Indicateurs et conjoncture

Situation politique

La Guinée équatoriale est un pays d’Afrique centrale, d’une superficie de 28 000 km2 pour 1,4 million d’habitants, composé d’une partie continentale frontalière du Cameroun et du Gabon ainsi que d’une partie insulaire sur laquelle se situe la capitale Malabo. Le Président Obiang, au pouvoir depuis 1979, a été réélu pour un nouveau mandat de sept ans lors de l’élection présidentielle du 24 avril 2016.

Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, avec l’un des PIB/habitant les plus importants d’Afrique (7 912 EUR en 2019) grâce au boom pétrolier des années 1990, la Guinée équatoriale occupe le bas des classements sur la gouvernance publique (48ème sur 54 au classement Mo Ibrahim, 173ème sur 180 selon l’indice de perception de la corruption calculé par Transparency International). L’IDH du pays, après des années de croissance entre 1990 et 2014, connait une stagnation.

 

Situation économique

L’économie équato-guinéenne a été bouleversée par la découverte du champ pétrolier Zafiro en août 1996. Au cours de la décennie 2000, le PIB a été multiplié par plus de dix. Aujourd’hui, c’est une économie quasi monoproductrice d’hydrocarbures qui représentent 97 % des exportations. Le PIB atteindrait 7 059 Mds FCFA (soit 10,8 Mds EUR) en 2019, soit un tiers de moins qu’en 2014, sous l’effet de la baisse de l’activité extractive. La richesse par habitant, qui culminait à près de 17 000 EUR en 2012, a été divisée par deux.

La production pétrolière a entamé un déclin qui devrait se poursuivre graduellement à moyen terme, les principaux champs étant matures. Elle a atteint 146 000 barils/jour à fin septembre 2019  contre 162 000 barils/jour un an plus tôt. La production gazière est également orientée à la baisse à 110 000 barils/jour à fin septembre 2019 contre 130 000 barils/jour un an plus tôt. Toutefois, pour le pétrole comme pour le gaz, des espoirs sont placés dans l’exploration de nouveaux champs avec l’octroi récent de licences.

Les autres activités du secteur primaire (agriculture, pêche, sylviculture) ont été marginalisées. Dans le secteur secondaire, le BTP, tiré par l’investissement public et souvent consacré à des projets de prestige, est en grande difficulté. En effet, ses activités se sont fortement contractées du fait de l’accumulation d’impayés sur des commandes publiques. L’industrie se limite à une brasserie concurrencée par les importations frauduleuses et à une cimenterie à l’arrêt. Le secteur tertiaire a connu un début de développement : quelques hôtels sont ouverts, trois opérateurs de télécommunication et cinq banques sont actifs.

Selon les prévisions du FMI, l’économie équato-guinéenne connaitrait une sixième année de récession consécutive en 2020 avec un taux de croissance du PIB prévu à -8,1 %, après -6,1 % en 2019. La contraction de l’activité devrait se poursuivre au cours des prochaines années malgré les efforts entrepris pour enrayer la baisse de la production d’hydrocarbures.

Les finances publiques ont retrouvé un certain équilibre après avoir enregistré des déficits jusqu’à 15 % du PIB suite à la crise des matières premières de 2014, mais au prix d’un ajustement drastique sur les dépenses, notamment d’investissement. Le solde budgétaire devrait à nouveau afficher un déficit en 2020 du fait de la chute des recettes pétrolières. La Banque africaine de développement (BAfD) estime qu’il pourrait atteindre 5,9 %, mais l’impact de la crise sanitaire sur le budget de l’État reste encore à évaluer précisément. L’endettement extérieur de la Guinée équatoriale reste faible (environ 10 % du PIB en 2019) mais d’importants arriérés intérieurs ont été accumulés depuis le déclenchement de la crise des matières premières, portant ainsi le taux d’endettement public à 45,4 % du PIB en 2019 contre 12,6 % en 2014.

 

Croissance du PIB (prix constants)

Croissance du PIB

Source : FMI

 

Relations avec la communauté financière internationale

La Guinée équatoriale a mené à son terme un programme de référence (« Staff-monitored program ») avec le FMI débuté en 2018, en cohérence avec les recommandations du sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC du 23 décembre 2016. La conclusion d’un programme, d’un montant de 205 M DTS (soit environ 254 M EUR) équivalent à 130 % de la quote-part, soutenu par le Mécanisme élargi de crédit, a été approuvée par le Conseil d’administration du Fonds en décembre 2019. La première revue devait se tenir en juin 2020 mais celle-ci a été reportée au second semestre compte tenu de la crise sanitaire.

Le pays a par ailleurs signé deux projets avec la BAfD, l’un d’un montant de 50,7 M EUR pour un appui au secteur halieutique, et un autre à hauteur de 26 M EUR pour un programme d’appui à la modernisation de la fonction publique.

Les autres bailleurs traditionnels (Banque mondiale, Union européenne, etc.) sont absents du pays.

 

Présence économique française

La présence française est non négligeable en Guinée équatoriale, avec un stock d’IDE de 121 M EUR en 2018 (dernières données disponibles) contre 116 M EUR en 2017. On dénombre 17 filiales françaises, dont les principales sont : Total distribution, CFAO, Accor, Bouygues, Vinci, Razel, Egis, Veritas, Société générale, Castel, Air France, Bolloré Africa Logistics.

Les exportations françaises à destination de la Guinée équatoriale, après la forte hausse enregistrée en 2018 (+53,7 %), se sont contractées à 33,1 M EUR en 2019 (-26,9 %) et retrouvent la tendance baissière observée depuis 2011. La Guinée équatoriale est désormais le plus petit débouché en Afrique centrale pour les exportateurs français, derrière la Centrafrique. Les importations françaises en provenance de Guinée équatoriale sont très dépendantes des achats de produits pétroliers. En l’absence d’achats d’hydrocarbures, nos importations ont chuté de 71,9 % en 2019 après une chute de 91,6 % en 2018 pour se situer à 3,4 M EUR. L’excédent commercial français se stabilise à environ 30 M EUR en 2019.

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