Indicateurs et conjoncture

Le Guatemala se caractérise toujours par une certaine stabilité macroéconomique, mais les incertitudes juridiques et politiques ont contribué au ralentissement de la croissance en 2017. Après la crise politique de 2015, l’administration du Président Jimmy Morales avait mis l’accent sur l’amélioration de la transparence et la lutte contre la corruption, mais sa crédibilité a été remise en cause par ses tentatives en août 2017 de vouloir écarter le représentant de la CICIG (Commission Internationale contre l’impunité au Guatemala), le colombien Iván Velásquez. L’absence de décision de la Cour Suprême concernant un recours dans le secteur minier a par ailleurs contribué au ralentissement de la croissance. Le conservatisme du secteur privé et les blocages politiques contribuent au blocage de réformes ambitieuses : non adoption du budget 2018, loi sur la concurrence, loi sur l’encadrement des taux du crédit… L’adoption d’une réforme fiscale afin d’augmenter les revenus de l’Etat (la pression fiscale est l’une des plus faibles du continent) n’est toujours pas d’actualité ; l’augmentation des capacités financières de l’Etat semble pourtant primordiale afin d’enrayer la dégradation des indicateurs sociaux et d’accroître la redistribution.

→Malgré un ralentissement de la croissance et la montée des incertitudes, les indicateurs économiques demeurent stables: La croissance demeure tirée par la consommation (elle-même soutenue par le dynamisme des transferts de migrants : +14,4% (ga), soit 11% du PIB), mais enregistre un ralentissement en 2017  (+2,8% contre 3,7% en moyenne entre 2011 et 2016), en raison de la montée des incertitudes. Avec un PIB dépassant les 70 MdsUSD en 2017, l’économie guatémaltèque, fragilisée, reste la plus importante d’Amérique centrale.

2018 devrait marquer une reprise de la croissance : Le commerce extérieur repart et l’afflux de devises provoque une appréciation du Quetzal/ US dollar: Le déficit courant ne représente que 1,5% du PIB (2,2% attendus en 2018). Les exportations avaient progressé de 6,5% (g.a.) à novembre 2017 (-2,2% en 2016), et les importations de 7,2% (g.a.) (-3,6% en 2016). Le Guatemala exporte principalement des produits agricoles (sucre, café et banane) et textiles, et importe principalement des matières premières industrielles (29% du total des importations) et des biens de capital (14%).

 

→ En dépit de la taille de son économie, le Guatemala fait partie des mauvais élèves de la région en termes d’indicateurs sociaux. La qualité de l’environnement des affaires, l’insécurité et la corruption demeurent problématiques et freinent le développement du pays. Les questions de corruption constituent un thème récurrent. La lutte contre la corruption a toutefois comme principale conséquence un blocage de la majorité des circuits de décision.

 

→Le secteur financier demeure stable, liquide et bien régulé, malgré un manque de pénétration : Classé   84e/137 à l’indice de compétitivité du forum économique mondial 2017-2018. Le Guatemala a fait des progrès en matière de prévention du blanchiment d’argent et de lutte contre le financement du terrorisme. L’inclusion financière demeure néanmoins faible, même si elle progresse.

→La situation des finances publiques témoigne de la faible place du gouvernement et du conservatisme du secteur privé : Dette et déficit publics demeurent faibles, tout comme la pression fiscale (10% du Pib !). En 2017, le déficit public s’est élevé à 1,3% du PIB, en raison du manque d’exécution budgétaire. La dette publique représente pour sa part 24% du PIB, avec une tendance à diminuer ces dernières années. Le Guatemala est noté BB par Fitch, Ba1 par Moody’s et BB- par S& Ps, avec perspectives stables. S&P a revu sa notation à la baisse (de BB à BB-), principalement en raison des incertitudes politiques.

→Les chiffres des finances publiques témoignent du faible niveau d’engagement de l’Etat dans l’économie. La politique fiscale timorée du Guatemala se fait au détriment d’un rôle proactif des autorités en termes de redistribution et de lutte contre les faiblesses structurelles. La dépense publique ne représente que 12,1% du PIB.

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