Bilan des échanges commerciaux franco-grecs en 2017

 

La France entretient avec la Grèce une relation commerciale marginale en termes d’exportations, ce pays ne représentant que 0,4% de nos exportations et 0,1% de nos importations. Avec un solde excédentaire de 1,3 Md€ en 2017, la Grèce demeure de loin au premier rang dans le classement de nos excédents sur la zone euro (second de l’UE après le Royaume-Uni). Elle est notre 9e excédent mondial (8e rang en 2016).

Dans un contexte de retour de la croissance pour la première fois depuis 2008, les échanges bilatéraux enregistrent un tassement (-0,4%). Cette légère baisse est la résultante, d’une part, d’une diminution modérée des exportations (-4,7% à 1.992,4 M€) et, d’autre part, d’une forte progression des importations (+13,8% à 720,7 M€).

Malgré cette contraction de nos échanges commerciaux, la France reste un partenaire significatif pour la Grèce, à savoir son 8e fournisseur et son 10e client. Notre part de marché a été réduite à 4,2% des importations grecques en 2016 (4,4% depuis 2016).

 1 – Alors que l’économie grecque renoue avec la croissance en 2017, les échanges commerciaux franco-helléniques poursuivent leur baisse (-0,4%)

 Après neuf années consécutives de récession (2008-2016), la Grèce a renoué avec la croissance en 2017, son PIB ayant progressé de 1,4% sur un an. Selon l’Autorité statistique grecque ELSTAT, ce chiffre a finalement été atteint à la faveur d’une accélération de l’investissement qui a connu l’an dernier une hausse sensible (+9,6%). La demande intérieure a, elle aussi, soutenu l’activité en enregistrant une hausse de 1,6%, soit un niveau supérieur à celui de 2016 (+0,7%). Les variations des stocks ont pour leur part soutenu le PIB à hauteur de 0,7 point. Enfin, le solde extérieur continue de contribuer négativement à la croissance (-0,4 point du PIB) en raison d’une accélération des importations de biens et de services (+7,5%) plus forte que celle des exportations (+6,8%).

 Dans ce contexte, les échanges bilatéraux entre la France et la Grèce ont enregistré un nouveau repli en 2017 (-0,4%), à 2,71 Mds€ (contre 2,72 Mds€ en 2016). Nos exportations poursuivent leur recul (- 4,7%) pour s’établir à 1,99 Md€, à un rythme plus rapide qu’en 2016 (-0,4%). De leur côté, nos importations en provenance de la Grèce progressent fortement (+13,8%) à 720,7M€. Au total, notre excédent commercial décroît en 2017 (-12,8%) à 1,27 Md€.

 La Grèce se situe désormais au 9e  rang de nos excédents mondiaux (8e en 2016), derrière Hong-Kong, Singapour, le Royaume-Uni, les E.A.U., la Corée du Sud, l’Algérie, l’Australie et le Qatar. On notera qu’elle reste, de loin, notre 1er excédent commercial dans la zone euro (devant l’Espagne 770 M€ et le Luxembourg 573 M€) et le 2e dans l’UE (derrière le Royaume-Uni 4,1 Mds€).

 

 2 – Selon les statistiques locales, le rythme de croissance des exportations françaises vers la Grèce repart à la hausse

 Selon les statistiques provisoires grecques, les exportations françaises enregistrent une hausse marquée en 2017 (+10,3%) à 2,08 Md€ dans le sillage de l’augmentation des importations globales de la Grèce (+ 13,2%).

Au classement des fournisseurs de la Grèce, la France passe au 8e rang surtout à cause de la remontée de la Corée du Sud à la quatrième place (livraisons de navires aux armateurs grecs). Elle voit ainsi son poids s’éroder, passant de 4,4% à 4,2%. A titre de comparaison, nos principaux concurrents connaissent également une baisse de leur part de marché : Allemagne (de 11,0% à 10,3%), Italie (de 8,3% à 7,6%), Chine (de 6,7% à 5,5%), Pays-Bas (de 5,5% à 5,2%), Belgique (de 3,6% à 3,5%) et Espagne (de 3,6% à 3,5%).

 

3 – En 2017, les exportations françaises vers la Grèce se contractent, principalement sous l’effet d’une diminution des ventes de matériels de transport

 Selon les Douanes françaises, la Grèce n’est que notre 41e client en 2017 (37e en 2016), le 12e de la zone euro (10e en 2016). Nos exportations (1,99 Mds€) représentent 0,43% de nos exportations dans le monde et 0,94% de nos exportations vers la zone euro.

