Relations Bilatérales

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Commerce bilatéral

D’après les douanes françaises, en 2018, les échanges commerciaux entre la France et la Guinée ont reculé de 5,8% en glissement annuel, à 245,9 M EUR. Le commerce bilatéral France-Guinée se caractérise par un excédent commercial français structurel. L’an passé, l’excédent français s’est accru, passant de 81,5 M EUR en 2017 à 94,2 M EUR en 2018.

La Guinée importe la large majorité de ses biens intermédiaires et de consommation finale. Ainsi, les ventes françaises affichent un profil relativement diversifié. En 2018, les exportations françaises ont légèrement diminué de 0,7% en g.a. à 170 M EUR, notamment en raison du recul des ventes de produits pharmaceutiques (11,7% des achats guinéens, -23 M EUR), en partie compensé par la hausse des exportations de produits des industries agroalimentaires (16,5% des ventes françaises en augmentation de 21,8%, notamment du fait des ventes de sucre qui s’élèvent à 8,7 M EUR) et de produits pétroliers raffinés (10,1% des achats guinéens, +543,5% à 17,2%). En 2018, la Guinée est le 9ème  client de la France en zone CEDEAO avec 4,1% des ventes françaises dans la zone (contre 3,7% en 2017), le trio de tête étant composé de la Côte d’Ivoire (26,4% des ventes françaises dans la zone CEDEAO en 2018), du Sénégal (19,7%) et du Nigéria (15,0%). La Guinée est également le 17ème client de la France en Afrique subsaharienne, absorbant 1,7% des exportations françaises vers la zone. D’après les données miroirs de Trade Map, en 2018, la Guinée aurait importé des biens à hauteur de 3,2 Mds EUR dont 36% en provenance de Chine et 11% d’Inde, la France se hissant au rang de 5ème fournisseur du pays à hauteur de 5,3% de ses achats à l’étranger.

Conformément à la structure de son tissu productif, la Guinée exporte principalement des minerais et autres métaux précieux – structurellement plus de 80% de ses ventes à l’étranger -, auxquels viennent s’ajouter principalement des produits agricoles. La structure des achats français ne déroge pas à ce profil de ventes : en 2018, les importations françaises depuis la Guinée se sont élevées à 75,9 M EUR, en recul de 15,5% en g.a., en raison d’une baisse des importations de minerais métalliques (45,1% des importations françaises, -1,5% en g.a. à 34,2 M EUR) et de métaux précieux (43% des importations françaises, -25,9% en g.a. à 32,6 M EUR) ; le 3ème poste d’achats composés des produits des « autres cultures permanentes » a également diminué de 35,8% en g.a. à 4,4 M EUR (5,8% des importations françaises).

En 2018, la Guinée est le 5ème fournisseur de la France en zone CEDEAO avec 1,4% des achats français dans la zone, loin derrière le Nigéria (70,6%), la Côte d’Ivoire (15,4%) et le Ghana (8,5%). La Guinée est le 14ème fournisseur de la France en Afrique subsaharienne (0,8% des importations). D’après les données miroirs de Trade Map, en 2018, la Guinée aurait exporté des biens à hauteur de 3,1 Mds EUR, destinés à 61% à la Chine suivie de l’Inde à 11%. La France serait le 6ème client de la Guinée, réceptionnant autour de 2,4% de ses ventes à l’étranger.

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Investissements directs étrangers (IDE) et présence française

En 2018, d’après la CNUCED, les flux totaux d’IDE reçus par la Guinée ont atteint 483 M USD, en baisse par rapport à l’année de 2017 (577 M USD). A fin 2018, le stock d’IDE s’établissait ainsi à 4,8 Mds USD, un montant 10 fois plus important qu’en 2010.

D’après la Banque de France, en 2018, les flux d’IDE français en Guinée se sont établis à 24,4 M EUR. Le stock d’investissements directs français en Guinée s’établit à 118,4 M EUR, 51,5 % relevant des activités des services financiers et 34,9% des activités de transports et d’entreposage. 160 sociétés françaises sont recensées dont une quarantaine de filiales à part entière, environ une centaine d’entreprises de droit local, dont au moins un actionnaire a la nationalité française, et près de 15 entreprises françaises représentées. Les principales filiales sont : Africa Bolloré Logistics (concessionnaire du port de Conakry), Orange (1er opérateur téléphonique via Sonatel), Total (distribution de carburants), Castel (via Sobragui), Vinci / Sogea Satom, BNP-Paribas (BICIGUI), Société Générale (SGBG).

Un Club des investisseurs français en Guinée a été créé en 2018.

Coopération financière

Les instruments d’aide-projet de la DG Trésor

La Guinée est éligible au Fasep, au prêt du Trésor direct (sous condition) et au crédit export garanti par l’Etat. La Guinée a notamment bénéficié d’un financement Fasep pour la réalisation d’une étude sur la construction d’hôpitaux modulaires à l’intérieur du pays. L’étude a permis de déboucher sur un projet de construction d’hôpitaux régionaux à Kindia et Labbé pour lequel les autorités sont à la recherche de financements. A ce stade, la mobilisation des outils de financement non-concessionnels est contrainte par l’atteinte du plafond d’endettement non-concessionnel, fixé dans le cadre du programme triennal FEC du pays avec le FMI.

Les activités du groupe AFD

Après un premier C2D de 75 M EUR portant sur la période 2013-2016, un second C2D, pour un montant global de 91 M EUR sur 5 ans (2016-2021), a été signé en 2016. Ce 2nd C2D conforte l’ancrage des affectations dans les secteurs du développement rural (25 M EUR), de la formation professionnelle (20 M EUR), du développement local (10 M EUR) et de l’éducation (12,5 M EUR). En outre, une enveloppe non affectée de 20 M EUR a été réservée. Sur cette dernière, une aide budgétaire de 15 M EUR a été accordée à la Guinée en septembre 2016.

Le cadre d’intervention pays 2015-2020 s’articule autour des secteurs de concentration suivants : (i) éducation-formation professionnelle, (ii) développement des territoires ruraux (agriculture, pisciculture, développement local et décentralisation) et (iii) infrastructures, avec une priorité aux sous-secteurs énergie et eau. La santé est un secteur d’intervention hors concentration, seule la mise en œuvre des programmes en cours est assurée. Enfin, l’agence appuie le développement du secteur privé au travers de la palette d’instruments spécifiques dédiés au secteur privé de l’AFD et déploie par ailleurs des financements en faveur des ONG.

La poursuite des prêts souverains est possible suite à l’approbation d’un nouvel accord entre la Guinée et le FMI et le maintien de la Guinée à un niveau modéré de risque de surendettement. Les prêts très concessionnels et prêts sous conditions FMI sont privilégiés dans le secteur des infrastructures quand les subventions (sur et hors C2D) sont prioritairement allouées aux secteurs sociaux.

Le dispositif d’assistance technique d’Expertise France

Expertise France intervient dans les secteurs de la santé, de la gouvernance économique et financière, des migrations, de la protection civile et de la lutte contre le dérèglement climatique.

L’agence s’engage ainsi aux côtés de la direction nationale des Impôts, de la Cour des comptes, etc. sur financement de la France et de l’Union européenne.

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