Indicateurs et conjoncture

Alors que la plupart des économies avancées ont affiché un fort dynamisme en 2017, la croissance du Royaume-Uni a légèrement ralenti à 1,7 %, taux le plus faible du G7.

 L’économie britannique a mieux résisté au choc du résultat du référendum que ce qu’avaient envisagé les évaluations réalisées en amont du vote. Les marchés, comme la confiance des entreprises, se sont redressés rapidement et le taux de chômage reste à un niveau très bas (4,2 % en mai 2018). Jusqu’à maintenant, la dépréciation de la livre, d’environ 15 % vis-à-vis de l’euro entre fin 2015 et début 2018, apparaît au total comme l’effet dominant du référendum. En outre, l’assouplissement de la trajectoire de consolidation budgétaire et la politique monétaire accommodante ont pu favoriser cette résilience de l’activité.

Suite à la dépréciation de la livre, l’inflation a progressé et a dépassé sensiblement la cible de 2 % de la Banque d’Angleterre, mais cet effet devrait se réduire en 2018. Depuis le début d’année 2018, l’effet de l’inflation importée est en train de se réduire (2,5 % en mars contre 3 % en janvier) et la croissance des salaires réels (de -0,4 % sur l’année 2017) progresse légèrement et est désormais positive début 2018). La consommation des ménages a ralenti mais est restée positive (+1,7 % en 2017) grâce à une forte baisse du taux d’épargne des ménages et à un recours accru aux crédits à la consommation. Cette baisse de l’épargne peut s’expliquer en partie par la faiblesse du chômage et la croissance de la richesse des ménages britanniques (deux déterminants importants du taux d’épargne au Royaume-Uni).

Sur l’année financière 2017-18, le RU a enregistré son déficit public le plus faible depuis 2006-07, porté par des recettes fiscales plus importantes que prévues. D’après les estimations provisoires publiées mardi par l’Office for National Statistics (ONS), le déficit public (hors banques publiques) fut de 42,6 Md£ pour 2017-18, soit 3,5 Md£ de moins que lors de la précédente année fiscale. Dans les prévisions que l’Office for Budget Responsability a publié en mars dernier, le déficit était estimé à 45,2 Md£ (soit 2,6 Md£ de plus que les estimations provisoires). L’institution s’attend à ce que les chiffres de l’ONS soient revus à la hausse avant leur publication définitive en septembre. Aussi, ces chiffres reflètent davantage la baisse des dépenses publiques que le dynamisme de l’économie, la croissance des revenus fiscaux ayant ralenti durant cette période. La dette publique nette fut de 1 798 Md£ à la fin de mars 2018 (86,3 % de PIB). Si cette tendance se maintient, les objectifs de réduction du déficit sous les 2 % du RNB et de réduction de la dette publique à l’horizon 2020 devraient être atteints.

 

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