Les relations économiques bilatérales France – Guatemala en 2020

Résumé : après de nombreuses années de modestes excédents, notre commerce bilatéral avec le Guatemala a enregistré un déficit en 2020, principalement du fait du recul de nos ventes (recul par ailleurs plus prononcé que pour nos principaux concurrents européens). Le Guatemala a pu profiter de l’accord de coopération UE / Amérique centrale pour développer ses exportations vers la France, notamment de produits agricoles, en 2020.  La pandémie n‘a en revanche pas remis en cause l’activité de nos entreprises implantées localement.
Premier déficit commercial bilatéral pour la France en dix ans

Alors que notre excédent commercial avec le Guatemala atteignait entre 10 et 40 MEUR par an ces dernières années (avec un pic à 78 MEUR en 2014), le solde de nos échanges s’est trouvé en déficit en 2020, à -10 MEUR, selon les douanes françaises.

Cette situation est notamment attribuable à la forte baisse de nos exportations, en recul de 32% en g.a., à 46 MEUR. Si notre premier poste d’exportations, les produits chimiques divers, a progressé (+18% à 9,6 MEUR), nos autres postes clés habituels ont tous reculé : -35% (à 6,4 MEUR) pour les produits pharmaceutiques, -26% (à 2,4 MEUR) pour les produits de l’agriculture et de l’élevage, -24% (à 2,4 MEUR) pour les produits chimiques de base et -18% (à 2,4 MEUR également) pour les parfums et cosmétiques. Par ailleurs, l’année 2020 a été marquée par l’absence de ventes d’hélicoptères[1], qui avaient représenté 10,8 MEUR d’exportations en 2019.

Selon les statistiques miroirs du Guatemala, les importations du pays en provenance de France ont reculé de 24,7% (en dollars), à 57 MUSD, en 2020. Notre part de marché passe ainsi de 0,4 à 0,3%, dans un contexte de baisse des importations guatémaltèques limitée à -8,4%. Parmi nos principaux concurrents, l’Allemagne voit ses exportations vers le Guatemala baisser de 10,8% (à 269 MUSD, soit 1,5% de part de marché), l’Espagne de 4,2% (à 254 MUSD) et l’Italie de 10,3% (à 120 MUSD), tandis que les importations en provenance du Royaume Uni s’effondrent de 57%, à 40 MUSD. Les trois principaux fournisseurs du Guatemala, représentant conjointement 60% des importations du pays, enregistrent des sorts différents : -14,7% pour les Etats-Unis (à 6,3 Mds USD), +1,1% pour la Chine (à 2,3 Mds USD) et -3,1% pour le Mexique (à 2,1 Mds USD).

S’agissant de nos importations, selon les douanes françaises, nos achats en provenance du Guatemala ont atteint 56 MEUR en 2020, en progression de 4% g.a. Les produits de la culture et de l’élevage ont notamment bondi de 31%, et représentent désormais près de la moitié de nos importations en provenance du pays, à 27 MEUR. Dans le détail, cette forte progression est notamment due à la banane (+320% à 6,9 MEUR, dans le contexte de la baisse des droits de douane sur ce produit depuis le 1er janvier 2020 dans le cadre de l’accord de coopération UE / Amérique centrale, de 114 EUR/t à 75 EUR/t) et à la cardamome (+113%), dont le Guatemala est le premier producteur mondial. La plupart des autres grands postes ont également progressé : +9% à 7,5 MEUR pour les produits de la pêche, +24% à 5,4 MEUR pour l’habillement, +14% à 2,9 MEUR pour les produits chimiques divers… Seules les boissons ont reculé (de 5%), à 3,7 MEUR.

Selon les statistiques miroirs du Guatemala, les exportations guatémaltèques vers la France ont représenté 30 MUSD[2] en 2020, en progression de 1,1%. La France reçoit 0,3% des exportations guatémaltèques, une part stable sur les dernières années. En comparaison, les Pays-Bas en reçoivent 3%, l’Italie 1,7%, l’Allemagne 1%, le Royaume-Uni 0,7% et la Belgique 0,6%. Les trois principaux débouchés des exportations guatémaltèques, représentant conjointement plus de la moitié du total des exportations du pays, demeurent les Etats-Unis (3,5 Mds USD, en recul de 2,6% en 2020), El Salvador (-5%, à 1,3 Md USD) et le Honduras (+2%, à 1 Md USD).

En comparaison régionale, le Guatemala représentait 44% de nos exportations vers le CA-4 en 2020 (contre 47% un an plus tôt) et 25% de nos importations (stable).

Une présence de nos entreprises globalement stable malgré la pandémie

Malgré un contexte économique difficile en lien avec la pandémie, la présence française n’a pas reculé en 2020. Le groupe Perenco, qui assure la production de 90% du pétrole du pays, constitue le principal investissement français au Guatemala. A ses côtés figurent plusieurs filiales à vocation commerciale ainsi que de nombreux bureaux de représentation (L'Oréal, Sanofi, Legrand, Schneider Electric, Sodexo...). Des ressortissants français ont également créé de nombreuses entreprises de droit local, notamment dans le secteur de la restauration & boulangerie.



[1] La ville de Guatemala constitue l’un des premiers marchés urbains pour l’utilisation d’hélicoptères au niveau mondial.

[2] L’écart avec les données des douanes françaises tient notamment à la prééminence des ports d’Anvers et Rotterdam dans le transit des exportations guatémaltèques vers la France, aboutissant à comptabiliser, dans les statistiques guatémaltèques, vers la Belgique ou les Pays-Bas des exportations en réalité destinées à notre pays.

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