Présentation de l'économie britannique

Le Royaume-Uni était en 2017, avec un PIB de 2 798 MdUS$, la sixième économie mondiale et la deuxième économie européenne, derrière l’Allemagne et au même niveau que la France. D’après l’OCDE, le PIB par habitant du Royaume-Uni s’élève à 42 622 £ (contre 41 364 £ pour la France). Alors que la plupart des économies avancées ont affiché un fort dynamisme en 2017, la croissance du Royaume-Uni a légèrement ralenti à 1,7 % – taux le plus faible du G7.

L’économie britannique est essentiellement portée par les services. Le secteur des services représentait près de 79 % de la valeur ajoutée (VA) de l’économie britannique en 2016 et emploie 83 % de sa population. Le Royaume-Uni peut en particulier compter sur l’importance de ses services financiers (6,6 % de la VA en 2016 et 3 % de la main d’œuvre), la place financière de Londres étant l’une des plus importantes au monde. Le secteur industriel reste important. Il compte pour 20 % de la valeur ajoutée, concentre 15 % de la main d’œuvre et s’appuie sur les industries aérospatiale, chimique, pharmaceutique et automobile. Le secteur de l’énergie est particulièrement marqué par l’exploitation du pétrole et du gaz naturel en Mer du Nord. Le Royaume-Uni a par ailleurs une politique nucléaire significative, qui s’illustre par la conclusion du projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, et développe depuis plusieurs années une politique d’incitation à l’utilisation d’énergies renouvelables (éoliennes, en particulier).

L’économie britannique se caractérise aussi par une intervention relativement limitée de l’État. Le niveau des dépenses publiques représentait 41,5 % du PIB en 2016, au-dessus des Etats-Unis (37,8 %) mais loin derrière la France (56,4 %). Le Royaume-Uni est classé 7ème sur 190 au classement Doing Business 2018 de la Banque mondiale en performant surtout dans les domaines de l’accès à l’électricité, de la protection des investisseurs, de la création d’entreprises, du règlement de l’insolvabilité et de l’accès aux permis de construire. Le système juridique et fiscal est favorable aux entreprises avec notamment un taux d’impôt sur le profit des sociétés à 19 % en 2018 et un droit du travail flexible. Deux exceptions notables à ce libéralisme économique sont le maintien du système de santé public universel (NHS) créé en 1948 et l’intervention massive de l’État dans le secteur bancaire pendant la crise financière de 2008, avec une prise de participation majoritaire dans RBS et minoritaire dans Lloyds.

L’économie britannique présente toutefois plusieurs déséquilibres. Le Royaume-Uni est particulièrement dépendant économiquement de sa capitale, la région du grand Londres concentrant 23 % de la création de la richesse nationale en 2016, et la production par habitant y étant 1,7 fois plus élevée que la moyenne nationale (rapport de 1,6 entre l’Île-de-France et la moyenne française). Surtout, le pays fait face à un déficit de productivité, avec une productivité horaire 14 % plus faible que la moyenne des autres pays du G7 en 2016. Cette situation résulte notamment d’un investissement faible, de dépenses en R&D inférieures à la moyenne européenne (1,7 % du PIB en 2015 contre 2,0 % pour UE 28) et d’un déficit de qualification des travailleurs jeunes. Le pays fait également face à un déficit d’offre de logement, qui explique la forte hausse des prix immobiliers (+5,2 % en 2017) et les difficultés qu’ont les jeunes générations pour devenir propriétaires.

L’économie britannique a mieux résisté au choc du résultat du référendum que ce qu’avaient envisagé les évaluations réalisées en amont du vote. La croissance s’était établie à 1,8 % en 2016. Les marchés, comme la confiance des entreprises, se sont redressés rapidement et le taux de chômage reste à un niveau très bas (4,2 % au T1 2018). Jusqu’à maintenant, la dépréciation de la livre, d’environ 19 % contre l’euro entre fin 2015 et début 2018, apparaît au total comme l’effet dominant du référendum. En outre, l’assouplissement de la trajectoire de consolidation budgétaire et la politique monétaire accommodante ont pu favoriser cette résilience de l’activité.

Les perspectives économiques sont mitigées à court et moyen terme. Les économistes prévoient un ralentissement de la croissance du PIB à 1,4 % pour 2018 après le manque de dynamisme du premier trimestre qui fut impacté par d’importantes chutes de neiges. Les prévisions pour 2019 diffèrent énormément d’une institution à l’autre, reflétant le poids des incertitudes qui pèsent sur le résultat des négociations du Brexit. Alors que l’Office for Budget Responsibility (agence de prévision indépendante du gouvernement) prévoit une croissance à 1,3 % pour 2019, la Banque d’Angleterre estime ce taux à 1,7 %.  

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