, en 2018, 69% du PIB et 85,7% des recettes fiscales de Macao. La croissance du PIB a ralenti au 2e semestre 2018 (2% contre 7,7% au premier semestre). Macao a reçu 35,8 millions de visiteurs en 2018, soit une hausse de +9,8% par rapport à 2017.

Macao est affectée en 2019 par le ralentissement de la croissance chinoise et l’impact des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, de moindres dépenses de ses clients dans le jeu VIP et le ralentissement des investissements.  Le premier semestre 2019 marque pour la première fois depuis le 2ème semestre 2014 une croissance négative du PIB de -2,5%, à 26,5 Mds USD (contre une prévision  du FMI pour 2018  de +5,3%). Le premier trimestre 2019 s’est soldé par une croissance négative (-3,2% en glissement annuel), atténuée au 2ème trimestre (-1,8%).

 

 

Publié le