Les relations économiques entre la France et la Grèce en 2020

Le résultat des échanges franco-helléniques en 2020 est marqué par les effets de la crise sanitaire et une hausse de 78,3% des importations françaises, dominées par le secteur pharmaceutique. Nos exportations ont reculé de 0,5%. La Grèce demeure un excédent commercial pour la France, bien que le solde soit réduit de moitié par rapport aux années précédentes. L’intérêt des entreprises françaises pour les grands contrats en Grèce demeure important, mais est actuellement subordonné à la fin de la pandémie de la Covid-19.tteindre

I. Des importations en hausse, mais toujours un excédent commercial pour la France 

La Grèce est pour la France un client qui compte, même si ce pays ne représente que 1,1% de nos exportations et 0,6% de nos importations. Notre part de marché se maintient en décembre 2020 à 4,4% du total des importations grecques, soit le 6ème rang parmi les fournisseurs mondiaux de la Grèce, mais loin derrière l’Allemagne qui reste le principal fournisseur du pays (12,3%), l’Italie (8,4%), la Chine (8%), les Pays bas (6,3%) et la Russie (6%). La France devient en 2020 le 4ème client de la Grèce, représentant 5,8% des exportations grecques (contre 3,6% et environ 1Md€ d’exportations grecques en 2019) [1].

Bien que nos échanges aient marqué, en 2020,  une augmentation sensible en pourcentage absolu, (+26%), elles restent faibles en volume (4,3Mds€[2], contre 3,4Mds€ en 2019). Nos exportations ont reculé de -0,5% (à 2,4Mds€). La période est marqué par une augmentation considérable (+78,3% à 1,780Md€) de nos importations, due à la forte hausse de la valeur des importations pharmaceutiques (1,1Md€, +180,4%).

Malgré l’augmentation de nos importations, avec 2,43 Mds€ d’exportations et 1,78 Md€ d’importations de biens, la France affiche encore cette année un excédent commercial bilatéral. Le solde s’est établi à 658M€, mais a quasi-diminué de moitié par rapport à la même période 2019 (1,45Md€) et loin de son pic historique de 2008 (1,68Md€).

Les trois principaux postes d’exportations françaises en 2020[3] concernent les produits de la construction aéronautique et spatiale (338 792M€, soit 13,9% du total des exportations) ; les produits pharmaceutiques (271 836M€, 11,1%) et la viande bovine (193 914M€, 8%). La France a importé principalement de la Grèce, des produits pharmaceutiques (1 067 891M€, 60%) ; des métaux non ferreux (163 150M€, 9,2%) et des produits pétroliers raffinés (77 813M€, 4,4%).

Dans un contexte de pandémie, en 2020, les recettes touristiques en provenance de France ont plongé de -66,3% par rapport à 2019, pour s’établir à 367,3M€, derrière l’Allemagne (1,135Md€, -61,6%) et le Royaume Uni (748,8M€, -70,8%). Le nombre de touristes français s’est élevé à 469 000 voyageurs, en baisse de -69,6% en 2019, représentant environ 6,3% des touristes étrangers en Grèce. Les touristes allemands restent la première clientèle touristique pour la Grèce, avec 1 527 000 voyageurs (-62,17%), suivis par les touristes britanniques (1 069 000 voyageurs, -69,5%) [4].

 

II. Investissements français et présence économique

Selon les dernières données de la Banque de Grèce, en 2019, la France a été le 7ème investisseur du pays (1534,3Md€, soit 3,8% des IDE investis en Grèce), en hausse de 15,3% par rapport à 2018, mais en recul de moitié par rapport à 2012, année de désinvestissement en raison de la profonde crise grecque. La France se situe derrière l’Allemagne, qui a quasi-triplé sa présence ces dix dernières années et reste le premier investisseur du pays (8 231,6Mds€), le Luxembourg (8 012,0Mds€), les Pays Bas (6 370,8Mds€), la Suisse (3 169,3Mds€), la Belgique (2 410,5Mds€) et l’Italie (1 539,7Mds€). Les flux se sont élevés à 138M€.  Les investissements grecs en France apparaissent limités, le stock d'investissements s'élevant en 2019 à 257 M€, selon les dernières données de la Banque de France.

Quelques 120 filiales de groupes, entreprises ou joint-venture associant des entreprises grecques sont présentes dans la quasi-totalité des secteurs, notamment l'industrie, l'énergie, les infrastructures, les transports, les produits de consommation et le secteur pharmaceutique.

La pandémie a ralenti fortement la dynamique de réalisation de grands projets dans le pays et les mesures restrictives à l’international ont conduit au report de plusieurs appels d’offres. Néanmoins, dans ce contexte défavorable, plusieurs succès récents sont venus récompenser les démarches actives des majors français. Parmi les projets suivis par nos entreprises, mais reportés à cause de la pandémie, on peut citer la privatisation de 30% de l’Aéroport International d’Athènes ; la concession de 67% des ports d’Alexandroupolis et d’Igoumenitsa, la sous-concession du port de Kavala ou encore l’appel d’offres relatif à la Carte nationale d'identité sécurisée. 

 

[1] Source : Office national des statistiques ELSTAT et Union des exportateurs grecs.
[2] Source : Douanes / Les données varient sensiblement selon les sources grecques.
[4] Sources : Banque de Grèce

 

 

 

 

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