Indicateurs et conjoncture

La Gambie est le plus petit pays d’Afrique continentale, avec une population estimée à 2,2 M d’habitants fin 2018. Classé parmi les pays les moins avancés, la Gambie pâtit d’indicateurs socio-économiques médiocres : 212ème sur 228 en matière d’IDH en 2018, le pays affichait un PIB par habitant de 712 USD. Le secteur primaire représente près de 20% du PIB, mais emploie 70% de la population active. Le secteur secondaire ne représente que 14% du PIB. Le secteur des services prend de l’ampleur avec 65% du PIB, porté notamment par les télécoms et le numérique. Le tourisme représente 20% des services et constitue le premier poste d’emplois formels.

Evolution de la croissance économique

Après un coup de frein en 2016 (0,4%), notamment lié aux mauvaises récoltes, aux troubles politiques et leur impact négatif sur la saison touristique, la croissance a rebondi à 4,6% en 2017. La tendance se confirme avec une croissance estimée à 6,6% en 2018, tirée en particulier par le secteur de la construction et une saison touristique plus longue. La croissance connaîtrait un ralentissement en 2019, à 6%, avant de se stabiliser un peu en-dessous de 5% à moyen terme.

L’inflation, qui avait diminué à 6,1% en janvier 2019, est remontée à 7,5% en mai. L’entrée de devises étrangères demeure soutenue, en particulier grâce aux remises de migrants. Les réserves de change représentent désormais trois mois d’importations. Le dalasi reste remarquablement stable.

La croissance du crédit a également repris fortement en 2018 (+30%) et la confiance des investisseurs s’améliore. Le secteur financier du pays parait sain et bien capitalisé. La qualité des actifs s’est améliorée, le taux de créances douteuses est passé de 28% il y a cinq ans à 9% en 2017 puis 3% en 2018. Le secteur comprend 12 banques.

Gestion des finances publiques

En 2018, le déficit budgétaire du pays a augmenté à 6,3% du PIB, contre 5,4% en 2017, et les emprunts intérieurs nets 3,4%. Ceci s’explique par un dérapage des dépenses dans divers domaines (hausse des salaires des fonctionnaires de 50%, politique de véhicules et frais de voyages des fonctionnaires), des pressions fiscales exercées par les entreprises publiques et le décaissement tardif de l’aide de l’UE en janvier 2019. Les recettes domestiques ne représentaient que 12,1% du PIB en 2018, alors que le FMI estime qu’un Etat n’est pas viable en-dessous de 13%. Le budget 2019 est ancré sur l’exigence du FMI d’emprunts intérieurs nets nuls, mais cette cible pourrait ne pas être atteinte. Le gouvernement demeure fortement dépendant aux subventions extérieures pour atteindre ses engagements. Ces dernières représentent 8% du PIB.

Les entreprises publiques continuent de peser sur les finances publiques. Un fonds de réserve est prévu pour alimenter ces entreprises, en particulier la NAWEC (eau et électricité), qui a reçu 5 M USD en 2018 et devrait recevoir 10 M USD en 2019. Pour remédier à cette problématique, le gouvernement a commandé un audit des principales entreprises publiques, soutenu par la Banque mondiale, et une loi appliquant les recommandations du rapport devrait être soumise au Parlement avant la fin de l’année, comprenant notamment l’établissement de contrats de performance. Le total des subventions et transferts en 2018 a atteint 2,7% du PIB et devrait s’établir à 3,3% du PIB en 2019. Un des principaux poids dans les dépenses de l’Etat vient des 35 agences de l’Etat subventionnées.

Processus de restructuration de la dette publique

La dette publique, extérieure et totale, est insoutenable selon la dernière analyse de soutenabilité de la dette du FMI. Le niveau de la dette publique totale s’est élevé à 89% du PIB rebasé en 2018, et devrait diminuer à 81,8% du PIB en 2019. Le service de la dette capte plus de 45% des recettes domestiques en 2018.

Le pays est engagé dans un processus de restructuration de sa dette publique avec ses créanciers bilatéraux et multilatéraux. Les autorités comme le FMI sont optimistes et attendent la signature d’accords formels avec la plupart des créanciers d’ici la fin de l’année. Ce processus est crucial pour le pays, une sortie de la catégorie des pays surendettés est nécessaire à la conclusion d’un nouvel accord avec financement avec le FMI.

Environnement des affaires

Le cadre légal est globalement favorable aux investisseurs étrangers, mais pourrait être simplifié. Il n’existe pas de guichet unique pour l’enregistrement des entreprises. Le pays possède un Code d’investissement et l’Agence de promotion des investissements et des exportations (GIEPA) peut fournir des certificats d’investissement spécial et accorder des exemptions fiscales. Malgré la mise en œuvre de mesures par la Banque centrale, l’accès aux financements pour le secteur privé demeure toujours contraint par des taux d’intérêt élevés (passés de 26% à 15%). La bancarisation augmente et la digitalisation également. La Banque centrale a créé avec l’association des banques un Bureau de crédit qui permet de regrouper l’information sur les crédits et peut permettre d’obtenir des collatéraux plus facilement.

L’industrie du tourisme, premier secteur du pays, souffre encore d’une saison trop courte (d’octobre à mars). En général, des réformes sont nécessaires pour améliorer les infrastructures (transport et énergie), la santé et l’éducation. Le gouvernement souhaite en particulier mettre l’accent sur la formation professionnelle, dans un contexte où l’économie recourt aujourd’hui largement à de la main d’œuvre étrangère (notamment sénégalaise). Malgré les progrès depuis la transition, l’accès à l’électricité demeure un problème.

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