Indicateurs et conjoncture

La Géorgie fait partie des pays à revenus moyens de tranche inférieure, avec un PIB par habitant de 4068 USD (2018).  Au cours de la dernière décennie, l’économie géorgienne a connu une croissance annuelle moyenne de 4,5%, malgré des chocs externes significatifs, parmi lesquels la crise financière de 2007-2008, le conflit armé avec la Russie en 2008 ou encore la chute des prix des matières premières en 2014, laquelle a eu un impact négatif sur les importations de ses partenaires commerciaux.

Le pays, largement rural, repose fortement sur le secteur agricole, lequel emploie 50% de la main d’œuvre alors qu’il ne contribue qu’à hauteur de 9% du PIB. La capitale Tbilissi concentre à elle seule la moitié du PIB, les effets de l’urbanisation ne se faisant pas ressentir ailleurs.

Avec 3,7 M d’habitants, les autorités géorgiennes tentent de contrer l’étroitesse du marché, laquelle constitue une limite pour les entreprises qui ne peuvent bénéficier d’économies d’échelle. Le fonctionnement du marché local est encore oligopolistique, dominé par les entreprises de grande taille, quand les PME n’ont d’autres choix que de se tourner vers l’international, bien que leur avantage compétitif soit plus faible.

La Géorgie a mis en œuvre de nombreuses réformes économiques et de gouvernance, lesquelles sont récompensées par la confiance des investisseurs. La Géorgie est souvent citée comme un pays réformateur, bénéficiant d’un excellent climat des affaires et d’une bonne coordination des politiques monétaires et budgétaires.

Par ailleurs, les accords de libre-échange avec l’Union européenne et la Chine devraient accroître l’intégration économique et réglementaire du pays, lequel enregistre déjà de solides performances économiques sur les dernières années.

Des perspectives de croissance robuste en 2019, malgré une décélération substantielle

La croissance de l’économie géorgienne s’est accélérée au troisième trimestre 2019, avec un taux de 5,7% en glissement annuel, contre 4,5% au deuxième trimestre et 4,7% au cours des trois premiers mois de l’année. Cela étant, la croissance de l’activité économique du pays a ralenti depuis le début du troisième trimestre, retombant de 6,1% en juillet g.a. à 5,8% en août et 5,2% en septembre 2019. Ce ralentissement s’explique par l’impact des sanctions imposées par la Russie à la suite des manifestations antirusses de l’été dernier, entraînant une baisse du flux touristique russe dans le pays.

La croissance du PIB devrait atteindre 4,6% en 2019.

Dépréciation du lari et performances commerciales en nette amélioration

A la faveur de la dépréciation de la monnaie locale depuis le second semestre 2018 et jusqu’à l’été 2019, les exportations géorgiennes ont progressé. Au mois de juillet, les exportations augmentaient de 17,4% en glissement annuel alors que les importations reculaient de 4,3% en g.a. Parallèlement, le solde extérieur s’est amélioré pendant quatre trimestres consécutifs. Au troisième trimestre 2019, le déficit commercial s’élevait à 1,33 Mds USD, en diminution de 7,4% par rapport à la même période l’année précédente.

Les effets sur les échanges des interventions de la Banque centrale géorgienne pour défendre le lari et du durcissement de la politique monétaire enregistré depuis septembre devraient être observés durant les prochains mois. Pour lutter contre l’inflation, passée de 4,9% en juillet à 6,9% en octobre (contre une cible de 3%), la Banque centrale a augmenté son principal taux directeur de 250 points de base en l’espace de quatre mois.

Des réformes structurelles en cours

Les autorités géorgiennes se sont engagées, avec les encouragements des bailleurs de fonds internationaux, dans la voie de réformes structurelles ambitieuses avec volontarisme et détermination de façon à créer les conditions d’une croissance durable et inclusive.

En premier lieu, la Géorgie mise sur le développement de ses infrastructures de façon à diversifier l’économie locale et attirer les IDE. La construction d’une autoroute Est-Ouest et du segment Nord-Sud sont en cours, alors que l’amélioration des infrastructures portuaires – construction du nouveau port de Poti incluse – devrait renforcer les capacités commerciales du pays. Ces projets d’infrastructures s’inscrivent dans la volonté du gouvernement d’accélérer l’intégration et la connectivité du pays.

En second lieu, une réflexion et des mesures pour la refonte du système d’éducation du pays ont été engagées dans le but de moderniser le marché du travail local. L’un des problèmes récurrents observés par les employeurs est le manque de main d’œuvre qualifiée correspondant aux emplois offerts. La réforme de l’enseignement géorgien a pour objectif de remédier à ce problème.

Parallèlement, la Géorgie a acquis une bonne réputation pour sa lutte contre la corruption grâce à la campagne menée au début des années 2000, laquelle a non seulement amélioré les procédures judiciaires mais aussi les services de collecte de l’impôt, la gestion et la transparence des administrations publiques. De nouveaux efforts nécessaires sont en cours concernant les sujets relatifs au droit et aux institutions publiques, notamment pour ce qui concerne le régime d’insolvabilité, en concertation avec le FMI.

Enfin, les autorités du pays travaillent sur la question du fond de pension national, lequel doit être pleinement opérationnel et occuper une place importante pour promouvoir l’épargne locale et soutenir les capacités de financement de long-terme du pays, levier indispensable pour le développement de l’économie.

Risques et facteurs de vulnérabilités

Au cours de l’année, les IFIs ont légèrement abaissé leurs prévisions de croissance pour la Géorgie en raison de plusieurs facteurs d’instabilité. D’abord, les tensions diplomatiques entre la Russie et la Géorgie après les manifestations hostiles au Kremlin ont entrainé la mise en œuvre de sanctions limitées, ciblant le secteur touristique. La Russie a interdit les vols à destination du territoire géorgien, exerçant une pression sur le secteur touristique du pays et sur les industries. En août, les revenus liés au tourisme ont diminué de 10% par rapport à l’année précédente.

Le resserrement de la politique monétaire mise en œuvre par la Banque centrale géorgienne à partir du mois de septembre pour lutter contre la progression de l’indice général des prix a également eu un impact négatif sur l’évaluation de la croissance du PIB. Le taux directeur est passé de 6,5% début septembre à 9% en décembre, ce qui pourrait entraîner une décélération de la croissance de l’activité.

Enfin, l’environnement régional volatile a aussi conduit la Banque mondiale et la Banque de développement asiatique à diminuer leurs anticipations de croissance de 0,2pp (4,4%) et de 0,3pp (4,7%) pour 2019 respectivement. Cela étant, les sanctions russes sont temporaires et pourraient être levées rapidement en cas d’apaisement diplomatique, alors que la croissance de l’activité économique géorgienne reste solide.

 

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