GÉORGIE
Indicateurs et conjoncture
La Géorgie dispose de fondamentaux macroéconomiques solides. Après une croissance moyenne exceptionnelle de 9,5 % entre 2022 et 2024, l’activité économique a conservé un rythme élevé en 2025 (7,5 %) et continue de faire preuve d'un fort dynamisme en 2026 (+7,8 % sur les cinq premiers mois). Le pays reste néanmoins confronté à plusieurs défis, notamment une inflation repartie à la hausse, un déficit commercial structurel et une vulnérabilité aux tensions régionales et internes. Le FMI préconise ainsi la mise en place de réformes structurelles afin de soutenir la compétitivité et l’emploi, tout en anticipant une croissance de 6,5 % en 2026.
1. Une croissance économique soutenue depuis 2022
La Géorgie est la deuxième économie du Sud Caucase (PIB de 38,1 Mds USD, 3,9 M d’habitants), après l’Azerbaïdjan avec lequel les frontières terrestres sont fermées (75,9 Mds USD, 10,5 M d’habitants) et devant l’Arménie (PIB de 29,2 Mds USD, 3,0 M d’habitants). Elle dispose d’un accès à la Mer Noire, constituant ainsi un carrefour stratégique entre l’Europe, le Caucase et l’Asie centrale. L’économie géorgienne est structurée autour du secteur tertiaire (61,8% du PIB en 2025 : commerce et réparation de véhicules, transport et entreposage, information et communication), du secteur secondaire (33,0% du PIB : industrie manufacturière, construction, énergie et mines) et du secteur agricole (5,2% du PIB).
La Géorgie a enregistré une croissance soutenue, atteignant 9,5 % en moyenne entre 2022 et 2024 avant de se stabiliser à 7,5 % en 2025. Cette dynamique a été favorisée par l’afflux de migrants et de capitaux en provenance de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie depuis 2022, stimulant la consommation, la création d’entreprises et les flux financiers. La croissance demeure robuste début 2026 (+7,8 % au cours des cinq premiers mois), portée notamment par les secteurs minier, manufacturier et financier, ainsi que par la hausse des exportations minières et pétrolières liée à l’augmentation des prix des matières premières et à l’ouverture de la raffinerie de Kulevi fin 2025.
Dans ce contexte, les finances publiques géorgiennes demeurent solides en 2025. La dette publique a diminué de 1,4 point de pourcentage pour atteindre 34,3 % du PIB, tandis que le déficit budgétaire s’est établi à 1,5 % du PIB. Ce niveau relativement contenu reflète toutefois en partie le report de certains investissements publics dans les infrastructures. Le déficit devrait ainsi se creuser à 2,3 % du PIB en 2026 selon les prévisions du FMI, tout en demeurant compatible avec une poursuite de la baisse du ratio de dette publique. Le taux de chômage reste cependant élevé à 13,9 % en 2025. Des investissements dans l’éducation et le secteur productif seraient nécessaires pour contribuer à sa diminution.
2. Une inflation en hausse, des conditions monétaires relativement restrictives mais des finances publiques solides
L’inflation a accéléré début 2026, atteignant 5,8 % glissement annuel en juin contre 3,9 % en moyenne en 2025. Elle se situe désormais au-dessus de la cible de 3,0 % établie par la Banque centrale de Géorgie (NBG). Cette dernière a donc légèrement réhaussé son taux de refinancement de 0,25 pp à 8,25 % en mai 2026 afin de réaffirmer son engagement à contenir les pressions inflationnistes. L’assouplissement monétaire initialement anticipé est ainsi reporté, la Banque nationale maintien des conditions de financement restrictives.
Le secteur bancaire géorgien, bien que robuste et bien capitalisé, reste confronté à des enjeux de concentration et de dollarisation. Les banques commerciales affichent des niveaux élevés de capitalisation et de liquidité (CAR de 22,2 % et LCR de 138,4 % en mai 2026). Toutefois, deux établissements concentrent près de 80 % des parts de marché, formant un quasi-duopole qui contribue à la forte rentabilité du secteur (RoE de 23,0 %). Les dépôts en devises représentent encore 45,1 % des dépôts totaux, malgré un recul de 4,6 points de pourcentage en un an grâce aux mesures de la NBG visant à renforcer la « larisation » de l’économie et ainsi limiter le risque de change.
La NBG a par ailleurs reconstitué ses réserves internationales brutes, qui atteignent 7,1 Mds USD au 30 juin 2026, soit un niveau supérieur à 100 % du seuil d’adéquation (ARA) du FMI. Elles étaient tombées à 4,2 Mds USD fin février 2025 à la suite des interventions de la banque centrale sur le marché des changes destinées à soutenir la monnaie locale (Lari géorgien). Leur montant dépasse désormais les prévisions du FMI pour 2026, établies à 6,3 Mds USD.
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