 Premier poste à l’exportation vers la Grèce, les autres produits industriels (51,3% du total) progressent de 8,5% en 2017 (1.023 M€). Les produits chimiques, parfums et cosmétiques demeurent le principal vecteur des exportations dans ce secteur (+10,7% à 350,9 M€). Malgré un léger recul (-6,1% à 238 M€), les produits pharmaceutiques comptent pour 11,9% de nos ventes en Grèce en 2017. Après une hausse de 2,1% en 2016, les exportations de textiles et produits d’habillement stagnent à 140 M€ (-2,4%). A l’inverse, les livraisons de produits métallurgiques et métalliques repartent à la hausse (+49,9% à 135 M€), après avoir atteint un niveau particulièrement faible en 2016 (-22,4% à 89,8 M€).

 Avec près du quart des exportations françaises en Grèce, les produits des industries agro-alimentaires occupent une place prépondérante. Malgré un environnement économique stabilisé pour la première fois en 2008, les ventes de ce secteur (467,9 M€) reculent (-4,1%) par rapport à 2016. Ces exportations sont freinées essentiellement par la contraction des ventes de viande de boucherie (-1,3% à 212,0 M€).

Les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique représentent 12,3% des exportations en 2017, en légère hausse par rapport à 2016 (244,4 M€, +2,4%). Au sein de ce poste, les ventes de produits informatiques, électroniques et optiques (95,3 M€, +6,5%) et de machines industrielles et agricoles (86,4 M€, +9,9%) s’affichent en hausse. En revanche, nos exportations d’équipements électriques et ménagers accusent une baisse de -11,1% sur un an (62,6 M€).

Les exportations de matériels de transport (149,2 M€) sont en fort recul par rapport à la même période en 2016 (-54,9%). Cette contre-performance s’explique par le recul des exportations d’aéronefs et engins spatiaux (-94,8% à 11,8 M€), qui subissent le contrecoup d’exportations exceptionnelles en 2016. En revanche, les exportations d’automobiles (+49,1% à 93,5 M€) profitent de la poursuite de la reprise des ventes sur le marché automobile grec en 2017 (+12,0%).

Dans le détail, nos principaux postes d’exportation sont les préparations pharmaceutiques (226,0 M€), les viandes de boucherie (212,0 M€), les parfums et produits pour la toilette (100,5 M€), les véhicules automobiles (93,5 M€), les produits sidérurgiques de base (68,5 M€), les autres produits chimiques (55,6 M€), les pesticides et autres produits agrochimiques (48,7 M€), les matières plastiques sous formes primaires (43,0 M€), les produits laitiers et fromages (41,3 M€) et les autres produits chimiques organiques de base (39,3 M€).

 

4 – Les importations de produits grecs sont faibles et peu diversifiées

 Selon les Douanes françaises, les ventes grecques en France sont très faibles (56e fournisseur en 2017) et ne représentent toujours que 0,1% de nos importations. La Grèce vient au 21e rang pour nos achats parmi nos 27 partenaires de l’UE.

 Cette situation de déséquilibre entre exportations et importations est atypique pour un pays de l’Union européenne et résulte de la faiblesse de l’appareil exportateur grec et du manque de compétitivité de ses productions. Cependant, malgré la modestie de ces chiffres, la France occupe la 10e place dans le classement des clients de la Grèce en 2017.

En 2017, les exportations grecques ont repris fortement (+13,8%), passant de 633,1 M€ à 720,7 M€. La Grèce nous a livré pour l’essentiel des demi-produits métallurgiques et métalliques (aluminium et cuivre) pour 160,5 M€, des produits de la filière agro-alimentaire et agricole (surtout des préparations de légumes et fruits, des produits de l’aquaculture et des produits laitiers) pour 120,2 M€ et des préparations pharmaceutiques pour 111,2 M€.

 Nos échanges en 2017 reflètent le déséquilibre du commerce extérieur grec. Le faible recul de nos exportations et le maintien d’un solde positif de 1,3 Md€ traduisent la performance très honorable de nos entreprises.

L’évolution des échanges bilatéraux, qui a été marquée par l’impact de la crise (chute de de 46,6% de nos exportations entre 2008 et 2017), reste étroitement liée à la relance de l’économie locale qui permettra à la Grèce de renouer progressivement avec le cercle vertueux de la croissance. Alors que crédits et liquidités manquent, seule une élaboration de la part de l’Etat d’une stratégie de croissance, par la mise en œuvre des reformes structurelles et l’utilisation optimale des fonds communautaires, pourrait permettre d’engranger une telle relance économique.

 

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