Présentation de l'économie britannique

Le Royaume-Uni était en 2019, avec un PIB de 2 523 milliards d’euros (Md€), la huitième économie mondiale et la deuxième économie européenne, derrière l’Allemagne (3 449 Md€) et devant la France (2 426 Md€, provisoire), selon l'institut statistique européen Eurostat. Le PIB par habitant du Royaume-Uni s’élève à 37 750 €, légèrement supérieur par rapport à la France (35 960 €). La croissance réelle du PIB britannique s’est établie à 1,4 % en 2019, soit un net ralentissement par rapport à la moyenne des cinq dernières années (2,0 %), principalement du fait du poids des incertitudes du Brexit sur l’investissement des entreprises et le ralentissement à l’international.

L’économie britannique est essentiellement portée par les services. En 2018, ce secteur représentait près de 80 % de la valeur ajoutée (VA) de l’économie britannique et employait 80 % de sa population. La place financière de Londres étant l’une des plus importantes au monde, le poids des services financiers et des assurances dans l’économie britannique est particulièrement important (7,0 % de la VA en 2018 et 4,2 % de la main d’œuvre). Le secteur industriel reste toutefois important : il compte pour 14 % de la valeur ajoutée, concentre 12 % de la main d’œuvre et s’appuie sur les industries aérospatiale, chimique, pharmaceutique et automobile. Le secteur de l’énergie est marqué par l’exploitation du pétrole et du gaz naturel en Mer du Nord. Le Royaume-Uni s’appuie par ailleurs sur l’énergie nucléaire, dont il entend poursuivre le développement par la conclusion du projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point. Enfin, il développe depuis plusieurs années une politique ambitieuse en faveur des énergies renouvelables, en particulier dans le domaine de l’éolien maritime, pour lequel il ambitionne d’atteindre une production de 40 GW en 2030, soit un quadruplement en 10 ans.

L’économie britannique se caractérise également par une intervention relativement limitée de l’État par rapport aux autres pays européens. Le niveau des dépenses publiques représentait 40,9 % du PIB en 2018, au-dessus des États-Unis (37,8 %) mais loin derrière la France (55,9 %). Le Royaume-Uni est classé 8ème sur 190 au classement Doing Business 2020 de la Banque mondiale, grâce notamment à ses performances dans les domaines de la protection des investisseurs, de la création d’entreprises, du régime des faillites et de l’accès aux permis de construire. Le système juridique et fiscal est perçu comme étant favorable aux entreprises, avec notamment un taux d’impôt sur les sociétés (IS) à 19 % et un droit du travail flexible.

L’économie britannique présente plusieurs déséquilibres. Le Royaume-Uni est particulièrement dépendant économiquement de sa capitale, la région du grand Londres concentrant 27,5 % de la création de la richesse nationale en 2018, et la production par habitant y étant 1,7 fois plus élevée que la moyenne nationale (rapport de 1,6 entre l’Île-de-France et la moyenne française). Surtout, le pays fait face à un déficit de productivité, avec une productivité par travailleur inférieure de 12 % à la moyenne de celle des pays du G7 en 2018, d’après l’OCDE. Cette situation résulte notamment d’un investissement faible et de dépenses en R&D inférieures à la moyenne européenne (1,7 % du PIB en 2018 contre 2,0 % pour UE et 2,8 % pour les Etats-Unis). En freinant les investissements, les incertitudes du Brexit auraient aussi contribué à accentuer le déficit de productivité du pays. Une étude de la Banque d'Angleterre indiquait en août 2019 que le vote en faveur du Brexit aurait conduit à une baisse d’environ 11 % de l’investissement des entreprises britanniques et de 2 à 5 % de leur productivité en trois ans.

La crise du Covid a fortement affecté le Royaume-Uni, dont le PIB s’est contracté de 2,5 % au T1 2020 et de 19,8 % au T2, une chute d’activité plus prononcée que chez ses voisins (pour plus d’informations, consultez la page « Conjoncture »). Le gouvernement a réagi promptement en annonçant lors du Budget de mars 2020 des mesures de soutien inédites, dont la création d’un dispositif de chômage partiel (furlough). En juillet 2020, l’Office for Budget Responsability estimait que le déficit public pourrait atteindre 19 % du PIB, tandis que la dette dépasserait 106 % du PIB, soit un niveau jamais atteint au cours de 60 dernières années. Le PIB a rebondi de +15,5% au troisième trimestre 2020, mais les perspectives économiques restent floues, le pays cumulant des incertitudes liées à la pandémie à celles liées à la mise en œuvre du Brexit.

A moyen terme, le gouvernement actuel s’est fixé deux objectifs ambitieux : (1) réduire les inégalités régionales à travers le « levelling-up » : B. Johnson s’était engagé pendant sa campagne électorale à "niveler les régions par le haut", notamment en investissant massivement dans le Nord du pays. La crise déclenchée par le Covid, en dégradant considérablement les finances publiques, pourrait cependant contrarier ou de retarder la réalisation de cette ambition ; (2) assoir sa position internationale à travers la politique « Global Britain », qui se traduit, entre autres, par un agenda commercial bilatéral et multilatéral ambitieux. Le gouvernement britannique cherche ainsi à conclure des accords de libre-échange, notamment avec les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, ainsi que d’accéder à l’Accord de Partenariat transpacifique et d’entrer en négociation avec les pays du Golfe, le Mercosur et des pays d’Afrique. Il a déjà signé des accords commerciaux de continuité avec le Japon en octobre 2020 et le Canada en novembre 2020.

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