Indicateurs et conjoncture

La croissance économique de la Gambie a été plus forte que prévue en 2017, grâce aux bonnes performances du secteur touristique et du commerce. Néanmoins, la dette publique atteint des niveaux élevés en raison d’une augmentation des dépenses en infrastructures, qui augmente le poids du service de la dette dans le budget de l’Etat.

1. Le niveau de la croissance du PIB en 2017 témoigne de la reprise économique, mais se traduit par une détérioration du compte de la balance commerciale.

Suite à des performances économiques modérées en 2016 (2,2%), la croissance a été plus forte que prévue en 2017 pour s’établir à +3,5%, en conséquence de la stabilisation de la situation politique, d’un accroissement de la productivité agricole et d’une augmentation des dépenses touristiques.

Dans ce contexte, le FMI revoit sa prévision de croissance à la hausse à 5,4% pour 2018 (contre 3,5% prévus initialement). Dans un scénario alternatif de plus forte dynamique des investissements publics (liée à la réussite du "National Development Plan"), la croissance du PIB pourrait atteindre jusqu’à 5,8% en 2018.

L’inflation devrait être contenue à 5,8% en 2018, se rapprochant de la cible de 5% de la Banque Centrale, sous l’effet notamment de la baisse du prix des matières premières agricoles. L’évolution maîtrisée des prix facilite la poursuite d’une politique monétaire expansive et devrait consolider la timide reprise du crédit bancaire au secteur privé, dans un contexte où le dalasi (GMD) reste stable, autour de 48 GMD pour 1 USD.

La reprise se traduit par une détérioration notable des comptes extérieurs, la dynamique des importations creusant le déficit courant à 14,3% du PIB en 2017, une tendance qui devrait se poursuivre en 2018. Les recettes touristiques et transferts d’expatriés, pourtant dynamiques, ne compensent pas la balance des biens et services. Les réserves en devises ont cependant retrouvé un niveau convenable (2,9 mois d’importations) grâce à l’aide internationale.

2. Malgré les efforts importants de maîrise des comptes publics depuis la transition politique, la situation des finances publiques demeure fragile.

Le déficit budgétaire a été ramené de 11,5% du PIB en 2016 à 3,9% en 2017 et devrait encore baisser à 0,8% en 2018. Ces performances ont été permises grâce à l’afflux de dons en 2017, mais aussi un début de maîtrise des dépenses courantes. L’exécution budgétaire de 2017 montre, en revanche, une sous-performance de près de 15% des recettes domestiques.

En revanche, la dette publique continue d’augmenter pour atteindre 123,2% du PIB fin 2017, soit 5 pts de plus que fin 2016, sous l’effet, d’une part, d’un réajustement comptable de la dette de 2016 et 2017, pour y réintégrer des engagements non comptabilisés (prêts contractés en attente de décaissement) ; d’autre part, d’une accélération en 2017 des projets d’investissements. Cette dette, répartie équitablement entre l’extérieur et l’intérieur, s’ajoute à celle des entreprises publiques, estimée à 11% du PIB.

En conséquence, les intérêts de la dette ont absorbé près d’un quart des revenus de l’Etat en 2017. Le FMI prévoit un allègement du poids de la dette à partir de 2018, notamment grâce à l’accord de rééchelonnement conclu avec l’Arabie Saoudite, le 31 janvier 2018, ainsi que des participations financières au budget de l’Etat émanant des principaux bailleurs. La Gambie reste classée en « risque élevé » de surendettement externe par le FMI.

 

Synthèse (source FMI/Banque Centrale) 2015 2016 2017 (est.) 2018 (prev.)
Croissance du PIB (%) 4,3 3,2 3,5 5,4 (5,8*)
Inflation moyenne (%) 6,8 7,2 8 5,8
Dette publique totale (% PIB) 105,8 118,5 123,2 111,5
Solde courant (% PIB)  -15 -8,9 -14,3 -18,4
Réserves de change brutes (mois d’importation) 2,3 1,4 2,9 3,5

 

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