GRÈCE
Les relations économiques entre la France et la Grèce en 2025
La Grèce est un partenaire commercial modeste (notre 30e client et 57e fournisseur pour les biens), à l’image de la taille de son économie (PIB de 250 Md EUR) et de son marché (10 M habitants). L’excédent élevé dégagé par la France pour les biens et par la Grèce pour les services reflète aussi le fait que l’économie grecque soit peu industralisée et tournée vers les services, en particulier le tourisme. Les investissements français en Grèce sont inférieurs aux niveaux pré-crise de la dette, mais ils augmentent progressivement et ils sont plus diversifiés.
Pour les biens (hors matériel militaire), la Grèce est un partenaire commercial modeste, mais avec un excédent substantiel en faveur de la France
En 2025, pour la troisième année consécutive, les exportations de la France vers la Grèce ont été stables à 4,2 Md EUR, après le fort ressaut observé en sortie de crise sanitaire (+57 % entre 2021 et 2023). Malgré une légère baisse, les produits pharmaceutiques sont restés notre premier poste d’exportation à 437 M EUR (-2 %), représentant 11 % du total. La baisse des exportations de produits aéronautiques (-25 %, second poste à 329 M EUR) a été plus que compensée par l’augmentation des exportations de viande (+16 %, 3e poste à 296 M EUR), de produits chimiques (+5 % à 237 M EUR), cosmétiques (+10 % à 225 M EUR) et automobiles (+45 % 162 M EUR). Avec une part de marché de 5 %, la France est le 5e fournisseur de la Grèce, derrière l’Allemagne (11 %), l’Italie (9 %), la Chine (8 %) et les Pays-Bas (6 %). Cette 5e position est stable par rapport aux années qui ont précédé la crise.
S’agissant des importations de la France en provenance de Grèce, elles ont augmenté de 5,5 % en 2025, pour atteindre 1,3 Md EUR – un montant relativement stable depuis 2022. La structure de nos importations a été presque inchangée par rapport à 2024. La France a principalement acheté des métaux non ferreux, pour un montant de 233 M EUR (+2 % et représentant 18 % du total). Malgré la baisse des importations de produits pharmaceutiques (-16 % à 184 M EUR), ce poste s’est maintenu au second rang (15 % de nos importations). Cette diminution a été plus que compensée par l’augmentation de nos importations de produits laitiers (à 125 M EUR, en hausse de 19 % et 10 % du total) et de produits de la mer (à 79 M EUR, en hausse de 26 % et 6 % du total). Par ailleurs, les produits à base de fruits et légumes se sont maintenus au 4e rang de nos importations (à 82 M EUR, en baisse de 2 %).
En conséquence, l’excédent commercial de la France vis-à-vis de la Grèce a légèrement diminué (-2 %), pour atteindre 2,9 Md EUR – ce qui représente le sixième excédent le plus important de la France tous partenaires confondus. La balance commerciale pour les biens avec la Grèce est structurellement excédentaire, mais cet excédent a été multiplié par deux depuis 2019.
Pour les services (données 2024) l’image s’inverse : la France affiche un déficit, inférieur au déficit de la Grèce pour les biens, mais qui a tendance à se creuser sous le poids des dépenses touristiques
En 2024, les exportations de services de la France vers la Grèce se sont élevées à 939 M EUR, en baisse de 4 % par rapport à 2023, mais après avoir doublé sur 2021-2023. En 2024, nous avons vendu principalement à la Grèce des services aux entreprises (pour 260 M EUR, en baisse de 26 %, représentant 28 % du total), des services de transport (194 M EUR, +2 % et 27 % du total) et de tourisme (121 M EUR, +12 % et 13 % du total). En 2024, la part de marché de la France en Grèce pour les services s’est établie à 3 % − au 6e rang derrière les Îles Marshall (18 %), le Libéria (13 %), l’Allemagne (7 %), le Royaume-Uni (7 %) et l’Italie (4 %).
Les importations de services de la France en provenance de Grèce se sont élevées à 2,4 Md EUR, en hausse de 1 %. Près de 70 % de ces importations ont été réalisées dans le secteur touristique (en hausse de 4 % à 1,7 Md EUR). En 2024, 2 M Français ont visité la Grèce – 4e pays d’émission avec 5 % du total, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni (10 % chacun) puis les États Unis (7 %). Le nombre record d’arrivées établi en 2024 (+8,8 % par rapport à 2023) devrait à nouveau être battu en 2025. Les services de transport sont notre second poste d’importation, même si ce secteur poursuit sa lente érosion (-13 % pour atteindre 303 M EUR, soit 12 % du flux).
En conséquence, le déficit commercial de la France s’est légèrement creusé pour les services, pour atteindre 1,5 Md EUR (+5 %), approchant le point haut de 2018.
La présence française en Grèce est diversifiée et elle s’est renforcée ces dernières années
En 2024, le stock d’Investissements directs étrangers (IDE) de la France en Grèce a atteint 2 Md EUR, en hausse de 16 % sur un an et de 61 % depuis 2021. Ces IDE étaient présents principalement dans le secteur des services (47 %), dans l’immobilier (29 %), dans l’énergie (13 %) et dans le secteur manufacturier (10 %). Les IDE français représentent moins de 3 % du total des IDE en Grèce (12e rang), derrière le Luxembourg (15 %), l’Allemagne (13 %), les Pays-Bas et Chypre (10 % chacun), etc.
En 2023, environ 150 entreprises françaises étaient implantées en Grèce, avec un chiffre d’affaires de 2,3 Md EUR et des effectifs supérieurs à 23 000 salariés.
La présence française en Grèce est très diversifiée, dans les secteurs des infrastructures, des transports et de l’énergie (Vinci, Alstom, Thales, AKUO, EDF), l'industrie (Servier, Legrand, Nexans, Saint Gobain), les services (CMA-CGM, Neptunes Lines, Newrest, BNP-Paribas, CA-CIB, Groupama, COFACE, Accor), la distribution et les produits de consommation (L’Oréal, Pernod-Ricard, Leroy Merlin, Décathlon, Moët Hennessy), etc.
Ces dernières années, les entreprises françaises se sont repositionnées sur le marché grec en remportant plusieurs grands contrats d’infrastructures (gestion en concession par Vinci de plusieurs autoroutes et du périphérique d’Athènes ; gestion en concession du métro de Thessalonique par un consortium mené par Egis, qui gère par ailleurs plusieurs autoroutes ; développement de la ligne 4 du métro d’Athènes par Alstom) mais aussi d’équipements (appareils et hélicoptères Airbus, rames de train Alstom, etc.).
Enfin, la présence des entreprises françaises s’affirme dans de nouveaux secteurs stratégiques. C’est le cas dans le secteur financier avec le rachat de la Bourse d’Athènes par Euronext en novembre 2025, qui prévoit notamment la création d’un centre de soutien technique ayant vocation à servir l’ensemble du groupe. Alcatel Marine Network a été retenu pour poser le câble sous-marin à fibre optique East to Med Corridor. Data4 a annoncé l’implantation de trois centres de données (travaux en cours). En novembre 2025, Mistral AI et les autorités grecques ont conclu un partenariat pour renforcer la formation et accélérer le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein de l’administration.
Avec un stock d’IDE de 250 M EUR en 2024, la présence grecque en France est modeste – elle est concentrée dans les services (94 % des IDE), principalement sous la forme de bureaux de représentation commerciale. En 2023, une douzaine d’entreprises grecques étaient implantées en France, avec un chiffre d’affaires de 50 M EUR et 200 employés.